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Meedy Belmir quitte l’US Vimy : « J’ai fait le choix de la sécurité »

01/05/2020 à 19:00

Sa décision est prise : en cette fin de saison 2019-2020, Meedy Belmir a choisi de quitter l'US Vimy et de s'engager avec l'AFA Arras. Pour Actufoot, le milieu défensif explique les motivations de son départ et revient sur son parcours.

Quel bilan tirez-vous de cette saison (tronquée) 2019-2020 ?

Quand je suis arrivé à l’US Vimy, j’ai informé les dirigeants que je cherchais une stabilité professionnelle. C’est ce que je leur ai demandé en arrivant, mais ils n’ont pas su me l’offrir. En plus de ça, au cours de la saison, la relation avec le coach n’était pas géniale. Nous avions de bons résultats certes, mais c’était surtout grâce aux joueurs. Notre force résidait dans le fait qu’on était soudés entre nous. En étant réaliste, l’entraîneur ne nous a pas appris grand-chose sportivement. Je ne sais pas si c’est parce qu’il n’arrivait pas à se faire comprendre ou parce qu’il ne voulait pas entendre, mais il n’y a jamais vraiment eu de cohésion entre les joueurs et l’entraîneur. Il se reposait sur les acquis d’un groupe que son prédécesseur, Makloufi Rebattachi, a bâti par le passé. Cela fait maintenant trois ans que je suis à Vimy, j’ai fait mes preuves, mais depuis un certain temps j’ai l’impression de stagner.

Pour cette raison, vous avez décidé d’annoncer à Actufoot votre départ de l’US Vimy…

Effectivement. J’étais en train de réaliser une grosse saison, mais quand j’ai su que c’était lui qui était reconduit, j’ai pris ma décision. Plusieurs joueurs sont partis à la trêve, d’autres vont suivre, et moi j’ai également fait ce choix de quitter Vimy. C’est malheureux à dire mais je ne prends pas de plaisir à jouer avec ce coach. On en a déjà discuté, et ça me fait mal dans le sens où Vimy est mon club de coeur. Le problème est que je sens que le groupe se dissout et c’est mauvais. Je suis quelqu’un d’honnête, je n’hésite pas à dire les choses, et là je lui ai dit que je n’adhérais pas à son projet.

Que reprochez-vous à Franck Lefèvre ?

Il a voulu transposer un style de jeu qu’il appliquait dans ses clubs passés. Mais nous, joueurs, on n’arrivait pas à accepter cela. On évoluait sous un 5-3-2, qui se transformait en 3-5-2 en phase offensive. Le schéma en lui-même n’était pas le problème, mais on jouait avec deux centraux et un libéro. Donc on se privait d’un atout offensif. Je lui expliquais aussi on qu’on ne pouvait pas jouer le hors-jeu. On se sentait faible par rapport aux autres équipes de N3. Je crains que ce club coule. Et cela uniquement en raison d’une personne et d’une philosophie de jeu.

« Arras reste un club phare de la région. Si je peux contribuer à le faire remonter en N3, ce ne sera que du bonus »

Avez-vous déjà choisi le club que vous allez rejoindre ?

J’avais des contacts avec des clubs comme Croix, Marcq-en-Baroeul, Le Touquet… Mais c’est à Arras que j’ai donné mon accord. Le président me propose un contrat en mi-temps dans son entreprise d’espaces verts en tant que paysagiste. Cela permet d’avoir un petit complément, et c’est justement ce qui constitue une stabilité professionnelle. J’ai une famille à nourrir, je me dois de gérer en tant que père de famille, et quand je regarde sur le long terme je me dis que c’est un bon projet. D’autres clubs m’ont proposé un contrat fixe, mais cela ne garantissait pas de stabilité. En me tournant vers Arras, j’ai fait le choix de la sécurité.

Sportivement, le club descend en R1 la saison prochaine. Ne considérez-vous pas ça comme un pas en arrière que de retourner à l’échelon inférieur ?

Je vois plutôt ça comme un challenge. Arras reste un club phare de la région. Et le projet professionnel et sportif que le président m’a proposé m’a plu. Si, en plus, je peux contribuer à faire remonter le club en N3, ce ne sera que du bonus.

Pensez-vous toujours pouvoir prétendre à intégrer un club de plus haut niveau ?

J’y pense toujours. Il faut, de toute façon, toujours y croire. Si on ne se fixe pas de challenges, on n’y arrivera pas. J’ai joué en CFA à 18 ans, je me suis fait les ligaments croisés, cela m’a un peu coupé dans mon élan, mais j’ai su rebondir. Et aujourd’hui je ne ferme les portes à d’éventuels appels. D’ailleurs, si un club pro me contacte, évidemment que mon choix sera vite fait. Cela reste un rêve de footballeur. Beaucoup de personnes dans mon entourage me disent que je pourrais viser plus haut. Je leur réponds « oui, bien sûr, mais encore faut-il que l’on m’appelle ». Le foot c’est assez spécial : parfois, il ne manque pas grand-chose pour faire une plus belle carrière. Souvent, ce sont les bons contacts qui font la différence.

« Je sais que je figure parmi les meilleurs joueurs des Hauts-de-France à mon poste »

C’est ce qui vous manque ?

Le regret que j’ai dans mon parcours – et encore le mot est fort – c’est qu’on ne m’a jamais donné la chance de m’exprimer à un plus haut niveau. Ne serait-ce qu’un essai. J’aurais voulu au moins avoir l’opportunité de prouver de quoi je suis capable. En Coupe de France non plus je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me montrer. Hormis Tours et Créteil, je n’ai jamais joué contre un club pro. Or c’est là où les joueurs se font connaître. Si demain Boulogne ou Dunkerque me propose un essai, j’irai direct.

Qu’est-ce qui vous fait dire que vous pouvez jouer dans un club de niveau national ?

Déjà, je crois en moi et en mes capacités. Les performances que j’ai réalisées cette saison me prouvent que j’en suis capable. Cette saison j’ai joué tous les matches, j’ai été titulaire à chaque fois, donc cela joue en ma faveur. Des retours que j’ai, je sais que je figure parmi les meilleurs joueurs des Hauts-de-France à mon poste. Généralement, on met davantage en lumière les attaquants. Mais moi je fais mon travail, plutôt bien, et je suis régulier. Je n’ai que 28 ans, je suis en pleine bourre. J’ai encore toutes mes cartes à jouer. Et je me sens super bien : physiquement, mentalement, quand je suis chez moi je m’entraîne tout le temps. Même en cette période de confinement c’est sport, sport, sport (sic). Et puis de toute façon l’âge n’est qu’un chiffre. Quand je vois ce que fait Ronaldo à 35 ans, comment il s’entraîne, ça donne envie de se surpasser.

Maintenant que votre départ de l’US Vimy est acté, que gardez-vous de ce club ?

Je remercie le club, les dirigeants, les supporters et tous les bénévoles. J’ai été honnête avec tout le monde, je pars en bons termes. L’ambiance du groupe était bonne, c’est juste avec le coach que ça ne passait pas trop. Malheureusement on ne pas s’entendre avec tout le monde. L’US Vimy est un club humble, respectueux, avec des valeurs, et ça on ne me l’enlèvera pas.

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