InterviewR2

Valentin Lori (Sud Lyonnais) : « Je ne me mettrai pas de barrière »

10/07/2020 à 18:00

Entraîneur depuis six saisons de la jeune formation regroupant les communes de Serezin du Rhône, Communay et Solaize, Valentin Lori a su développer une alchimie au sein de son groupe de compétiteurs. Et ce n'est pas la belle 5ème place décrochée par ses hommes pour leur première saison au deuxième échelon régionale qui risque de bouleverser sa ligne de conduite, qu'il détaille à Actufoot ci-dessous.

Quel bilan tirez-vous de cette saison si particulière ?

Le bilan est plus que positif pour nous. Promus la saison passée, nous réussissons à nous maintenir. Avec ou sans COVID nous étions dans les clous quoi qu’il arrive. J’avais tablé sur un maintien à 24-25 points. À l’arrêt du championnat, nous en avions 20 à huit journées de la fin. C’est pourquoi je suis on ne peut plus satisfait de cette saison. Nous avons pris des points, gagné des matchs, tout en produisant du jeu et avec un effectif qui n’avait pas tellement évolué. Nous nous nous sommes rendus compte que nous étions capables de nous mettre au niveau contre de grosses écuries, en fournissant des prestations de qualité même dans la défaite, contre Venissieux ou Seyssinet par exemple. J’évoque ici le championnat mais nos parcours en coupes sont tout aussi honorables : nous sommes toujours en lice en Coupe du Rhône (déplacement à l’ASA Villeurbanne en 1/4 de finales) et en coupe LAuRA Foot (réception de Villefranche B en 1/16e de finales) dont les dates restent à fixer. Un tel bilan ne peut que me satisfaire. Seul revers de la médaille : le calendrier risque d’être surchargé au mois de septembre avec, en plus, la reprise du championnat et de la Coupe de France. Donc sûrement des matchs tous les deux-trois jours. Devant l’impossibilité d’aligner nos recrues dans les deux coupes régionales, nous serons obligés de prioriser celle dans laquelle nous sommes les mieux engagés, c’est à dire la Coupe du Rhône, dans laquelle nous ne sommes qu’à trois matchs du titre. Ce serait fou, surtout quand on voit le palmarès sur les dix dernières années…

Qu’en est-il des mouvements au sein de l’effectif ?

Nous jouons aujourd’hui à un niveau plus exigeant, face à des clubs mieux armés que nous sur le plan financier notamment. C’est une donnée à prendre en compte, d’autant plus en Régional 2. Chez nous aucune prime, aucune rémunération. Donc l’objectif est de faire progresser les garçons présents dans l’effectif, tout en essayant de recruter intelligemment. Ce que nous avons réussi à faire cette année en signant exactement les cinq profils que nous avions ciblé depuis très longtemps (ndlr : Thomas Lambersant, Elyad Azouz, Sidoine Logon, Kévin Ayache et Anthony Fraioli). Chose très rare, surtout sans moyen. D’autant qu’ils étaient sollicités ailleurs, peut être par des clubs mieux dotés que nous. Cette confiance valide le travail accompli ces dernières années avec le staff et constitue un bon indicateur de l’ambiance qui règne au sein du groupe. Sur un groupe de 20 joueurs la saison dernière, nous avons la chance d’avoir réussi à conserver l’intégralité de l’effectif, à l’exception de Thibault Raillon qui se rapproche de chez lui en signant à Montélimar. Une preuve supplémentaire du bon climat qui règne au sein du club. Avec les cinq arrivées, nous partons avec un groupe de 22 à 23 joueurs pour la saison prochaine, peut être le plus homogène que nous ayons eu au club jusqu’à présent. Pour autant, il faudra travailler tous ensemble dans le même sens et rester mobilisé du début à la fin.

Après ce maintien en R2 validé haut la main, revoyez-vous vous les objectifs à la hausse pour la saison prochaine ?

Tout dépend de ce que l’on entend par là. Si vous nous demandez si nous comptons jouer la montée, nous vous répondrons non par respect pour les grosses cylindrées du championnat. Maintenant, l’ambition reste de s’améliorer et progresser chaque saison. Donc de faire mieux que notre belle 5ème place obtenue la saison dernière et terminer le plus haut possible. Essayons déjà de prendre un maximum de points rapidement pour nous libérer de la zone de relégation. Nous restons un club très jeune, fondé en 2013, j’entre dans ma sixième année avec le groupe. Nous savons où nous sommes, nous connaissons nos moyens et faisons preuve d’une grande humilité. Ce sont des valeurs comme celle-ci qui nous ont permis d’en arriver là aujourd’hui. Nous n’étions pas programmés pour monter en Régional 2, mais nous avons travaillé avec humilité, sans faire de bruit, et nous avons été récompensés.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?

On me dit que j’ai le club de Sud Lyonnais tatoué sur la peau. C’est vrai. Mais je reste quelqu’un d’ambitieux. Aujourd’hui, cette structure me permet de progresser chaque saison et mon président répond présent pour satisfaire mes exigences. Après, le jour où le club ne sera plus aussi réceptif à mon ambition et si une belle proposition arrive sur mon bureau, avec un projet à la hauteur de mes ambitions, je serai à l’écoute. Je ne me mettrai pas de barrière. J’ai aujourd’hui la chance de diriger un groupe de compétiteurs, je l’ai encore vu pendant le confinement. Personne n’en a profité pour se reposer, tout le monde s’est entretenu intensivement et aujourd’hui les garçons n’attendent qu’une chose : redémarrer le 3 août prochain. Tout le monde a envie de poursuivre l’aventure malgré des sollicitations à des niveaux plus élevés pour certains. J’ai énormément de chance de travailler avec ce groupe.