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Oumar Solet, ce diamant de 17 ans que l’OL doit polir

24/01/2018 à 17:54

550 000 euros. C'est le montant déboursé par l'OL pour obtenir le prêt d'Oumar Solet, jeune défenseur ou milieu de terrain de 17 ans du Stade Lavallois (National). Il faudra aux Lyonnais débourser à minima la même somme pour le conserver au-delà du 30 juin 2018. Au sein de l'Olympique Lyonnais, on est sûr d'avoir réalisé un gros coup. Le natif de Melun est considéré comme un joueur à fort potentiel, à l'instar d'un Lucas Tousart ou Maxwel Cornet, tous recrutés par Florian Maurice, responsable de la cellule du club. Recruteur, éducateur et coéquipier ont dressé le portrait de ce talent brut à la maturité déconcertante

 Une ascension éclair

Villejuif, Laval, Lyon. A seulement 17 ans, l’ascension d’Oumar Solet, est tout simplement exceptionnelle. Si de nombreux jeunes qualifiés de « pépites lyonnaises » percent au sein du centre de formation de l’OL, deviennent les fers de lance du groupe pro avant d’exploser à l’échelon européen, lui, vient de l’extérieur. Mais le projet le concernant est le même. A l’instar d’un Maxwel Cornet ou d’un Lucas Tousart, recrutés respectivement à Metz et Valenciennes à l’âge de 18 ans, Oumar Solet débarque, pour la plupart des supporters lyonnais, avec l’étiquette d’un jeune joueur à fort potentiel. Anthony Musso, a eu sous ses ordres le néo lyonnais chez les U14 puis U15 DSR à Villejuif, il raconte sa découverte du « précoce », Oumar Solet : « C’était un joueur sérieux et travailleur qui a connu une progression constante sur ses deux saisons passées avec moi. Il a toujours eu une aisance technique et un assez gros potentiel physique, mais qu’il n’exploitait pas au mieux au départ, parce qu’il avait une forme de nonchalance. Il a bossé énormément au point de devenir indiscutable au milieu de terrain. Il n’a jamais cessé de progresser dès lors qu’il a connu le football à 11. Il est arrivé sur la pointe des pieds en U14 et a finalement terminé la première saison en sortant les deuxièmes années du terrain et en prenant lui-même sa place. Sur la deuxième saison, il est devenu un vrai meneur et c’est pourquoi je lui ai donné le brassard de capitaine. C’est le Stade Lavallois qui a eu le flair en recrutant le gamin de Villejuif, lui donnant ainsi la possibilité d’évoluer avec les U19 Nationaux ou en réserve (N3). « Ce qui a été bénéfique pour lui, c’est qu’il était dans un petit cocon à Villejuif, où il avait la confiance des gens et il a retrouvé ce cadre à Laval. C’est à dire un club qui compte sur lui et le met dans les meilleures dispositions. Oumar a besoin d’être perçu comme quelqu’un d’important. Après, d’ici à l’imaginer en équipe de France U17 et dans les 20 meilleurs de sa catégorie d’âge c’était autre chose, mais en tout cas il le mérite » poursuit son éducateur en région parisienne. La descente du club en National en fin de saison dernière a définitivement propulsé le jeune homme. Jean-Marc Nobilo, puis Manu Pirès lui témoignent de la confiance en faisant du natif de Melun un titulaire indiscutable dans le onze de départ de l’équipe première. De quoi attirer les convoitises et l’œil des recruteurs, dont celui avisé de Florian Maurice à l’OL…

« Un diamant à polir »

Aligné en défense centrale depuis le début de saison, Oumar Solet a aussi impressionné ses désormais ex-coéquipiers. Anthony Scaramozzino, latéral gauche du Stade Lavallois depuis le mois d’aout dernier, se montre dithyrambique  : « Ses qualités ? Il est très athlétique. Mesurer 1m90 à 17 ans, c’est énorme. Techniquement, il est au-dessus du lot, et dans le jeu, il fait preuve d’une grande maturité. Il a su prendre la mesure du championnat National et s’y imposer comme un titulaire indiscutable ». Jean Costa, directeur sportif du club de la Mayenne à l’origine de son recrutement, est également convaincu par sa trouvaille : « C’est un garçon avec un grand potentiel. Je suis persuadé qu’il finira dans les meilleurs jeunes de sa génération. Je suis convaincu qu’il aura du temps de jeu en L1 à moyen terme » a-t-il souligné dans les colonnes de l’Equipe. Scaramozzino, qui avait noué une relation privilégiée avec son cadet poursuit : « J’avais une relation de grand-frère avec Oumar. Je l’aiguillais , on échangeait beaucoup ensemble. Certains le décrivent comme nonchalant ? Je ne pense pas cela. C’est plutôt par son style de course que les gens tiennent ce raisonnement. Ce n’est pas quelqu’un de nonchalant, il manque simplement d’expérience ». Un manque de bouteille loin de le perturber malgré l’engouement médiatique autour de son arrivée à l’OL : « Il est resté très naturel, c’est peut-être son insouciance qui l’a aidé. Il s’est entraîné et à jouer à fond jusqu’au dernier jour. Il n’a pas eu peur de se blesser et compromettre son transfert. Enfin, si sceptiques il y a sur cette arrivée, l’ancien joueur de Lens chasse le doute :« Vous savez, il n’y a pas d’âge pour évoluer en Ligue 1. C’est un diamant à polir, et Lyon est le club parfait pour Oumar ».

Oumar Solet (à gauche) et Anthony Scaramozzino (à droite), sur le chemin de l’entraînement à Laval