Interview

Baïssama Sankoh : « Du jour au lendemain, un amateur peut devenir professionnel »

19/09/2019 à 13:15

Rencontre avec Baïssama Sankoh, milieu de terrain professionnel de 27 ans du Stade Malherbe de Caen, passé par Guingamp et Brest. Le natif de Nogent-sur-Marne, formé par l'AAS Sarcelles, s'est livré sans concession au micro d'Actufoot !

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé et joué à l’AAS Sarcelles jusqu’en U14 fédéraux, puis j’ai signé à Guingamp. J’ai fait toutes mes classes là-bas et j’y ai signé pro. J’ai été prêté un an au Stade Brestois avant de revenir à l’En Avant Guingamp. Et depuis deux saisons je suis au Stade Malherbe de Caen.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années à Sarcelles ?

J’étais jeune, c’était le « football quartier », j’étais entouré de mes amis.

Avez-vous gardé contact avec votre ancien coach Djilalli Bekkar ?

Oui, ça nous arrive de nous écrire de temps en temps. On avait une très bonne relation. C’était un jeune entraîneur, il savait nous comprendre, il savait comment on fonctionnait. C’est ce qui a marché entre lui et nous. C’est un bon entraîneur et nous sommes restés en contact aujourd’hui encore.

Quel regard portez-vous sur le monde amateur ?

Il y a un écart au niveau des structures, au niveau financier, mais sinon du jour au lendemain, tu peux être amateur et devenir professionnel. Ça ne tient à rien, il faut juste travailler. Certains joueurs qui ne sont pas passés par des centres de formation ont largement le niveau de certains professionnels et peuvent réussir.

Qu’est-ce qui vous a permis de partir à Guingamp selon-vous ?

J’avais réalisé une belle saison avec les U14 de Sarcelles, même si nous sommes descendus et je pense que mes performances m’ont permis de signer là-bas. J’étais en contact aussi avec Troyes, mais Guingamp m’a montré beaucoup d’intérêt.

Le Stade Malherbe de Caen était-il votre seul choix après l’En Avant Guingamp ?

Ce n’était pas mon seul choix, mais j’ai privilégié le club qui m’a porté le plus d’intérêts et qui a été le plus insistant pour me récupérer. Caen comptait vraiment sur moi.

Actuellement, vous êtes efficace -3 buts marqués, est-ce une surprise pour vous ?

Ce sont mes 3 premiers buts en professionnel. Ce n’est pas une surprise car il fallait que je marque avant la fin de ma carrière. Ça fait plaisir, ça montre aussi que je travaille bien et que je suis bien revenu.

Le Stade Malherbe de Caen est classé 16ème de Ligue 2. Comment expliquez-vous ce début de championnat poussif ?

On n’a pas eu toutes nos recrues, le recrutement s’est terminé tardivement. On n’a pas pu travailler tous ensemble. Il y a beaucoup de nouveaux, la mayonnaise va prendre même si on n’a pas de temps. Il y a un nouveau coach aussi, une nouvelle tactique.

Quelles sont les ambitions du club cette année ?

Je pense que dans nos têtes la priorité est la montée, après ça va être compliqué. On a tous une part de revanche en soi, on veut remonter en Ligue 1.

La descente a-t-elle été longue à digérer ?

J’étais forcément déçu. Si nous sommes descendus, c’est qu’on ne méritait pas de rester en Ligue 1. Il faut tout effacer, travailler et remettre les pieds en Ligue 1. Nous avons un goût amer par rapport à tout ça.

Comment avez-vous vécu votre faible temps de jeu la saison passée ?

Mal, mal… Je pense que j’avais mon mot à dire, j’avais ma carte à joueur. Après le coach faisait ses choix. C’est une saison très décevante. C’est le football. La vérité d’aujourd’hui n’est pas la vérité de demain. Le nouveau coach me fait confiance et c’est tant mieux.

Le duo Courbis / Mercadal a-t-il vraiment fonctionné ?

La descente prouve que non, mais on a réalisé des bonnes performances, une bonne série. Nous sommes remontés au classement, mais on a craqué en fin de saison.

Vous avez été blessé en fin de saison dernière et vous avez donc raté la CAN avec la sélection guinéenne. Pas trop déçu ?

Oui très déçu, je me suis blessé 4 jours avant la compétition. J’avais joué tous les matches de préparation. C’est vraiment une année à oublier. Il faut repartir de l’avant.

On parle de vous au poste de sentinelle, de relayeur. Quel est votre poste préféré ?

Je n’en ai pas, du moment que je joue au milieu. Pas de préférence, je peux m’adapter aux deux.

Quelles sont vos relations avec le nouveau coach Rui Almeida ?

Il est très tacticien, très carré, avec beaucoup d’exigence, avec beaucoup de répétitions. Il est très rigoureux. Ça ne se voit peut-être pas maintenant, mais sur le long terme ça va porter ses fruits.

Comment se comporte le public du stade Michel d’Ornano avec ses joueurs ?

Il est derrière nous, mais c’est un public assez dur et ils n’ont pas torts. Caen est un club de Ligue 1 et non de Ligue 2. Parfois, on a besoin d’eux un peu plus. A nous de faire des matches références. Le public sera derrière nous dès le prochain match contre le RC Lens, j’en suis sûr.

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour cette nouvelle saison ?

Pas de blessures, joué le plus de matches possibles et monter en Ligue 1.

Propos recueillis par Farid Rouas.

Crédit Photo : EAG

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