InterviewR2

Michael Napoletano (AS Saint-Priest B) : « Nous nous savons attendus »

08/07/2020 à 21:00

On peut affirmer sans se tromper que le jeune entraîneur san-priot est un enfant du club. Pilier de la défense Sang & Or pendant une dizaine d'année, le voilà reconverti coach de l'équipe réserve depuis la saison dernière. Plein de bons mots à l'idée d'évoquer son parcours, sa première saison et ses ambitions dans ce club qu'il aime tant, il se livre sans concessions à Actufoot.

Quel bilan tirez-vous de cette première saison si particulière à la tête de la réserve san-priote ?

J’en tire un bilan positif dans le sens où les résultats ont été à la hauteur de nos espérances. Je partais avec une génération jeune et un groupe renouvelé. Notre objectif était de fédérer tous les garçons autour du même projet et je pense que nous avons réussi sur ce point. Même satisfaction avec les redescentes de l’équipe première, tout le monde a joué le jeu. J’arrivais un peu dans l’inconnu pour ma première saison à un niveau si élevé, et je peux m’estimer satisfait à titre personnel. Malheureusement il y a eu cette fin de saison, que nous avons vécu très difficilement. L’arrêt dû au COVID nous as définitivement fait tirer un trait sur notre objectif de montée en R1, donc grosse désillusion compte-tenu du boulot fourni depuis le début de l’année par les joueurs et le club. Mais je reste confiant et motivé pour la saison à venir, nous partons sur des bases solides en ayant réussi à conserver 80-90 % de l’équipe avec seulement trois départs et des éléments prometteurs qui nous rejoignent. Fidéliser les joueurs en vue de cette saison était aussi l’une de mes priorités. On sait qu’un groupe stable sur la durée est synonyme de bons résultats.

« Si nous ne sommes pas montés à l’issue de cette saison, c’est qu’il nous a manqué un petit quelque chose… »

On devine à vous entendre une volonté de continuer sur cette lancée, sans forcément miser sur de nouvelles arrivées ?

Nous intégrons cinq recrues au total, dont trois sur des postes défensifs, pour compenser notamment les montées de joueurs en équipe première. Nous nous inscrivons dans la continuité dans le sens où ces nouveaux éléments connaissent plusieurs joueurs déjà présents dans le groupe, ce qui facilitera leur intégration. Nous avions bien ciblé leurs profils en amont, ce sont des arrivées intéressantes, en manque de temps de jeu pour la plupart et en quête de rebond pour atteindre le haut niveau.

Comment analysez-vous le niveau du championnat de R2 pour la saison à venir ?

Beaucoup de prétendants ont été promus en R1 comme le FC Lyon, le FC Vénissieux, Seyssinet ou le FC Annecy. Attention aux équipes qui montent et qui se sont bien renforcées, comme Saint-Marcellin, l’AS Montchat ou l’ES Trinité. Je pense aussi aux autres réserves de National comme le SC Lyon, Bourgoin ou Andrézieux. Nous nous savons attendus. Il y aura de vrais combats chaque week-end. A nous d’aller trouver un petit supplément technique et mental pour tirer notre épingle du jeu. Si nous ne sommes pas montés à l’issue de cette saison, c’est qu’il nous a manqué un petit quelque chose…

« Voilà mon objectif : faire monter les joueurs tout en gardant un groupe compétitif. »

Quelles sont les particularités de la gestion d’une équipe réserve ?

Quand vous récupérez une équipe réserve, vous ne devez jamais perdre de vue votre collaboration constante avec l’équipe première. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte : vous pouvez vous retrouver avec un groupe modifié d’une semaine à l’autre, des joueurs de l’équipe première peuvent redescendre en réserve la veille du match, le coach de l’équipe première peut changer d’avis à tout moment dans sa composition d’équipe. C’est un vrai défi de réaction, d’adaptation et d’anticipation au quotidien. Mais c’est aussi cela qui fonde la qualité d’un bon entraîneur de réserve. Il faut toujours garder la tête froide. Moi qui ai tout connu ici en tant que  joueur pendant plus de dix ans, du N2 au R3, je sais parler à ceux qui pourraient être amenés à redescendre avec moi par moment. Il y a une part importante de psychologie pour les remobiliser mentalement. Même constat pour ceux qui viennent d’en-dessous : si ils mouillent le maillot, je n’ai plus rien à ajouter. Je sais que leurs efforts seront récompensés tôt ou tard. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé cette année : cinq joueurs du groupe R2 et deux joueurs du groupe R3 ont fait des apparitions en N2. Voilà mon objectif : faire monter les joueurs tout en gardant un groupe compétitif.

La formation des jeunes reste l’une de vos missions principales ?

Bien sûr. Cette année le process comprend l’intégration de joueurs U20/U18/U17 au groupe R2. Au même titre qu’avec les seniors, nous sommes en relation constante avec l’équipe C et les catégories jeunes. Résidant non loin du stade, j’essaie de voir le maximum de matchs dans les différentes catégories, des U16 aux U20 en passant bien sûr par les U17 nationaux. Cette saison, nous aimerions systématiser la montée des meilleurs jeunes dans mon groupe à raison de deux ou trois par semaine, pour nous garantir une bonne visibilité. Pourquoi ne pas permettre à un U17 Nat’ qui le mérite de participer à des entraînements en N2 par exemple ?

« Nous faisons partie des clubs qui se font un peu « piller », mais c’est la loi du football. »

Comment faire face aux envies d’ailleurs de certains d’entre eux ?

Certains choisissent d’intégrer des structures professionnelles, c’est comme ça. Nous faisons partie des clubs qui se font un peu « piller », mais c’est la loi du football. Nous nous en réjouissons d’une certaine manière. Comment refuser à un jeune joueur la possibilité de vivre son rêve ? Nous ne sommes pas un club  professionnel, nous le savons. Nous essayons de nous en approcher dans la façon de fonctionner par moments mais cela reste une source d’inspirations pour le moment. Mais nous savons aussi que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre 80 % de nos effectifs chaque année, d’où notre volonté de développer une philosophie, un projet de jeu propre à l’ASSP avec un travail de développement et des passerelles entre chaque catégories.

Que peut-on vous souhaiter à titre personnel ?

Pour ma part, j’espère toujours plus. Etant un enfant du club, je vais passer mes diplômes pour me donner la possibilité d’entraîner aux échelons supérieurs et, pourquoi pas, avoir l’honneur de succéder à Lionel Bah un jour à la tête de l’équipe première. Mais mon premier objectif à court terme reste la montée en R1 avec mon groupe. Le club est satisfait de mon travail ici, je compte poursuivre sur ma lancée et m’inscrire dans la durée. Nous voulons nous servir de ce que nous avons créé la saison dernière pour revenir encore plus forts. J’aimerais, si vous le permettez, terminer par une petite pensée pour mon ami Joseph Désiré Kotto, qui nous a quittés récemment.

Propos recueillis par Simon Marachian

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