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Nathalie Cockenpot : « L’ambition est nécessaire sinon il y aura stagnation »

24/04/2020 à 12:40

L'évolution du football féminin est réelle et elle ne se limite pas uniquement à la croissance du nombre de licenciées (plus de 200 000 à ce jour). À l'US Vimy, petite ville de 4 500 habitants, le président du club de football est une femme. Cette fonction, qu'elle exerce depuis un peu moins d'un an, fait de Nathalie Cockenpot l'une des 100 femmes dirigeantes du football français. Rencontre avec une passionnée de football depuis ses premiers pas.

Comment êtes-vous arrivée à la présidence de l’US Vimy?

Mes enfants sont licenciés à Vimy depuis les U6. L’un d’entre eux est aujourd’hui en senior. J’ai démarré en gérant la page Facebook du club, je suis ensuite devenue secrétaire du club puis le président en place m’a dit qu’il arrêtait, donc j’ai pris sa succession (en mai 2019, ndlr).

De quand date votre amour pour le ballon rond ?

Depuis toujours. J’ai été pigiste pour le magazine Sang & Or. Je n’ai pas été joueuse mais le football me vide l’esprit, il me détend. J’adore me rendre au stade Bollaert-Delelis.

Que souhaitez-vous insuffler à Vimy durant votre mandat ?

L’objectif est de maintenir l’équipe fanion en N3, faire monter la réserve en R3 (au vu de la décision de la Fédération française de football, elle devrait y accéder, ndlr), puis continuer le travail dans les catégories jeunes. Pour elles, le but est de maintenir les équipes au niveau ligue, voire en emmener quelques-unes au niveau Régional 1, pour que, par la suite, ces jeunes joueurs puissent se diriger de la meilleure des façons vers le monde seniors. Nous avons aussi mis en place cette saison une école de gardiens de but.

Plutôt l’ambition et la conviction de Bernard Tapie ou l’humour et le franc-parler de Louis Nicollin ?

Ni l’un ni l’autre. L’ambition est nécessaire dans un club sinon il y aura stagnation. Le challenge est important mais pas à n’importe quel prix. J’ai une préférence pour Jean-Michel Aulas – je vais me faire chambrer (rires) – du fait de l’évolution constante de l’Olympique Lyonnais en terme d’infrastructure, de marketing et de merchandising.

« Il faudra mettre exactement le même investissement que dans le football masculin »

Nathalie Cockenpot, au sujet du développement du football féminin au sein de son club

Qu’en est-il du football féminin au sein de votre club ?

Nous sommes actuellement très limités au niveau des infrastructure pour accueillir des féminines. Alors pourquoi pas travailler avec d’autres clubs pour que cela se fasse un jour. Mais pour cela il faudra y mettre exactement le même investissement que dans le football masculin.

Que pensez-vous de la décision prise par la FFF que d’établir un classement final en fonction d’un coefficient ?

Quelle que soit la décision, il y aurait eu des mécontents. L’hypothèse de la saison blanche était compliquée. Et cette prise de position arrive tard. Mais comment les instances ont-elles pu penser que nous aurions pu rejouer ?

Le football, c’est politique ?

Un peu quand même car il faut travailler avec les collectivités locales, travailler avec les élus etc. Cependant, il est important de diversifier ces investissements, on ne peut pas vivre qu’avec nos subventions (l’US Vimy en perçoit 20 000 euros, ndlr).

Franck Lefèvre sera-t-il l’entraîneur de l’équipe fanion la saison prochaine ?

Oui, bien sûr. Il avait comme objectif le maintien et il a été largement acquis.

Propos recueillis par Jimmy Desmoulin
Crédit photo : La Voix des Sports