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Boubakar Coulibaly (Sarcelles) : « Cet arrêt est comme un coup de massue »

29/10/2020 à 15:08

La Fédération Française de Football a décidé de suspendre toutes les compétitions de football amateur jusqu’au 1er décembre. La Ligue 1, Ligue 2, National 1, D1 féminine et les Équipes de France ne sont pas concernés par cette mesure. Pour Actufoot, Boubakar Coulibaly, Président du club de l’AAS Sarcelles est revenu sur les décisions prises ce matin.

Comment avez-vous pris cette annonce de suspendre le football amateur ?

« Nous nous y attendions. De toute façon ils suspendent les compétitions jusqu’au 1er décembre, mais nous savons très bien que cela va durer jusqu’à Noël. Ça va être encore compliqué car nous ne pouvons pas accueillir les enfants. Nous sommes énormément frustrés. »

Attendez-vous des aides de la fédération pour pallier au manque d’argent ?

« Bien-sûr, nous espérons obtenir des aides car nous en avons besoin clairement. Pour certains clubs, cet arrêt est comme un coup de massue. A un moment donné, il y a des parents qui vont venir nous voir pour se faire rembourser une partie de la licence. Aujourd’hui, il n’y a pas d’argent qui rentre grâce à la buvette mais nous devons quand même sortir de l’argent pour pourvoir payer nos neuf salariés. »

Etes-vous inquiet pour le reste de la saison ?

« Si cette pause dure un mois, ça va, ça peut aller mais si ça dure trois mois, je ne sais pas comment nous allons finir la saison. Aujourd’hui, nous avons quatre matchs et il nous en reste vingt-deux à disputer. L’objectif est maintenant de finir la saison car nous ne pouvons pas rester sur deux années consécutives sans finir le championnat. »

Comprenez-vous le choix de continuer le football professionnel et de mettre de côté celui amateur ?

« Oui, je comprends car indirectement, ce sont les professionnels qui financent les amateurs via les droits télés. Cinquante millions d’euros de la Ligue 1 sont reversés à la fédération et cet argent est forcément reversé aux amateurs.  Les clubs professionnels ont aussi les moyens techniques et financiers de mettre des protocoles en place, chose que nous ne pouvons pas faire. Les joueurs professionnels sont testés deux fois par semaine. Nous en amateur nous ne pouvons pas le faire à chacun de nos joueurs et ce deux fois par semaine. »