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Le Cergy-Pontoise FC sur le point de résoudre l’équation « quantité + qualité »

14/02/2020 à 11:45

Avec ses 1289 licenciés, le Cergy-Pontoise FC fait partie des mastodontes du football français : il se classe à la 8ème place nationale. Pourtant, ce club n'a pas encore soufflé ses 15 bougies et nourrit déjà de hautes ambitions. Découverte !

Depuis sa création en 2005, le Cergy Pontoise FC ne cesse de grandir et a encore un appétit d’ogre. Pour le directeur technique Gérard Bellehigue, au club depuis son lancement, deux facteurs expliquent ce nombre important d’adhérents. « Nous sommes le seul club voulu par la municipalité (Ndlr : la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise compte plus de 200 000 habitants). De plus, la population est jeune, beaucoup ont moins de 30 ans. »

Et pour gérer tout ce petit monde, le CPFC se repose sur les principes d’une « grande entreprise ». « Il faut une organisation très pointue et rationnelle, des process bien établis et connus de tous, mais il faut aussi que chacun reste bien dans ses missions, explique le technicien val-d’oisien. C’est le secret pour réussir. Et à partir de là, il n’y a pas de limite. Il n’y a que les infrastructures qui peuvent limiter et qui vont déterminer le nombre d’enfants que l’on va accueillir. »

Un stade de 1000 places

Parti de 800 licenciés à sa création en 2005, le club a vu sa base d’adhérents grimper au fil des années pour atteindre les 1530, avant de se stabiliser autour des 1300. « Le nombre de 1500 était une volonté de la municipalité, commente Gérard Bellehigue. Puis, elle a souhaité privilégier la qualité de l’accueil à la masse. On a réduit un petit peu nos effectifs, notamment sur les 13-14 ans car on avait des problématiques d’infrastructures d’accueil. Nous n’avions pas assez de terrains surtout pour les créneaux très occupés de 18h-20h. La municipalité nous a autorisé et conseillé de réduire un peu les effectifs. Si on avait laissé faire, on serait à plus de 1500 car on a refusé au moins 200 enfants et on en a éjecté une centaine d’autres parce qu’on ne pouvait plus les accueillir. »

En matière d’infrastructures, le club de Cergy-Pontoise peut se reposer sur son stade Salif Keïta, du nom de l’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille et de l’AS Saint-Etienne. Installé sur la plaine de loisirs des Linandes, le complexe est doté de quatre synthétiques et le terrain d’honneur possède une tribune de 1 000 places (voir photo ci-dessus). De manière plus générale, il faut savoir que Cergy est l’une des villes les mieux équipées pour faire du sport en région parisienne avec plus de 5 équipements pour 1 000 habitants selon une étude de l’agence Qualiscore.

Bientôt une SCIC pour allier quantité et qualité

Malgré son très grand nombre de licenciés, le Cergy Pontoise FC est parvenu à hisser et maintenir toutes ses équipes A au niveau Ligue. Les U14 et U16 sont en R2, les U18 en R3, et les séniors sont dans la course à la montée en R1. La politique du club ? « C’est la formation des jeunes selon les directives de la DTN. Cela se traduit par des entraîneurs diplômés et formés pour amener nos meilleurs jeunes vers le haut niveau, les centres de formation professionnels français ou étrangers. Pour les autres, les servir selon leurs propres besoins autant dans la compétition que dans le loisir. »

Malgré tout, allier quantité et qualité reste une problématique pour le club francilien : « nous sommes arrivés au bout d’un processus : notre qualité est freinée par la quantité », expose son directeur technique. Pour remédier à cela, les Cergy-Pontains comptent adosser à l’association une Société Civile d’Intérêts Collectifs. « Elle va nous permettre d’aller vers la performance, se réjouit Gérard Bellehigue. On a pour projet d’ici la fin d’année sportive de créer cette SCIC afin de transposer une partie compétition (les meilleures équipes de filles ou de garçons), une organisation d’accueil et une gestion citoyenne de l’enfant. On va aider certains jeunes à atteindre la performance football, tout en proposant aux autres du loisir avec une partie insertion professionnelle. »

L’objectif sportif du club est « d’atteindre le niveau professionnel pour les seniors et les jeunes ». Mais au-delà de ça, le CPFC mise beaucoup sur son projet académique de formation et d’insertion professionnelle. « On veut créer un lien entre le club, l’entreprise et les villes. C’est un travail de longue haleine. On sait qu’il ne faut pas se précipiter, il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte. On procède par étapes. »

Un partenariat prolifique avec l’AJ Auxerre

Mais l’élite, le Cergy Pontoise FC le touche déjà du bout des doigts dans le cadre de son partenariat avec l’AJ Auxerre, en place depuis 5 ans. Cette alliance réside en des échanges techniques à travers des réunions. Le club du 95 s’engage aussi à présenter prioritairement à son homologue bourguignon ses meilleurs jeunes, mêmes s’ils peuvent signer ailleurs. « Aujourd’hui, nous sommes très satisfaits, lance le DT val-d’oisien. À peu près neuf de nos jeunes sont passés par l’AJA et deux sont devenus professionnels. Jusqu’à présent, Auxerre n’a refusé aucun joueur de Cergy. »

Crédit Photo : CPFC