EditoLigue 2

Pélissier, la baraka du Lauragais !

20/05/2017 à 11:03

Hier soir, à la 96ème minute d'une dernière journée de Ligue 2 étouffante, lorsque Amiens a décroché la lune, en regardant derrière lui, Christophe Pélissier pouvait apercevoir sa bonne étoile, omniprésente depuis ses débuts de coach à Revel, Muret ou Luzenac. Une baraka qui l'amène aujourd'hui dans la cour des grands. Aussi incroyable... que justifié.

Lorsqu’il a repris Luzenac en CFA2, en 2007, il y avait autant de chances de voir le club ariégeois en Ligue 2 en 2014 que de traverser un hiver sans neige au pied du Vénasque. Quand il a repris Amiens en National en 2015, il y en avait à peu près autant de voir les Picards en Ligue 1 deux ans et demi après que d’apercevoir le soleil au dessus de la Licorne entre le 1 novembre et le 1 avril ! Et pourtant. Pourtant, une fois encore, et ça ne peut plus être le fait du hasard, Christophe Pélissier aura réussi l’impossible. Dans deux contextes bien différents, pour deux challenges sportifs équivalents, l’ancien atypique meneur de jeu de Revel et de Muret a su faire avec (ou sans) et s’adapter à son environnement, à ses joueurs, à deux compétitions, le National et la Ligue 2, qui n’ont rapidement plus eu de secrets pour lui. De sa capacité à mener les hommes, à recruter les bons, au bon endroit, à établir un diagnostic clair et précis sur les performances de ses joueurs, à en tirer les conséquences sur les choix tactiques, Pélissier a démontré qu’il avait l’étoffe des grands. La semaine dernière, au moment de rendre hommage à Christophe Galtier, qui quittait l’AS Saint Etienne après l’avoir ramenée au niveau européen dans la durée, son ancien adjoint, Alain Blachon, nous disait : « Il a une chose rare qu’il ne doit surtout pas négliger et qu’il doit même entretenir, et préserver : il a de la chance ! »

« Une baraka à entretenir, à préserver… »

En accédant à la Ligue 2 la saison dernière au bout du bout du dernier match de la saison, en décrochant la Ligue 1 hier soir à la dernière seconde du temps additionnel du dernier match de la saison… le Lauragais a confirmé qu’il était certainement né, lui aussi, sous une bonne étoile. Car lorsqu’on vient d’aussi loin, on n’entre pas seulement parce qu’on le mérite dans la cour des grands, celle ou si peu d’entraîneurs ont la chance d’exercer et où il sera à la rentrée, avec les Emery, Garcia, Jardim, Coinceiçao, Gourcuff ou Gourvennec. Il faut aussi de la baraka, celle qui semble fuir Alain Casanova à Lens et que Pascal Dupraz a su utiliser pour maintenir le TFC en Ligue 1. Celle que Christophe Pélissier doit maintenant « entretenir, préserver » pour offrir aux Amiénois ce qu’il n’a pas pu offrir aux Ariégeois. S’il y parvient, à ce rythme, l’Europe attend une ville qui vient en deux semaines d’offrir un Président de la République et une équipe de Ligue 1 à notre pays… sans forcément qu’il y ait un rapport entre les deux. A moins que la bonne étoile de Christophe Pélissier ne se limite pas aux équipes qu’il coache…

J.L.-B.


Photo : site officiel de l’Amiens SC