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Abdoulaye Diawara : « J’aurais aimé côtoyer le monde professionnel en France »

12/08/2020 à 17:06

Rencontre avec Abdoulaye Diawara (37 ans), l'actuel arrière droit du SAR Colmar (National 3) a signé son retour au club cet été. Passé par le Paris FC, le CA Bastia, Épinal ou encore le C’Chartres Football, le Francilien qui a connu le monde pro en Belgique se livre sur son parcours !

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je suis assez fier de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. Au départ quand j’ai commencé dans mon club de quartier à 6-7 ans, j’ai vite accroché au football. Mes grands frères étaient dedans. Cela m’a donné une source motivation parfaite pour faire du foot. L’envie de devenir footballeur professionnel est venue très tôt. Avant d’avoir 10 ans, je savais que le football était un sport que j’aimais beaucoup et que ce serait ma passion !

Quel regard portez-vous sur votre évolution depuis vos débuts en National avec le Paris FC ?

J’ai commencé en 2007 en National au PFC, sous les ordres de Jean-Guy Wallemme. Le niveau du National à cette époque était pour moi très élevé. Il y avait des joueurs qui ont eu une très belle carrière ensuite comme Olivier Giroud (Istres) ou Laurent Koscielny (Tours). Beaucoup de très bons joueurs sont passés par cette division quand j’y étais. Pour y avoir passé près de 10 ans, j’ai trouvé que le niveau technique régressait d’année en année. Le niveau physique en revanche a beaucoup augmenté au fur et à mesure du temps. Les équipes ne voulaient pas perdre. Ma dernière saison à Épinal en est le reflet, avec des équipes qui balançaient des ballons devant et restaient en bloc bien bas. Ils ne produisaient pas forcément du beau football…

Un mot sur votre passage au Paris FC ?

Je garde un très bons souvenirs de mes cinq saisons là-bas. J’ai connu des joueurs et coachs de très bonne qualité. J’ai vécu un beau parcours en Coupe de France lors de ma première saison, où nous sommes sortis en 16e par un club de Ligue 2, Dijon. Il régnait une belle ambiance dans le vestiaire. C’est ce qui est important pour nous, de bien nous entendre et cela se ressentait sur le terrain. Ma dernière saison avec le PFC a été difficile car nous avons joué le maintien et on est descendu. Personne n’avait baissé les bras et on s’était battu jusqu’au bout. Je garde un très souvenir du président Pierre Ferracci avec qui je suis toujours en contact et qui a été pour moi quelqu’un de très important.

Vous avez ensuite connu une expérience en Belgique à Saint-Trond (D1)…

J’en garde un souvenir assez mitigé. Tout avait bien commencé au départ sous les ordres de Marc Wilmots qui m’avait fait venir. Je ne connaissais alors que le niveau CFA, je n’avais que 21 ans… C’était un monde nouveau pour moi, le monde professionnel. C’était quelque chose d’excitant car je signais mon premier contrat pro. J’ai dû faire mes preuves et le coach m’a lancé en tant que titulaire. Cela s’est bien passé et j’ai même réussi à marquer une fois. Collectivement, on avait un manque de résultats et Wilmots s’est fait virer rapidement alors que le projet était sur deux ans. À partir du moment où il s’est fait virer, la politique du club voulait que les joueurs non belges ne jouent plus en équipe première. J’ai évolué en réserve à partir de ce moment-là. Néanmoins, j’avais pu jouer contre de grands joueurs comme Vincent Kompany ou Sérgio Conceição. J’ai connu pas mal de galères au niveau santé. J’ai préféré rentrer en France et repartir de zéro.

Des regrets de ne pas avoir joué en Ligue 1 ou Ligue 2 ?

Oui et non car j’ai tout donné en évoluant en National. J’ai fait des belles performances comme de moins bonnes. Je pense que j’avais fait ce qu’il fallait pour évoluer en Ligue 2 ou en Ligue 1. Peut-être à un moment, j’aurais pu avoir l’opportunité quand Jean-Guy Wallemme a quitté le PFC pour aller au RC Lens, il a voulu m’emmener avec lui dans ses bagages. Cela ne s’est pas fait car un joueur devait quitter le club pour que je vienne et il n’est jamais parti. Deux ans après, j’ai eu des contacts avec un club de Ligue 2, Laval, mais cela ne s’est pas fait. J’aurais aimé côtoyer le monde professionnel en France aussi mais je suis très content de ma carrière en National.

Vous avez signé à Colmar en National 3 durant l’intersaison, un niveau où vous n’avez encore jamais évolué…

Je vais découvrir, je n’ai jamais connu ce niveau. Je devais prolonger à Haguenau, mais j’ai une histoire assez forte avec Colmar quand j’étais en National. Ils m’ont contacté pour que je vienne donner un coup de main, encadrer les jeunes et aider le club à monter au plus haut niveau. Je n’ai pas hésité très longtemps… C’est un très bon niveau. J’ai déjà joué contre des N3 et ce fut de très bonnes oppositions. J’espère que l’on va bien figurer dans ce championnat.

Avez-vous réfléchi à vote reconversion ?

J’ai vraiment envie de finir ma carrière à Colmar. C’est un club auquel je suis attaché. J’aimerais que ce club retrouve le National 1. On s’est mis d’accord avec les dirigeants pour qu’au moment où j’arrêterais ma carrière, il y aura une reconversion à la clé. J’ai fait du football toute ma vie. Le football m’a beaucoup donné et beaucoup appris. C’est la chose dans le vie que je connais le plus. J’espère rester dans ce monde à la fin de ma carrière que ce soit comme entraîneur ou autre…

Quelle importance a le Red Star pour la famille Diawara ?

Le Red Star, c’est le club de la famille. Mon père, même s’il n’y a jamais joué, y est attaché. On y est tous passé. Il a suivi les résultats quand nous avons évolué là-bas que ce soit en jeunes ou mes frères en équipe première et en pro. Tous mes frères, et moi aussi, avons suivi les résultats du club même quand il a déposé le bilan et qu’il est redescendu en DH. Quand j’ai l’opportunité de revenir sur Paris et qu’il y a un match du Red Star, j’y vais ! C’est le premier club que l’on supportait en famille. Nous aurons toujours le Red Star dans nos cœurs. Cela ne changera jamais. Même nos enfants, neveux et nièces, connaissent quelque chose du Red Star. J’y ai joué en 2006 en CFA quand je suis revenu de Belgique. Les supporteurs même à l’extérieur venaient nous voir. Ce fut un passage bref mais fort !

Propos recueillis par Nicolas Cotten.