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Bilal Brahimi, le talent de Cergy et St-Ouen l’Aumône, qui s’est exporté à Middlesbrough

10/10/2018 à 15:15

Natif de Cergy Pontoise, Bilal Brahimi (2000) a fait toutes ses gammes dans le Val-d'Oise, du quartier jusqu'aux U17, avant de s'envoler à seulement 16 ans pour le Portugal, puis de filer vers l'Angleterre. Aujourd’hui, l'ailier tout juste majeur brille chez les jeunes de Middlesbrough (D2 anglaise), club avec lequel il vient de faire ses premiers pas en pro. Pour couronner le tout, Bilal a tout juste été retenu par le sélectionneur de l’équipe de France U19, Lionel Rouxel, pour le rassemblement du mois d’octobre. Retour sur l’itinéraire d'un futur crack.

« C’est un gaucher avec du talent. Il a un style de jeu qui attire l’œil. Une coupe de cheveux un peu extravagante, qui attire aussi. On le remarque tout de suite sur un terrain », tels sont les mots de l’un de ses anciens coachs…

« Il ressemble à Hatem Ben Arfa »

Petit retour en arrière pour ce tout jeune footballeur. Bilal Brahimi, aussi appelé « Bilou », a découvert le ballon rond au plus jeune âge dans le quartier de la Colombie à Cergy-Saint-Christophe. « Dès que j’ai eu un ballon entre les pieds, je ne l’ai plus lâché », raconte l’intéressé. Mais le talentueux gaucher n’a commencé en club qu’à partir de la catégorie de U11 au Cergy Pontoise FC, où il est resté jusqu’en U15. Il a ensuite rejoint l’AS Saint-Ouen l’Aumône en U16 pour une saison. Son entraîneur de l’époque, Yacine Guesmia se souvient. « C’était un joueur capable de faire la différence, avec une technique au-dessus de la moyenne. Il a souvent débloqué des situations chez nous… »

Après quelques mois au-dessus du lot en U16, Bilal intègre les U17, non sans quelques difficultés. « Il a eu un peu de mal au début car le jeu est plus physique, avec moins d’espaces, moins de libertés ». Mais au fil du temps et à force de persévérance, « il a pris ses marques ». Yacine Guesmia connaît le circuit, étant aussi scout pour le PSG, il le compare à un ancien international français. « Il ressemble à Hatem Ben Arfa. Il a besoin de libertés, de ne pas avoir de contraintes. »

La famille comme moteur de sa réussite

Pour Bilal Brahimi, tout va basculer lors d’un test au Racing Colombes. Un recruteur, de passage pour la finale de Coupe d’Europe France-Portugal, le remarque et lui propose de faire un essai à Leiria (Portugal). Il rejoint donc la péninsule ibérique et y reste 1 saison, « très positive » de ses mots. À l’été 2017, Middlesbrough, qui le suivait également, lui propose de signer un contrat de 2 ans au terme d’un essai de 10 jours et de bons matches amicaux.

Moteur de cette réussite en dehors des frontières hexagonales, le soutien sans faille de ses parents. « Mon père a toujours été au bord des terrains, mais franchement, ma mère a aussi été extraordinaire. Elle m’a toujours fait confiance. Mes parents m’ont facilité la tâche… »

Un premier match en professionnel

Aujourd’hui, Bilal Brahimi joue contre les meilleures équipes d’Angleterre : Manchester, Newcastle, Fulham, Norwich, et bien d’autres… Dans un championnat « très serré et d’un niveau très relevé. Toutes les équipes sont fortes.Chaque week-end, il y a des gros matches », apprécie la pépite francilienne. Lors de sa première saison sous les couleurs des Boro, Bilal a marqué 8 buts et délivré 14 passes décisives en U18. Il a attaqué sa deuxième année outre-Manche avec les U23, mais ses prestations n’ont pas laissé indifferent le coach de la première, Tony Pulis. Ce dernier lui a donné sa chance pendant 45 minutes, le 28 septembre dernier, en League Cup.

Dans ce club loin de Cergy, situé sur la rive sud du Tees, Bilal n’est pas tout seul, il est entouré de frenchies durant son temps libre. Le natif du Val-d’Oise n’a pas non plus oublié ses racines. Il retourne dès qu’il le peut chez lui, les week-ends sans match, afin de se ressourcer. « Ca me fait du bien de voir ma famille et mes amis ».

« Chacun son heure, chacun son temps »

Son épanouissement et sa progression n’étonnent pas son ancien coach Yacine Guesmia. « Bilal avait besoin de structures comme Lieria et Middlesbrough. » D’après lui, le profil de son protégé est une grande force. « Il y a très peu de joueurs comme lui. Des solistes, des dribbleurs, il n’y en a plus beaucoup ! » Le Franco-Algérien a parcouru du chemin malgré son jeune âge, mais il ne s’enflamme pas. « Autour de moi, je connais des talents et ils n’ont pas eu encore cette chance de faire des essais. Je leur souhaite de continuer d’y croire. Pour moi, c’est chacun son heure, chacun son temps. »

Par Farid Rouas et Julien Guibet.

Crédit Photo : Middlesbrough / EverythingMFC

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