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[RETRO] Jérémy Berthod (FCLSD B) : « Limonest Saint-Didier est un club amateur avec une réflexion professionnelle »

02/01/2021 à 14:00

Capitaliser sur les bons résultats de l'équipe fanion et faire du club une place forte de la formation dans le bassin lyonnais : telles sont les ambitions du FCLSD pour les années à venir. D'où la nomination en avril dernier de Jérémy Berthod pour encadrer l'équipe réserve et faire progresser les jeunes talents du cru. L'ancien latéral gauche, qui a fait les beaux jours de l'OL, Monaco et Auxerre dans les années 2000, a livré à Actufoot ses premières impressions.

Comment se déroule cette arrivée sur le banc de la réserve du FCLSD ?

Tout se passe très bien, j’ai pris mes fonctions il y a quasiment 2 mois (ndlr : le 17 avril dernier). Et malgré l’impossibilité de rencontrer mon groupe, j’ai tenu à échanger en visio ou par téléphone avec tous les joueurs présents l’année dernière afin de leur présenter le projet et avoir leur adhésion. J’ai aussi pu mettre à profit cette période pour recueillir des infos sur le club et le recrutement en travaillant en concertation avec les dirigeants, le directeur sportif Fabrice Somma et et le manager général Nicolas Pinard.

Quels sont les principaux axes de travail en vue de la saison prochaine ?

Nous avons un projet de formation avant tout, avec des jeunes joueurs amenés à évoluer à un échelon supérieur à court, moyen ou long terme selon les profils. Nous avons la chance d’évoluer au plus haut niveau régional, dans une poule Rhône-Alpes extrêmement compétitive. Un accent sera également mis sur les entraînements, aussi importants que les matchs selon moi, à raison de 3 à 4 fois par semaine avec un groupe de 22 joueurs. L’idée est de faire prendre conscience à chacun de son potentiel et le faire travailler sur ses qualités en vue d’intégrer l’effectif N3 dès que le besoin s’en fait ressentir et en accord avec l’entraîneur Nicolas Pinard. Cela peut être sur un poste précis ou non, si un joueur tape à la porte grâce à ses bonnes performances.

Un peu à l’image d’une réserve de club pro…

Exactement. Limonest et un club amateur avec une réflexion professionnelle. Voici comme je conçois le rôle d’une équipe réserve : donner du temps de jeu a des membres de l’équipe première qui en auraient besoin, bien sûr, mais permettre surtout à des jeunes joueurs en fin de formation de s’aguerrir avec des matchs de qualité tous les week-end. En CFA, à l’OL, j’ai pu progresser au contact des joueurs de l’équipe première qui descendaient et des joueurs du centre de formation qui montaient. C’est ce que je serai aussi amené à faire en tant qu’entraîneur ici : gérer plusieurs générations et créer cette alchimie.

« Je souhaite apporter mon expérience du professionnalisme à des joueurs amateurs qui aimeraient tendre vers le très haut niveau et franchir des paliers. »

A vous entendre, on devine que la formation prend le pas sur le recrutement. Vous confirmez ?

Le recrutement n’est vraiment pas la priorité. Et ne le sera pas dans les années à venir si je venais à m’inscrire sur la durée. Notre volonté est de faire progresser les joueurs déjà présents au club. D’où mon souhait de faire un état des lieux complet dès mon arrivée pour savoir qui était susceptible d’entrer dans le groupe en vue de la saison prochaine. Nous surveillons de très près toutes les catégories jeunes. Le club est en train de se structurer autour d’un projet passionnant et notre mission est d’en poser les bases.

Comment voit-on au club les départs de plusieurs joueurs vers des clubs de N1 ou N2  à l’intersaison ?

C’est une belle motivation pour les joueurs présents, un message leur disant que tout est possible. Et une suite logique finalement. C’est aussi une reconnaissance du travail accompli par le club à tous les niveaux : des catégories jeunes à la N3 en passant bien sûr par la réserve. Pour nous, c’est très valorisant de savoir que le club a joué un rôle de tremplin dans l’ascension au haut niveau de joueurs comme Nathan Tanard ou Quentin Canales.

Vous qui avez connu le très haut niveau en tant que joueur (ndlr : 4 titres de champion de France avec l’OL de 2004 à 2007) comment tirez-vous profit de cette expérience dans votre gestion de groupe ?

Si je suis un entraîneur rigoureux et attentif au moindre détail, c’est en partie pour ça. Je souhaite apporter mon expérience du professionnalisme à des joueurs amateurs qui aimeraient tendre vers le très haut niveau et franchir des paliers. Cela peut se caractériser par des petites choses qu’ils pourraient mettre en place dans leur quotidien, que ce soit dans l’hygiène de vie, à l’entraînement ou dans la préparation dite « invisible ».

Quels objectifs vous-êtes-vous fixés à titre personnel ?

Je ne me fixe aucun plan de carrière. Aucun objectif lointain, je suis vraiment très heureux ici. Et fier que les présidents Alexandre Vaintchok et Nicolas Barbosa aient fait appel à moi. Je retrouve également Nicolas Pinard, que j’ai eu l’occasion de côtoyer en tant que joueur à Domtac et qui est maintenant un ami. Gagner des matchs c’est bien, mais l’important est de m’épanouir dans ce projet. C’est cette ambiance qui me manquait. Une ambiance de village, avec des valeurs fortes. Certes, le parcours en Coupe de France a été une locomotive qui a rendu le club attractif. Mais on ne perd pas de vue pour autant l’idée de prendre du plaisir en restant un club amateur dont la mission centrale est de faire s’épanouir et progresser des joueurs aussi bien sportivement qu’humainement.

Propos recueillis par Simon Marachian

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