InterviewU17 Nat

François Villebrun (U17 Nat ASSP) : « Ça a été un petit coup de tonnerre »

20/09/2019 à 11:24

A deux jours du derby contre le FC Lyon, l'éducateur des U17 Nationaux de l'AS Saint-Priest, qui découvre lui aussi ce niveau et cette catégorie de jeunes, nous a accordé une interview pour évoquer le début de réussi très réussi de son équipe, qui détient déjà 10 points avec quatre journées de championnat.

Pouvez-vous revenir sur les circonstances de votre prise de fonction tardive avec le groupe U17 ?

Au départ, c’était fait avec la N2 pour que je continue en tant qu’adjoint. Avec le départ un petit peu inattendu de Ghislain (Anselmini, adjoint N1 à Lyon-Duchère AS), le président m’a demandé fin juin de prendre les U17 nationaux. J’ai accepté avec plaisir, mais c’est vrai que c’est arrivé soudainement, je ne m’y attendais pas en fait. La place n’était pas libre sur le poste et j’avais déjà été renouvelé avec la N2. Il a fallu que je m’adapte assez rapidement même si tout avait été bouclé que ce soit sur la préparation, l’effectif et les recrues.

A la suite de votre préparation, vous et vos jeunes avaient frappé fort d’entrée avec un succès à l’Etrat sur les installations de l’AS Saint-Etienne, club partenaire de l’AS Saint-Priest…

Oui, j’ai rajouté deux, trois joueurs en plus par rapport au groupe qu’avait constitué Ghislain. Ma prise de fonction et le début de la préparation (22 juillet) se sont vite enchaînés. Cette dernière a été sérieuse avec des joueurs fortement impliqués. Sur ce premier déplacement à Saint-Etienne, on ne savait pas trop sur quel pied danser. Donc oui, il y a quand même eu ce sentiment d’avoir réalisé une belle surprise, pas vraiment anticipée. Personnellement, c’était aussi mon premier match avec des U17. En jeunes, je n’avais connu que les U19 Honneur au FC Bourgoin-Jallieu. Il y avait cet inconnu du niveau à gérer, et même si les jeunes avaient fait une bonne préparation, il était difficile de se jauger car il y n’a pas toujours de logique par rapport aux performances amicales lors de la préparation. Sur ce match, on a aussi eu un scénario très favorable, il faut le reconnaître. Les Verts ont eu l’occasion d’ouvrir le score, sans réussite, puis le rapport de force s’est inversé. On a su être efficace dans les deux zones de vérité pour l’emporter. Cette victoire nous a mis en confiance et a validé notre préparation. Derrière, dans de bonnes dispositions mentales, on est restés dans la continuité du capital confiance qu’on avait acquis.

A titre personnel, c’est aussi une sacrée première pour vous aussi en tant que coach…

J’étais surtout content pour les jeunes. C’est symbolique d’aller gagner ce premier match là-bas, où on nous disait d’essayer de ne pas perdre avec trop d’écart (sourire). Le club n’avait pas gagné à l’Etrat ni même fait de match nul depuis plusieurs années. Ça a été un petit coup de tonnerre, mais cela ne reste qu’un match.

Avec un bilan de trois victoires et un nul en quatre matches, les objectifs changent-ils par rapport à ceux avancés lors de la pré-saison ?

C’est trop tôt pour répondre à ça. J’essaye de dire aux jeunes de prendre les points tant qu’on le peut, et que plus c’est tôt, mieux c’est. On a quand même des gros matches qui arrivent (FC Lyon, Dijon) et je dis que les ambitions viendront avec la durée. Dès qu’on finit un match, on savoure, et dès le lundi, on se remet au travail. Le groupe est jeune, il y a du monde qui vient nous voir jouer et il faut faire attention à ne pas se voir trop beau. Restons concentrés sur notre projet de jeu et continuons de parler foot pour continuer sur cette dynamique.

Le derby contre le FC Lyon se profile dimanche. Que vous inspire votre futur adversaire, et son fabuleux parcours de l’an dernier ? 

Le FCL est un club reconnu comme formateur car il est très, très bon catégories jeunes, et possède un nombre de licenciés important (1364 – source club). L’année dernière, j’ai suivi comme tout le monde leurs performances jusqu’aux play-off. Ils ont terminé devant l’OL et l’ASSE et ça a fait beaucoup de bruit. Je suppose qu’on doit tous les comparer par rapport à la génération de l’an dernier et ça ne doit pas être simple pour eux car c’est difficile de mieux faire que l’an passé. Aujourd’hui, ils ont besoin de points. On s’attend à un bon derby mais engagé.

En tant que coach, que peut et va vous apporter cette expérience au niveau national U17, et ces confrontations face à des clubs pros ?

Beaucoup de choses au niveau de la gestion, que ce soit autour du foot, avec les parents, les gens qui gravitent autour… C’est un public différent. Personnellement, je ne sais pas si cette expérience m’ouvrira des portes. Il y a encore quelques semaines, j’étais adjoint avec la N2, donc c’est difficile de se projeter pour l’instant. Surtout, j’ai un métier hors football. Après, ce qui est nouveau pour moi aussi, c’est de rencontrer des clubs pros, de s’entraîner quatre fois par semaine. On n’est pas à un niveau amateur. J’ai le sentiment de pouvoir agir, d’avoir une influence plus importante sur ce qu’il va se passer en match. En ne s’entraînant que deux fois par semaine, tu as moins de visibilité. Par exemple, lors de la préparation, on a fait 30 séances et cinq amicaux ! Il y a un vrai effet entre ce que tu travailles puis vois le week-end. C’est assez gratifiant pour un entraîneur. On est dans un club structuré, qui a de la visibilité mais il ne faut pas s’emballer, et je mets des freins. La difficulté, c’est de répéter les bons matches, de trouver de la régularité et du mental.

Crédit photo : AS Saint-Priest - Sulyvan Manfroi