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Samir Dehimat : « Je continue de garder espoir et de rêver »

12/06/2018 à 12:26

Jeune entraîneur à l'AS Saint-Priest, Samir Dehimat rêve de faire de sa passion, son métier. Éducateur des U14 Pro Ligue du club Sang et Or, ce dernier possède déjà une solide expérience du terrain qui lui permet, à 27 ans, d'être diplômé du BEF. Nous sommes allés à la rencontre de ce jeune coach, qui a accepté de nous parler de son parcours, de sa vision d'entraîneur et de l'approche du travail de l'éducateur. Entretien !

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis originaire de l’Ain (Bellegarde). J’entraîne en football depuis mes 21 ans. Tout a commencé en 2012 à l’AS Bellecour Perrache en tant que contrat stagiaire, car j’étais en Deust Agaps a l’Université Lyon 1. J’avais la charge des U11 puis des U13 tout en étant directeur adjoint de l’école de foot. A cette époque, j’ai mis en place des stages de foot sportifs et culturels comme projet pour mon Deust, avec l’aide du président Jérôme Humbert et de Karim, ancien directeur de l’école de foot. Ma fierté est, qu’aujourd’hui, ces stages sont encore d’actualité durant les vacances scolaires. Ensuite, je suis parti au FC Échirolles, à l’époque où le club était en CFA2, en tant que coach U10 et adjoint U15 ligue, saison lors de laquelle j’ai obtenu mon BMF. Et je suis revenu en 2015/2016 sur Lyon pour rejoindre l’AS Saint-Priest. Lors de ma première année, j’ai eu la charge des U13-2 et adjoint U14 pro ligue pour finalement terminer avec le staff de la PHR sur la deuxième partie de saison. En 2016/2017, j’entraînais avec Maxence Pieulhet sur les U13 label tout en étant adjoint U19 Ligue Honneur avec Lionel Bah. Ce fut d’ailleurs une très belle saison puisque avec les u13, nous étions allés en finale régionale et trois de mes joueurs signent dans des clubs pros. En U19 Ligue Honneur, nous terminons champions avec 11 points d’avance sur le second, et nous atteignons les 64ès de finale Gambardella pour une défaite contre l’AJ Auxerre (0-1). De plus, pour finir la saison en beauté, j’ai eu la chance de valider mon BEF en Aquitaine avec une très superbe session composée notamment de Johan Micoud, Mathieu Chalmé, Jaroslac Plasil et Marc Planus. Enfin, cette année, j’ai suivi le groupe U13 label en U14 pro ligue toujours en binôme avec Maxence, et nous nous sommes maintenus pratiquement qu’avec des première année, en terminant sixièmes. Donc globalement, je vis trois belles saisons dans mon club, parfaitement dirigé par ses représentants.

« Je suis assez proche des joueurs, tout en gardant mes distances »

Définissez-vous en tant que coach.

Je vis le match à fond comme peut le faire Diego Simone. Je suis un compétiteur dans l’âme comme Mourinho. J’estime que si je suis à fond sur le banc, les joueurs le seront sur le terrain. Ma relation avec mon groupe ? Je suis assez proche des joueurs, tout en gardant des distances. Je suis présent pour eux quand ils en ressentent le besoin.

 

« Quand on fait confiance à un entraîneur, c’est plus facile de gérer le groupe »

Quel est l’aspect le plus difficile dans la gestion d’un groupe selon vous ?

Tout va dépendre de la tranche d’âge des joueurs et du niveau de l’équipe. Exemple : en seniors N2, on va être plus sur la gestion humaine dont l’aspect mental. On ne va pas échanger avec un joueur de National 2 comme avec un joueur U16 qui est encore en formation. La forme n’est pas la même, même si le fond reste semblable. Il faut que les joueurs adhèrent à un projet pour avoir une plus-value. Tout est lié. Quand on fait confiance à un entraîneur, c’est plus facile de gérer le groupe.

Quel est votre système de jeu préféré ?

En général, je joue en 4-3-3 ou en 4-2-3-1, mais je n’ai pas de système favori. Je peux jouer à trois derrière. Ça dépend des matches et des profils de mes joueurs. Ensuite, je m’adapte suivant l’adversaire ou s’il y a des blessés. De toute façon, il y a le système, mais ce qui compte, c’est l’animation.

En ce qui concerne les principes de jeu ?

Être efficace à la transition, bien travailler ensemble (faire vivre le ballon) et le jeu vers l’avant. Je tiens à faire jouer mes équipes au sol au maximum, avec beaucoup de mouvements

Votre avis sur la formation française ?

La formation française est de haut niveau, par rapport à d’autres pays européens. En revanche, c’est difficile de rentrer dans le milieu. Pour tout se dire, la porte est plus ouverte aux anciens professionnels qu’à nous, qui sommes du monde amateur. Pourtant, nous ne déméritons pas. Nous devrions tous être au même niveau. C’est dommage, mais c’est un obstacle que l’on rencontre dans notre envie d’évoluer et d’espérer voir le monde professionnel.

« Quand je vois le parcours de Karim Mokeddem, je continue de garder espoir et surtout de rêver »

Comment voyez-vous votre avenir ?

J’espère continuer de grandir avec Saint-Priest. Le président, le directeur sportif, et l’ensemble des entraîneurs veulent professionnaliser le club. On va tous, tout faire pour gravir les échelons ensembles. Mon souhait personnel est de continuer de progresser car j’ai une grande soif d’apprendre. Je voudrais, comme les joueurs, évoluer le plus haut possible et essayer de faire de cette passion, mon métier. Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’aident et m’ont aidé à réaliser mon parcours car cela n’a pas toujours été facile. Donc merci aux présidents de l’AS Bellecour Perrache, Jérome Humbert, de l’ASSP, Patrick Gonzalez. Aux entraîneurs Lionel Bah, Monji, Maxence, à mon directeur sportif Robert Mouangué et à Philippe Lanneau Responsable du BEF à Bordeaux qui m’a fait comprendre énormément de choses. Et pour finir ma famille.

Entraîner en professionnel vous semble-il accessible ?

Le monde du football est difficile, pour les joueurs comme pour les entraîneurs. Mais quand je vois le parcours de Karim Mokeddem (entraîneur National, Lyon-Duchère), je continue de garder espoir et surtout de rêver. De toute façon, le jour où je ne rêverai plus, c’est que je ne serai plus là.

 

Crédit photo : Actufoot