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Ahmed Guettaf : « C’est une étape, je ne veux pas m’arrêter là »

11/07/2019 à 18:15

Son premier contrat professionnel, ses premiers pas en Corse au Gazélec Ajaccio, l'importance de l'AS Saint-Priest et de Lionel Bah dans sa progression... le défenseur central nous a accordé une interview quelques jours après avoir réalisé un premier rêve. Et le San-Priot a bien l'intention de tout casser sur l'Ile de Beauté !

Comment se passent vos premiers pas chez les pros ?

C’est vrai qu’au début, j’avais beaucoup d’appréhension car je viens d’un club amateur. Ils m’ont fait visité les installations et ça change beaucoup de Saint-Priest ! Quand tu viens à l’entraînement dans un club pro, tu n’arrives avec rien et tu repars avec rien. Tout est là-bas, le casier, les affaires, la salle de musculation. La différence se ressent vraiment. En fin de compte, tu fais beaucoup plus d’efforts dans un club amateur.

Et votre intégration sur l’Ile de Beauté ?

Je ne connaissais personne en arrivant ! Il y avait sept ou huit joueurs à l’essai, des jeunes, et on a fait connaissance. Deux ont été gardés et d’autres sont arrivés, on a commencé à former un petit groupe. On commence à apprendre à connaître tout le monde. La solitude ? C’est vrai que ce n’est pas facile, on s’appelle tous les jours avec ma famille. Par la suite, ils vont faire des aller-retour pour venir me voir. J’ai commencé à séjourner à l’hôtel et en ce moment je suis en collocation avec un autre joueur. La météo ? Ici, il fait tout le temps mais beau, mais il ne faut pas trop s’y habituer (rires).

« Dans ma logique, signer pro est normal car je travaillais pour ça »

Cela faisait quelques temps que vous nous parliez de votre détermination à accrocher un contrat professionnel. Quels ont été vos sentiments une fois le bail signé ?

C’est un objectif d’accompli ! Mais dans ma logique, signer pro est normal car je travaillais pour ça. Je ne veux pas m’arrêter là, c’est une étape de plus. Tous ceux qui arrivent à ce stade l’ont mérité. C’est beaucoup de sacrifices. Je repense souvent à mes anciens clubs, à ma famille car c’est une fierté de devenir professionnel.

 

« A la base, j’aurais dû signer en février, je devais prendre l’avion juste après le match de l’Athletico Marseille »

Vous aviez plusieurs contacts, le Gazélec était le club qui vous voulez le plus ?

Exactement. Le club me rappelait chaque semaine même quand je me suis blessé en février. Ça a fait que j’ai su que j’avais quelque chose de sérieux avec le Gazélec. Il me donnait vraiment confiance.

Comment votre signature s’est-elle orchestrée ?

A la base, j’aurais dû signer en février, je devais prendre l’avion juste après le match de l’Athletico Marseille pour signer mon contrat. Ils sont venus me voir jouer et je me suis blessé au bout de dix minutes à la cheville. Ils m’ont dit de revenir trois semaines après, puis un mois, mais j’étais toujours blessé et donc pas apte à passer ma visite médicale. Au début, avec l’adrénaline, tu t’énerves un peu parce que le jour où tu dois signer un contrat pro, tu te blesses. Après, si tu as vraiment confiance en toi, tu te remets dedans et tu travailles.

Avez-vous déjà eu une discussion avec le coach Ciccolini pour savoir ce qu’il attend de vous, votre utilisation ?

L’ancien coach (Hervé Della Maggiore) a quitté le club très tard. Je n’ai eu que le directeur sportif Christophe Ettori, il m’a dit qu’on aurait tous notre chance en défense. Quant au coach, il a une très bonne relation avec ses joueurs. C’est un coach dur mais bien avec son groupe, il parle beaucoup. Aussi, il pue le travail ! C’est du sérieux.

Votre réussite est aussi celle de l’AS Saint-Priest. Vous contribuez à mettre en avant la formation du club.

Quand je me suis fait remercié de l’OL, je suis allé à Saint-Priest car c’était le club à côté de chez moi. J’ai trouvé un club familial, où il y avait moins de pression. Le club donnait sa chance à tout le monde, aux jeunes. J’ai commencé avec Lionel Bah en U19 puis je suis monté avec lui en N2. Il n’a pas peur de faire jouer les jeunes.

Ahmed Guettaf, capitaine des U19 R1 de Lionel Bah dont la génération avait atteint les 8e de Gambardella lors de la saison 2017/2018. Crédit photo : ASSP

Quel est son impact sur votre trajectoire depuis votre collaboration chez les U19 de Saint-Priest ?

C’est quelqu’un qui m’a fait beaucoup progressé et qui m’a donné confiance. Je n’étais pas très bien physiquement et mentalement après mon départ de l’OL. Il m’a donné beaucoup de responsabilités avec le brassard en U19 et j’ai énormément appris défensivement de ses conseils. Il disait toujours que ce serait les plus réguliers qui partiraient en centre pro. Avec moi, il insistait sur l’agressivité ! Je suis un défenseur technique, mais il m’a fait progresser sur mon approche des duels. J’ai grandi, appris à plus parler aussi. En seniors, il n’y a pas de petits ou de grands même si on respecte bien sûr les anciens.

Sur quoi estimez-vous devoir encore travailler ?

Physiquement ! Ici, la dose de musculation est différente, tu en as tous jours ! Tu sens que tu prends vite, que ton corps s’habitue. C’est important de prendre du volume pour pouvoir faire face à tous types d’attaquants. Les anciens vont aussi m’apporter là-dessus.

Le Gazélec possède encore une petite chance d’être repêché en Ligue 2. Comment vivez-vous cette situation un petit peu indécise ?

On n’en parle pas entre nous trop parce qu’on ne pourra rien y changer. Dans nos têtes, c’est soit la Ligue 2, soit le National avec l’objectif de remonter directement.

Pour terminer, avez-vous quelqu’un à remercier ?

Oui, j’aimerais remercier mon père qui m’a beaucoup aidé dans le foot, il m’a toujours donné de bons conseils. Et ma maman, qui a toujours été là pour moi dans les bons comme dans les mauvais moments depuis le début.

Crédit photo : Gazélec Ajaccio