InterviewProfessionnel

Ferri : « je préfère être face au jeu »

27/04/2017 à 11:25

Jordan Ferri a été formé à Saint-Rémy avant de rejoindre l’Olympique Lyonnais. Pour Actufoot il revient sur ses premières années de foot, sa formation, l’identité lyonnaise, les récents évènements et évoque son avenir.

Quels souvenirs gardez-vous du club de Saint-Rémy ?

J’ai commencé à 5 ans et j’ai passé de très bonnes années là-bas. Il y a des entraîneurs qui m’ont marqué comme Michel Cirrillo, Patrice Cardarelly, Christophe Carrasco et Thierry Ricard. Je garde de très bons souvenirs avec beaucoup de bons joueurs. On avait fait une année en 14 ans fédéraux ce qui n’était jamais arrivé au club. Ce sont mes amis d’enfance, j’ai créé des liens que j’ai encore aujourd’hui, même avec mes anciens entraîneurs. Dès que je redescends, je revois mes anciens coéquipiers et mes amis et lorsque j’ai l’occasion d’aller voir un match là-bas j‘y retourne avec plaisir.

Que retenez-vous de cette formation, qu’avez-vous appris auprès de ces éducateurs ? 

Le foot tout simplement ! Ainsi que toutes les bases que j’ai apprises grâce à ces coachs qui connaissent bien le foot. On m’a enseigné les premiers gestes techniques, le contrôle-passe, les règles du foot, les bases tactiques … Je faisais aussi les stages durant les vacances pour avoir des entraînements tous les jours. 

Votre meilleur souvenir avec Saint-Rémy ? 

Il y en a trois en fait. L’année en 14 ans fédéraux, le tournoi de Saint-Rémy en benjamins et notre victoire en coupe Rhône Durance.

Pourquoi avoir choisi Lyon plutôt qu’un autre club pour terminer votre formation ?

Vers l’âge de 13 ans des recruteurs ont commencé à aborder mes parents. A l’époque j’étais surclassé et on avait des bons résultats avec Saint-Rémy. Après discussion avec Christophe (Carrasco), j’ai fait quelques détections et je suis tout de suite tombé d’accord avec Lyon. J’ai eu de suite un coup de coeur pour eux parce que ça représentait beaucoup à ce moment-là. Ils étaient champions de France et leur centre de formation était compétent. De plus, géographiquement ce n’était pas trop loin. Donc j’ai signé un contrat de non-sollicitation avec eux, ça me permettait de finir le collège sereinement et la pré-formation à Saint-Rémy.

Le fait d’évoluer avec beaucoup de joueurs formés à Lyon comme Lacazette, Tolisso ou d’autres, est-ce plus simple ? On a beaucoup parlé de cette fameuse identité lyonnaise en bien comme en mal …

C’est plus facile parce qu’on a l’identité du club, du jeu lyonnais. Ce sont des coéquipiers qui sont devenus des amis. Nous ne sommes plus que deux de la génération 92 avec Rachid Ghezzal, et j’ai des liens très forts avec Max Gonalons et Anthony Lopes aussi. C’est toute cette identité qui nous a permis de décrocher deux places en Ligue des Champions. D’autres pointent le bout de leur nez, c’est une bonne chose et ça démontre la qualité de la formation lyonnaise. 

La moindre des choses c’est de se défendre

Vous sortez de deux semaines «spéciales» entre Besiktas et Bastia, comment les avez-vous vécu ?

On a été un peu surpris des évènements qui se sont passés. On peut comprendre l’envahissement de terrain à Lyon parce qu’ils se sont protégés en rentrant sur le terrain. Ça nous a peut-être perturbé en première mi-temps mais on s’en sort bien, on revient au score et on finit par l’emporter. Le retour à Besiktas s’est déroulé dans une ambiance peu commune. On en revient avec la qualification, c’est le plus important. La séance de tirs au but était intense, surtout que, historiquement, on n’excelle pas dans cet exercice ! Bastia, c’est malheureux pour le foot. C’est le résultat d’une tribune mécontente qui envahit le terrain pour en venir aux mains avec des joueurs. Des décisions vont être prises on verra bien ce qu’il en est.

L’Europa League est devenu le principal objectif ?

On veut conserver cette 4e place mais à l’heure actuelle, la seule possibilité pour une 3e participation consécutive à la Ligue des Champions, c’est la victoire en Europa donc on va tout faire pour aller au bout. 

Patrice Cardarelly nous disait qu’il n’était pas étonné de vous voir au milieu des échauffourées à Bastia, vous êtes un joueur de caractère, vous comprenez qu’on puisse vous reprocher cela tant à vous qu’à Anthony Lopes ?

J’ai du mal a comprendre qu’on puisse essayer de porter plainte ou demander des sanctions contre nous … Il y a 50 types qui descendent des tribunes pour vous agresser donc la moindre des choses c’est de se défendre. 

Je prendrai la meilleure solution possible

Vos éducateurs nous ont dit que vous aviez été formé en 6 et en 10, aujourd’hui vous êtes plutôt un 8, vous avez même joué latéral à Lyon. A quel poste êtes-vous le plus à l’aise ?

Latéral c’était pour aider l’équipe, ce n’était pas pour y faire ma carrière, j’étais jeune il fallait se plier pour l’équipe. Je n’ai pas de préférence au milieu. J’aime tous les postes, 6 devant la défense ou 8 pour se projeter. Un peu moins 10 parce qu’on est plus dos au but et je préfère être face au jeu. Je suis plus performant pour me projeter.

C’est un peu plus compliqué cette année, vous jouez moins, comment vous l’expliquez ?

Ce sont les choix du coach, on a changé de système ça limite un peu les places pour Sergi (Darder) et moi au milieu de terrain. Mais je continue à travailler et être performant quand on fait appel a moi.

Vous êtes un joueur apprécié par les supporters mais on parle de vous dans d’autres clubs notamment en Italie, vous pourriez partir cet été ?

Pour l’instant il y a de gros objectifs à aller chercher et on fera le point en fin de saison. Je prendrai alors la meilleure solution possible. Ça peut aller vite tout dépend de la fin de saison je ne me pollue pas l’esprit avec ça pour l’instant. 

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Crédits photos : Facebook de Jordan Ferri & Christophe Carrasco

Propos recueillis par Maxime Monthioux (@MaxMonthioux)