Interview

Jessim Mahaya (FC BJ) : « Je pensais que j’étais un petit peu oublié »

19/05/2020 à 13:00

Cadre inamovible de l'AS Saint-Priest depuis quatre saisons, Jessim Mahaya a fait le choix, à 27 ans, d'accepter la belle proposition du FC Bourgoin-Jallieu. Non sans réfléchir, le milieu offensif a pesé le pour et le contre et décidé de donner sa faveur au projet du FC BJ et à un entraîneur, Jérémy Clément, qu'il avait notamment côtoyé à ses débuts en pro à Saint-Etienne. (Photo : Clément Chossat - Le Sport Dauphinois).

Jessim, aviez-vous fait le choix de quitter Saint-Priest cet été, notamment après la relégation entérinée par la FFF ?

Non, à la base je favorisais le projet de Saint-Priest. Mais vous savez, avec l’épidémie, c’était un petit peu compliqué au niveau du budget, du recrutement pour le club. On ne savait pas si on allait repartir avec des jeunes ou avec des gars un peu plus expérimentés. Le club était un petit peu dans le flou mais j’étais prêt à rester en N2 ou en N3 parce que j’étais bien ici, dans mon confort. Quand Bourgoin m’a appelé, je me suis demandé, avec le recul, si ce n’était pas le moment de tenter autre chose. Bourgoin a un très gros projet avec l’objectif de monter, de jouer à Rajon. Donc il y avait plusieurs paramètres qui rentraient en compte. Sans oublier l’intérêt de Jérémy Clément qui a aussi fait que j’ai été attiré.

Comment évaluez-vous justement l’importance du coup de fil de Jérémy Clément dans votre décision ?

Avant ça, il faut savoir que je le connaissais de l’époque où j’étais à Saint-Etienne, quand je commençais à monter dans le groupe pro. Je connaissais le personnage, ses ambitions, c’est un gagnant et ça me plaît beaucoup. Son appel, le projet, le fait de le connaître… je dirais que son coup de fil a joué à 80% dans mon choix.

Le FC Bourgoin-Jallieu vous a aussi fait une proposition difficile à refuser dans ce contexte économique difficile.

Exactement. J’avais fait les démarches auprès de mon président à Saint-Priest pour savoir ce qu’il en était financièrement parlant parce que, malgré le fait qu’on descende, j’estime avoir fait une bonne saison. Avec mes années passées ici, j’espérais pouvoir être un petit peu augmenté. Il m’a expliqué que ça n’allait pas être possible à cause du contexte économique lié à la crise sanitaire. Bien sûr c’est une chose que je comprends parfaitement parce que je me mets à sa place. A contrario, Bourgoin m’a appelé et m’a fait une offre beaucoup plus intéressante en me disant que le club comptait vraiment sur moi. Ça a joué dans la balance.

Vous étiez particulièrement sollicité depuis quelques semaines. Quelles équipes ont tenté de vous recruter ?

Louhans-Cuiseaux (N2) m’a fait une proposition très intéressante mais honnêtement je ne me voyais pas partir de la région. J’ai déjà pas mal bourlingué, et aujourd’hui, je suis posé, donc je n’ai plus trop envie d’aller loin. Epinal (N2) m’a contacté mais je n’ai pas eu le temps de parler avec le coach, Xavier Collin, parce que j’avais déjà signé à Bourgoin. J’ai aussi un petit peu parlé avec Limonest (N3) et MDA (N2).

C’est toujours valorisant d’être convoité ?

Ça faisait plaisir oui. Je pensais que j’étais un petit peu oublié mais finalement non (sourire). Ça prouve que ma saison a été bonne.

Que retiendrez-vous de ces quatre saisons à Saint-Priest ?

Je retiendrai en priorité la montée de CFA 2 en CFA lors de ma première saison. La deuxième a été plus difficile avec un maintien acquis à la dernière journée. Et puis il y a ces deux années avec Lionel (Bah) dont la première fut superbe en termes de jeu. C’était vraiment très intéressant et très agréable à vivre. Cette saison était plus compliquée au niveau des résultats collectifs même si d’un point de vue individuel, elle a été très bonne puisque j’ai joué tous les matches, eu des statistiques et été un joueur important de l’équipe.