Interview

Daniel Jaccard : « Je suis prêt à insuffler ma passion et mon savoir-faire dans un nouveau challenge sportif »

16/06/2020 à 19:30

On ne présente plus Daniel Jaccard. Originaire de Craponne, cet ex-gardien professionnel passé par les cages de l'OL, Macon, Bastia, Grenoble, et enfin le MDA Foot, s'est brillamment reconverti dans la formation spécifique à son poste. Après avoir raflé deux Ligues des Champions avec les féminines de l'OL entre 2009 et 2012, il a fondé l'Académie des Gardiens Lyonnais et faisait partie du staff de Laurent Roussey au SC Lyon (ex-La Duchère) la saison dernière. Aujourd'hui à l'écoute de nouvelles opportunités, il se confie à Actufoot sur son parcours et ses projets, actuels ou futurs.

Comment s’est terminée votre collaboration avec le Sporting Club de Lyon ?

Très simplement. Il y a eu un changement d’entraîneur principal et mon contrat qui arrivait à son terme n’a pas été renouvelé, rien d’exceptionnel à cela. J’en retire une très bonne expérience. A 35 ans, et après avoir arrêté ma carrière de joueur il y a seulement une saison, un projet comme celui du SC Lyon est une plus-value importante sur une carte de visite. Travailler avec un entraîneur comme Laurent Roussey, avec le CV qu’on lui connait, ne peut qu’être enrichissant. Et ce que nous avons accompli avec les gardiens cette année a porté ses fruits puisque le titulaire Maxime Hautbois a été décisif dans au moins neuf points pris par l’équipe cette saison, un ratio énorme compte tenu du nombre de matchs joués. Leopold Maître a, quant à lui, eu droit à une promotion : il passe de numéro 3 à Lyon à numéro 2 à Concarneau.

Quels sont vos projets désormais ?

Mon cursus m’offre plusieurs possibilités : étant diplômé DES (Diplôme d’Entraîneur Supérieur), je peux entraîner une équipe de football jusqu’au niveau N2 ou exercer des responsabilités à la direction technique ou sportive. Titulaire également du CEGB (Certificat d’Entraîneur de Gardien de But), je peux également prendre en charge le spécifique gardien à un niveau professionnel. Une chose est sure, je suis frais et prêt à insuffler rapidement ma passion et mon savoir-faire dans un nouveau challenge sportif, pourvu que nous puissions travailler ensemble avec sérénité. A l’heure actuelle, je souhaiterais rester dans le Rhône et ses départements limitrophes afin de continuer à mener à bien ma vie de famille et mon académie. Je sais ce que je peux apporter à une nouvelle structure, les choses se feront naturellement.

« L’entrainement spécifique gardien de but est problématique pour de nombreux clubs amateurs »

Justement, parlez-nous de votre académie…

En quelques mots, c’est un centre de perfectionnement complémentaire du travail effectué par les clubs, qui offre la possibilité aux gardiens de travailler sur le poste de façon très spécifique et avec un haut niveau de compétences. L’idée est de permettre à chacun de s’épanouir et de développer son potentiel, de la catégorie U8 jusqu’en seniors. Aujourd’hui, seul l’Olympique Lyonnais offre un niveau équivalent dans les alentours. L’entrainement spécifique gardien de but est problématique pour de nombreux clubs amateurs, soit parce qu’il n’y a personne, soit parce que la personne en charge n’a pas les bonnes compétences. Car, de facto, il y a besoin d’un apport de compétences très particulier pour ce poste. L’Académie des Gardiens Lyonnais a été créée dans le but de bénéficier aux joueurs mais aussi aux clubs. Puis à titre personnel, ce projet me donne l’occasion de toucher à plein d’aspects extra-sportifs : du management d’éducateurs, du relationnel avec les clubs et les parents, de la gestion financière, administrative ou de la communication.

Qu’est ce qui vous rend le plus fier parmi tout ce que vous avez accompli dans votre après-carrière ?

Je dirais mon expérience avec les féminines de l’OL en tant qu’entraîneur des gardiens. Quand j’ai commencé avec Sarah Bouhaddi en 2009, elle était peu connue et avait perdu sa place en équipe de France. A la fin de ma mission en 2012, on lui avait prolongé son contrat deux fois, elle avait remporté deux Ligues des Champions et était une
référence mondiale à son poste. Même fierté pour Pauline Peyraud-Magnin, qui garde aujourd’hui les cages d’Arsenal, est la doublure de Sarah chez les Bleus et la mieux placée pour lui succéder. Je souhaiterais également mettre en avant mon travail avec la section sportive du Lycée Notre-Dame des Minimes aux côtés de Sylvain Richard et Ghislain Anselmini. En quatre saisons, nous avons eu un ratio d’un gardien ayant intégré un centre de formation par année : Florent Duparchy à Valenciennes, Alban Jenvrin à Clermont, Pierre Popp et Reda El Asir à Bourg en Bresse.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

A la vue de ces derniers mois, la santé pour mes proches et moi-même reste le plus important. Sur un plan professionnel, retrouver le terrain très prochainement. Etre privé de sa passion, ça fait quelque chose. Rien ne presse pour le moment, mais après une vie consacrée au football on se satisfait difficilement de ne rien faire, d’autant que je suis incapable de ne rien faire ! (rires)

Recueilli par Simon Marachian