Interview Régionale

Hakim Aibeche (GF 38) : « L’ambition se prépare, elle ne se programme pas »

15/03/2019 à 15:26

Hakim Aibeche, entraîneur de la réserve seniors et directeur technique du GF38 a accepté de se confier sur son rôle au sein du club grenoblois. Il évoque les avancées et les ambitions de la structure iséroise ainsi que sa méthodologie de travail au quotidien.

« L’objectif à court terme est la création d’un centre de formation »

Cela fait plus d’un an et demi que vous avez rejoint le GF38 (juillet 2017), alors promu en National. Comment s’articule aujourd’hui votre quotidien à la fois d’entraîneur de l’équipe réserve et de directeur technique au sein du club redevenu professionnel ?

L’évolution est notoire du fait du passage de National en Ligue 2, puisque le club est devenu professionnel avec des ambitions qui sont devenues importantes au niveau de la structuration de la formation.  ambitions qui existaient déjà quand je suis arrivé en juillet 2017. Le projet a été très rapidement de monter à l’échelon supérieur et cela a été fait en un an. Maintenant, l’objectif à court terme est la création d’un centre de formation pour qu’on puisse avoir un agrément de la Fédération Française de Football. Le travail à côté de ça est la mise en place d’une politique technique commune, de partenariats avec des établissements scolaires pour que nos sections sports études permettent de libérer nos jeunes sur des horaires mieux adaptés.

Vos fonctions ont donc pris plus de poids avec le statut professionnel retrouvé…

Le passage en professionnel a simplement mis en lumière le travail qu’il nous restait à faire et l’urgence qu’on avait de tout mettre en place.

Avant d’arriver au GF38, vous avez joué puis entraîné longuement au FC Mulhouse. Comment le rapprochement avec Grenoble s’est-il effectué ?

Il s’est effectué à la suite de deux confrontations en CFA entre Mulhouse où j’étais, et le GF38. On a eu des échanges cordiaux et professionnels. Le club était a la recherche d’un coach pour son équipe réserve et avait besoin de quelqu’un également au niveau de la formation. Grenoble, même sous statut amateur était un club structuré au passé prestigieux. C’était un projet qui ne pouvait que vous faire progresser.

Vous aviez passé huit années sous les couleurs de Mulhouse. Une belle stabilité….

J’ai effectivement touché à toutes les filières en Alsace. J’ai mis en place des choses avec des moyens limités pour un club amateur, avec des résultats plus que probants au niveau de la formation. Vous savez, il y a une citation que j’affectionne beaucoup lorsqu’on clame qu’on veut atteindre tel ou tel niveau. L’ambition se prépare, elle ne se programme pas. On met les choses en place pour atteindre l’objectif, on n’arrive pas dans un club en annonçant des choses qu’on ne va pas pouvoir réaliser.

Justement, quelle est votre méthodologie de travail au quotidien ? Utilisez vous des outils pour vous accompagner dans vos fonctions ?

En effet, j’utilise le logiciel « My Coach Pro ». Il me permet travailler de façon coordonnée avec tous les pôles, de la pré-formation à la formation. Je l’utilise aussi en tant que coach pour l’équipe réserve seniors et le suivi des joueurs. J’ai un visuel très efficace sur leurs performances, et il me permet d’avancer beaucoup plus rapidement dans mon travail.

Concernant votre équipe seniors, le niveau d’écart avec le groupe professionnel (L2) ne semble pas en adéquation avec les ambitions d’un club professionnel. Est-ce important de le réduire au plus vite pour continuer à faire progresser le club ?

Bien sûr, c’est l’objectif. Mais le championnat de R1 est une division qui laisse peu de place au hasard. On affronte des équipes matures qui possèdent des joueurs cadres qui performent toute la saison. Certains ont un ou deux joueurs capables de mettre 10 ou 15 buts, ce qu’on a pas chez nous. Ce sont aussi des équipes solides derrière, ce qu’on devient maintenant. Cela va être difficile de monter cette saison, après on n’est peut-être pas à l’abri d’une belle surprise.

Les contraintes de l’entraîneur de l’équipe réserve sont connues avec notamment un groupe qui change beaucoup chaque semaine. Peut-on réellement parler de votre groupe R1 comme un vivier espoir qui peut prétendre à jouer en pro, comme c’est le cas dans les centres de formation français ?

Non, clairement, on s’apparente aujourd’hui plus à une réserve amateure. Si on sort un ou deux jeunes capables de s’entraîner et prétendre à jouer en pro, c’est déja une belle chose. Mon groupe est composé de trois, quatre cadres et de beaucoup de jeunes qui ont le niveau pour taper à la porte dans n’importe quel club de R1 ou de N3.

Vous avez évoqué au tout début de l’interview l’ambition du club de créer un centre de formation. Le but dans les années à venir est-il que le GF38 puisse recommencer à signer des contrats professionnels à ses jeunes talents ?

C’est l’essence même d’un centre de formation. L’objectif du président Stéphane Rosnoblet et du directeur sportif Max Marty est de créer un centre d’entraînement assez rapidement pour travailler de façon plus efficace en matière de formation. Il nous permettra en ce sens d’alimenter l’équipe première dans les années à venir.

 

Crédit photo : FD