Interview

Zakariya Abarouai : « Quitter le monde professionnel a été difficile »

09/11/2017 à 18:30

Après s'être entraîné la saison dernière avec le FC Vaulx en DH, Zakariya Abarouai a fait le choix de l'AS Saint-Priest, promue en National 2, lors du dernier mercato estival. Lancé dans le grand bain en Ligue 1 à seulement 20 ans, le milieu offensif revient aujourd'hui sur son intégration au club sanpriot et évoque avec humilité son passage dans le football professionnel. S'il ne fait pas de croix sur un retour dans le monde pro, l'ancien joueur de l'ETG exprime sa détermination à réaliser une belle saison à Saint-Priest avant d'envisager (pourquoi pas) une éventuelle belle surprise en fin de saison...

Zakariya, comment ne pas revenir sur votre succès contre le leader du championnat, Andrézieux, le week-end dernier (2-0) ?

« C’est sûr que sur le papier, ils étaient largement favoris. On savait qu’ils marquaient beaucoup de buts. On était un peu dos au mur, donc tous très motivés pour cette rencontre. On a joué avec nos armes, et l’état d’esprit a été au rendez-vous. Le coach, (Christian Scheiwe) nous avait dit qu’il fallait d’abord bien défendre. Malgré les défaites, on livrait de bonnes prestations, les contenus étaient bons. On avait confiance en notre capacité à faire un résultat »

Le début de saison a été contrasté en terme de résultats justement. La direction avait fixé de hautes ambitions pour cette saison, vous attendiez-vous, personnellement, à ces complications ?

« Il est vrai que la direction avait beaucoup d’attentes au début de saison. Après, si on regarde au cas par cas dans notre équipe, il y a peu de joueurs qui ont évolué à ce niveau, on est une des seules équipes qui s’entraînent le soir. Le club a des ambitions mais il ne faut pas oublier qu’on est dans la peau d’un promu. On s’est tous dit qu’il fallait garder la tête froide. Aujourd’hui, on est au pied de la relégation mais on croit en nous. Il faut qu’on continue ce qu’on réalise actuellement, on sort déjà d’une spirale négative. On va commencer ce que j’appelle le mini championnat du maintien avec des confrontations directes contre nos concurrents. C’est là qu’on va voir si on a du caractère. Faire une série pour remonter ? On peut se donner des objectifs mais je pense que l’essentiel est de prendre match par match, afin de s’éloigner des concurrents directs, voire creuser l’écart »

Comment analysez-vous votre intégration et votre rendement depuis votre arrivée lors du dernier mercato estival ?

« Mon apport n’est pas celui qui devrait être. Mon intégration s’est très bien déroulée. Il y a beaucoup de mecs de ma génération, ça a été très vite collé avec tout le monde. Sur le terrain, j’ai évolué à plusieurs postes dans plusieurs systèmes. J’ai commencé en tant qu’avant centre dans un 3-5-2, puis sur le côté et en 10. J’ai inscrit deux buts, ce n’est pas assez. Je suis conscient de mes qualités, j’essaye d’amener ma pierre à l’édifice comme on dit, et j’espère être davantage décisif que ce soit en terme de passe décisive ou de but. Mais on peut s’apercevoir que je ne suis pas seul, il y a un gros potentiel dans cette équipes avec plusieurs joueurs capables de marquer des buts »

De quel œil observez-vous aujourd’hui le monde professionnel ? Rêvez-vous d’y goûter à nouveau ?

« Quitter le monde professionnel a été difficile pour moi. Je l’ai mal vécu. Revenir en DH à Vaulx-en-Velin m’a fait beaucoup de bien. Aujourd’hui, je ne me projette pas trop. Je ne pense pas à mon avenir même si le monde pro reste dans un coin de ma tête. Pour l’instant, je veux m’atteler à aider Saint-Priest à se maintenir. Si des offres se présentent en fin de saison, je les étudierai, comme tout joueur le ferai. Je suis loin d’en faire une obsession aujourd’hui. J’ai retrouvé ma région et mon cadre familial, pourquoi ne pas continuer l’aventure à Saint-Priest en fin de saison ? »

Quels souvenirs gardez-vous de vos apparitions dans l’élite ?

« A vrai dire, je ne suis pas quelqu’un de très nostalgique. Après, forcément, tous les mecs qui font du foot en rêvent ! Avoir la chance à vingt ans, de jouer en Ligue 1, n’a été que du bonus pour moi, même si je dois dire que j’ai vécu beaucoup de moments compliqués lors de cette période. Probablement plus que des bons d’ailleurs… »

Vous servez-vous de cette expérience pour vous imposer comme un des cadres de l’équipe, malgré votre jeune âge (23 ans) ?

« Cela apporte une certaine expérience, mais je ne crois pas trop à la notion de cadre. Aujourd’hui, je me considère davantage comme quelqu’un à qui on a permis de connaître ce niveau. Je n’y ai pas perduré et c’est aussi de ma faute. Ce n’est pas avec mon petit nombre de matches en professionnel que je vais me définir en tant que tel. Je me permet parfois d’intervenir auprès de mes coéquipiers, mais c’est toujours de façon naturelle ».