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Amine Gouiri, un crack chez les Aiglons ?

03/07/2020 à 17:39

Présenté depuis plusieurs saisons comme un crack de l'académie lyonnaise, Amine Gouiri (20 ans) a quitté son club formateur pour l'OGC Nice à un an de la fin de son contrat, faute de garantie sur l'évolution de son temps de jeu à Lyon. Animé par le désir de « prouver », l’Isérois débarque sur la Côte d’Azur pour jouer et marquer des buts. Son passe-temps favori en équipe de France jeunes.

37 buts en 46 matches. Le bilan d’Amine Gouiri sous le maillot tricolore depuis ses débuts chez les U16 en février 2016 en impose. A partir de sa première sélection contre les Pays-Bas, l’attaquant international espoir a gravi les échelons chez les Bleuets à toute vitesse. Lancé par Bruno Genesio en Ligue 1 à 17 ans, il n’a cependant jamais pu enchaîner les sorties en professionnel.

Sérieusement freiné par une rupture des ligaments croisés du genou survenue lors d’un entraînement à l’été 2018, il a semblé revenir très en forme cette saison après un exercice 2018-2019 tronqué. « C’est un talent pur, il a le sens du but, une belle formation, avec les équipes de France de jeunes aussi » disait de lui Juninho il y a quelques jours, à l’heure où le départ du natif de Bourgoin-Jallieu semblait déjà acté. « Avant sa blessure en 2018, Amine était surveillé par Barcelone et Manchester City. Aujourd’hui, il a besoin de retrouver de la confiance. Il devait déjà partir à la trêve hivernale mais je pense que rejoindre Nice est un bon choix de carrière. Cela va lui permettre d’avoir du temps de jeu car il sera la doublure de Dolberg » analyse Manuel De Almeida, Directeur Sportif du FC BJ, qui a longtemps côtoyé le joueur et sa famille à Bourgoin.

Embouteillage en attaque à Lyon

Barré par une concurrence pléthorique dans le secteur offensif, l’Isérois n’a eu droit qu’à des miettes cette saison : Sept petites minutes contre le Zénith Saint-Pétersbourg en Ligue des Champions et une seule en Ligue 1. Un temps de jeu famélique pour un joueur pétri de qualités, frustré de n’avoir pu les mettre en évidence qu’en Youth League et en National 2. Une division qu’il expérimente depuis trois ans et qui avait des allures d’éternité. « Il est venu me voir et m’a dit : « J’ai besoin de jouer, j’ai envie de partir ». Même si je défends l’OL, je peux comprendre. Parfois, tu as la sensation que tu vas laisser partir un jeune qui pouvait t’apporter, mais c’est peut-être le moment aussi. S’il reste, il peut se retrouver 4e ou 5e attaquant, perdre son temps. » admettait encore avec lucidité, Juninho. « Signer à Nice est la meilleure chose qui puisse arriver pour sa carrière. J’apprécie l’homme et le joueur et j’ai été peiné de pas pouvoir lui donner plus de temps de jeu » s‘excusait presque Rudi Garcia, en conférence de presse à Evian ce mercredi.

Le quintuplé d’Amine Gouiri en National 2 

Nice, le projet idéal ?

Amine Gouiri veut jouer et l’OGC Nice peut lui donner la possibilité de s’exprimer au sein de l’ambitieux projet d’Ineos. L’union, elle, semble encore plus cohérente lorsque l’on regarde de plus près le secteur offensif niçois. Hormis l’incontournable Kasper Dolberg qui devra aussi souffler, la concurrence n’a pas de quoi faire trembler la dernière recrue rouge et noir. Myziane Maolida, ex-coéquipier et ami de Gouiri à Lyon n’a pas affiché le rendement espéré pour sa première saison, Igniatus Ganago ne s’est jamais imposé et le jeune Dan Ndoye, revenu de Lausanne, partira certainement derrière dans la hiérarchie. « Nice est une passerelle intéressante pour Amine, avec des ambitions différentes de celles de l’OL. Ce challenge va le rebooster et croyez-moi, c’est un battant et un gagnant » assure Manuel de Almeida. Plus prosaïquement, le nouvel aiglon sera la première alternative au Danois sur le poste de numéro 9 dans le 4-3-3 de Patrick Vieira. Il pourrait aussi aspirer à une place de titulaire sur les ailes ou en pointe dans un 3-5-2 en cas de complémentarité avec le goleador maison. Des projections claires qui ont forcément fait pencher la balance dans la réflexion de l’ex-lyonnais. Et le Gym, avec les moyens qu’il possède désormais, n’a pas non plus pris beaucoup de risques au moment de débourser 7 millions d’euros pour s’attacher ses services.

De quelle trempe est-il ?

Depuis la signature de l’attaquant lyonnais à Nice, les avis divergent entre ceux qui affirment que le club azuréen a fait le coup du siècle et ceux qui estiment que « l’OL aurait conservé et fait jouer Gouiri s’il était si fort que cela ». Après tout, ces deux raccourcis rapides peuvent s’entendre. Et des questions subjectives peuvent aussi se poser : L’OL était-il obligé de recruter Tino Kadewere alors qu’il avait Amine Gouiri ? La valise de buts inscrits en équipe de France jeunes par l’attaquant est-elle une preuve solide ou insuffisante d’un potentiel de très haut niveau ? Fait-il partie de la trempe des « cracks » façonnés par l’OL comme l’étaient Benzema et Martial dans leur registre respectif, ou de celle des très bons, voire bons joueurs de foot comme Alassane Pléa ou Loic Rémy ?

Si le rectangle vert nous donnera les indications puis les réponses attendues, Amine Gouiri devait dans tous les cas quitter Lyon pour poursuivre sa progression et franchir un cap. « Il a le caractère et le talent pour réussir. Moi, je pense qu’il va y arriver » juge De Almeida toujours très attentif au parcours de son ancien protégé. Hasard du « calendrier », le rendez-vous de samedi au Groupama Stadium entre l’OL et l’OGC Nice (18h30 sur Canal+) a déjà été pris. Et il laisse présager des premières retrouvailles pas aussi amicales qu’elles n’y paraissent…