InterviewN1

Mohamed Metoui (LDAS) : « Je ne sais pas si on avait trouvé la bonne personne »

13/03/2020 à 11:17

Mohamed Métoui est au chevet de l'équipe première de Lyon-Duchère AS depuis l'éviction de Laurent Roussey il y a maintenant deux semaines. Le directeur sportif et véritable homme de confiance du président Tria répond à nos questions sur la situation sportive du club.

Entretien réalisé hier soir avant la suspension de toutes les compétitions…

Mohamed, pouvez-vous revenir sur les circonstances du départ de Laurent Roussey ?

Je vais vous répondre comme je le pense parce que c’est une question qui concerne plus le président. Depuis la reprise de janvier, on n’avait pris que six points sur dix-huit possibles. On restait sur deux défaites de suite lors desquelles on venait d’encaisser sept buts (treize depuis la reprise). On sentait l’équipe moins concernée par l’objectif et, comme souvent dans ces cas là malheureusement, c’est le coach qui est visé et qui paie les pots cassés. Tout le monde a une part de responsabilité sur le sujet mais le football est comme ça aujourd’hui.

Depuis quand le club mûrissait cette réflexion ?

C’est une décision qui était dans les tuyaux depuis un moment. On avait essayé d’attendre un petit peu mais au vu de la réaction de nos joueurs, le président a tranché. Cela a été une décision très compliquée parce qu’humainement parlant, Laurent est quelqu’un de très bien.

« On a senti les choses partir un peu à la dérive »

Laurent Roussey faisait partie des pierres angulaires du projet « Ligue 1 2024 » que vous aviez lancé en début de saison. Comment interprétez alors son départ prématuré ?

Le projet du club, aujourd’hui, est très, très ambitieux. Il vaut mieux se séparer très tôt dans l’aventure quand tu sens que les choses ne vont pas dans le sens de l’investissement du président, de partenaires, du bureau. Au-delà de tout ça, je ne sais pas si nous avions trouvé la bonne personne pour mener à bien ce projet. Dans tous les cas, c’est regrettable d’avoir dû se séparer de son coach au bout de six mois. On a senti les choses partir un peu à la dérive donc on va recommencer avec autre chose.

On doit comprendre que, sportivement parlant, Laurent Roussey n’était pas la personne adéquate sur le poste ?

C’est fort probable. A ce niveau là, ça arrive malheureusement. On pensait vraiment qu’on allait y arriver, qu’on allait réussir quelque chose. Après, comme je l’ai dit, tout le monde a une part de responsabilité. Quand Laurent arrive, il a un nouveau staff, 18 nouveaux joueurs qui signent. Donc il faut faire prendre la mayonnaise, mettre le travail en route. Ça n’a pas été évident mais malgré tout ça, je n’oublie pas qu’on a fait une première partie de saison très positive. On n’avait d’ailleurs jamais enregistré autant de points sur une première phase. Mais c’est surtout le démarrage sur la seconde partie, les six points sur dix-huit, les deux défaites consécutives à domicile, le nombre de buts encaissés et surtout, l’état d’esprit dans le vestiaire qui était difficile à accepter.

Y-a t-il eu une cassure à un moment précis ?

Non, je ne pense pas que ce soit sur un événement précis. C’est plus une accumulation des choses.

« J’ai été agréablement surpris »

Vous avez repris l’équipe. Par rapport à votre connaissance du club et du fait de l’urgence d’avoir quelqu’un sur le banc, votre nomination était t-elle logique ?

Oui, même si je n’y étais pas préparé. On va dire que j’ai accepté naturellement parce que je suis là depuis de l’histoire et du projet au côté du président. Il a senti qu’on se trouvait dans un moment où il était légitime que je prenne l’équipe. J’ai été agréablement surpris. Je ressens beaucoup de fierté et d’amour pour ce club.

Vous retrouvez directement la victoire à Bastia-Borgo (0-1) puis chutez à Balmont (0-1) face au Puy. Le podium ne semble pas condamné, comment voyez-vous la fin de saison ?

On est en train de mettre tout en œuvre pour qu’on puisse avoir l’ambition de continuer à jouer pleinement notre chance jusqu’au bout. Moi j’y crois, le staff y croit, le club aussi. Tout le monde est derrière les joueurs, on a confiance en eux. On va essayer de se donner les moyens d’atteindre cet objectif en remettant tout le monde au travail avec un état d’esprit et un mental irréprochables.

Le match à Boulogne étant reporté ce vendredi, comment allez-vous remplacer la compétition ?

Ceux qui ont besoin de temps de jeu vont jouer avec l’équipe réserve samedi. Pour le reste, on aura fait une grosse séance aujourd’hui (lire jeudi) et demain pareil (lire aujourd’hui).

Sur quelle distance vous projetez-vous avec ce groupe ?

C’était clair dès le début. On m’a confié cette mission de relever le défi sur les onze matches qu’il restait. Après, je reprendrai ma place de directeur sportif parce que déjà, je n’ai pas les diplômes pour continuer l’aventure, sauf s’il y a montée en Ligue 2 derrière (il pourrait obtenir une dérogation dans ce cas précis). Je vais rester à ma place et j’espère qu’on va pouvoir continuer l’aventure avec un nouveau coach qui va nous amener au plus haut niveau.

 

Crédit photo : LDAS.

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