National 1Interview

Édouard Daillet (Red Star) : « Être capitaine ne va pas changer ma façon de jouer »

30/11/2020 à 16:31

Arrivé cet été en provenance de Boulogne-sur-Mer, Édouard Daillet est l'un des hommes forts de Vincent Bordot, cette saison au Red Star. Le défenseur et désormais capitaine, a accepté de répondre aux questions d'Actufoot. Il aborde le début de saison compliqué, la crise sanitaire qui a touché le club, les très bons résultats actuels ainsi que le niveau de jeu de certains de ses coéquipiers. Entretien.

Le Red Star a joué 14 matchs de National 1 et est deuxième, quelle bilan faites-vous de cette première partie de championnat ?

Le début était un peu poussif, on va dire. Tout le monde a mis du temps à se trouver, tout le monde s’est cherché plus ou moins aussi. C’était en partie un nouveau groupe, il y a eu beaucoup de changements. Je crois qu’on est 13 nouveaux quand même, donc sur un groupe de 28 c’est pas mal. Il y avait un nouveau système aussi au départ. On n’avait pas vraiment de repères et puis finalement on est retourné aux bases. Par la suite, hasard ou coïncidence, ça a déclenché la première victoire, puis la deuxième et la troisième, puis c’est parti après quoi.

Personnellement, vous venez d’arriver et c’est votre premier contrat professionnel. Comment s’est passée votre adaptation ?

Je n’ai pas eu de mal à m’intégrer. J’avais une expérience de Boulogne qui avait été plus délicate donc qui m’avait un peu préparé à une nouvelle adaptation, et finalement j’avais cette expérience là pour moi. Ça m’a aidé à me sentir bien tout de suite, ça m’a aidé à appréhender le regard des autres, du staff, de tout ça, sans en faire trop, sans non plus trop s’effacer. En abordant le côté sportif un peu plus sereinement et un peu plus déterminé aussi. L’un dans l’autre ça s’est plutôt bien passé. Ça s’est confirmé après dans les choix puis le statut qui m’a été donné.

Édouard Daillet
Édouard Daillet sous les couleurs du Red Star. (crédit : @instants photoballistiques)

Justement par rapport à ce statut de capitaine, c’est une fierté pour vous dans un club comme le Red Star ?

Oui bien-sûr mais ma manière de fonctionner restera la même, c’est-à-dire essayer de pas se monter la tête sur ça. Après c’est clair, ça fait toujours plaisir, on ne va pas se le cacher. C’est toujours sympa d’avoir le brassard, ça fait un peu plus parler les gens, on se sent un peu plus regardé. Ce sont des petits trucs qui sont bien au quotidien mais dans ma personnalité je ne vais pas surjouer par rapport à ça. Cela ne va pas changer ma façon de jouer. Au contraire, c’est plus motivant pour moi de donner plus d’envie au groupe. Je dois bien rendre ça au staff et au club. Ça ne génère que de l’énergie positive.

L’objectif pour vous et le Red Star est bien évidemment la montée ?

Oui, je crois que quand l’on s’engage dans une compétition, l’objectif c’est d’en sortir par le haut. Après, je sais que je ne suis pas venu avec l’idée de jouer pour le maintien. Aujourd’hui on connaît le championnat de National 1, je ne vais pas me mouiller, je vais faire comme tout le monde dans la communication. Le championnat est dense, chaque début de saison on annonce 8 ou 10 prétendants mais il n’y a que deux places. On joue, nous sommes des compétiteurs, donc l’idée c’est forcément d’être en haut. Après il y a la vérité du terrain qui rentre en jeu. On essaie d’être dans le vrai pour prétendre à ça sur le terrain.

Édouard Daillet : « Damien Durant ? La coqueluche du moment. 

Cheikh Ndoye ? C’est la force de la nature »

Damien Durant en est à 7 buts actuellement, il est le meilleur buteur du club. Qu’avez-vous à dire sur ses performances ?

Bizarrement vous me parlez de lui je ne comprends pas trop (rires). C’est la coqueluche du moment. Le petit gars sympa qui arrive de National 2, qui est un peu la surprise j’allais dire pour les gens qui ne le connaissent pas. En revanche, pour ceux qui le connaissaient ils savent très bien qu’il a le potentiel pour la National 1. C’est un bon joueur, il n’y a pas de secret. Après les bons joueurs sont vite récompensés. Tant mieux pour lui et pour nous. S’il marque des buts c’est qu’on prend des points. On l’appelle « Papi » il a une dégaine du mec de 40 ans, c’est marrant. Il a 24 ans mais c’est un mec qui ne se prend pas la tête, il est sympa, il s’est bien intégré à la vie de groupe. C’est un bon gars comme on dirait.

Concernant Cheikh Ndoye, passé par la Ligue 1 et l’étranger, son arrivée dans le club a-t-elle apporté quelque chose à l’effectif ?

Non ça ne révolutionne pas le quotidien du groupe, déjà je ne le connaissais pas du tout. Je ne suivais pas énormément le foot en dehors de celui que je joue. Je ne l’avais jamais vu jouer, je le connaissais de nom, mais sinon je ne voyais pas du tout qui il était. C’est dingue mais je trouve qu’il dégage vachement d’humilité avec le CV qu’il a. Il aurait pu arriver en gonflant le torse, en roulant des épaules et puis en prenant tout le monde de haut. Il a été hyper humble et discret avec pas mal de pudeur. C’est vraiment dans le respect, dans l’envie de se fondre dans le groupe. Donc c’est plus lui qui a pris le rythme du groupe mais en apportant ce côté parce qu’il dégage quelque chose, il est écouté. Même s’il ne prend pas beaucoup la parole, quand il le fait tout le monde écoute. C’est bénéfique pour tout le monde.

Damien Durand - Cheikh Ndoye
Cheikh Ndoye prenant dans ses bras Damien Durand après un de ses buts.

Il a déjà joué une centaine de matchs à haut niveau, ça se ressent sur le terrain ?

Sur la dimension athlétique tout de suite oui, tu le sens il dégage quelque chose, c’est la force de la nature. C’est de la puissance à l’état pur surtout sur le ballon aérien, le ballon entre deux. Même sur la course, sur les 3-4 premiers mètres. Sur la dimension athlétique on sent tout de suite que c’est une autre gamme quoi.

Par rapport à l’arrêt des championnats amateurs, ça vous fait quoi de les voir arrêtées d’un coup ?

En soit, moi sur mon quotidien ça n’a pas d’impact mais c’est ce que j’ai connu jusqu’à mes 20-22 ans. C’est vrai que de temps en temps, quand on y réfléchit un peu et qu’on se remet à cette place-là, j’aurais du mal à me dire que je ne peux plus m’entraîner, que je ne peux plus jouer. J’aurais du mal et c’est triste pour eux. Après la solution, je ne sais pas qui l’a mais c’est vrai que c’est dommage.

Édouard Daillet : « Le premier succès a lancé le truc »

Il y a eu plusieurs reports de matchs pour le Red Star suite à des joueurs testés positifs à la Covid-19. Comment vous avez vécu cette période au sein du club ?

Alors me concernant, j’ai toujours été négatif sur chaque test. Au début il y a eu beaucoup de doutes, on s’est dit « mince, comment ça va se passer ? Ça va trainer ? » D’un test à l’autre il y avait de nouveaux cas, donc on s’est demandé quand ça allait s’arrêter. Quand on a regardé le calendrier, on s’est clairement dit que ça allait être une galère pour rattraper tout ça. Puis après finalement, l’allègement du calendrier avec la Coupe de France nous a fait du bien. Les 9 joueurs positifs du groupe n’ont pas eu de gros symptômes. C’est vrai qu’après le protocole de 15 jours, tout est rentré dans l’ordre pour nous. Il y a eu le retour de la routine habituelle, tout le monde allait bien. Finalement, après l’inquiétude tout est reparti et on a commencé à enchaîner les victoires. On n’y pense plus beaucoup maintenant.

Les débuts ont été compliqués, un match en particulier a-t-il servi de déclic ?

Le premier succès a lancé le truc. La première victoire, on voulait la chercher absolument car c’est sur elle qu’on allait se baser pour reprendre de la confiance. En termes de contenu, je ne pense pas que c’était un match référence mais on a pris 3 points très importants et ça a eu un véritable impact pour la suite. On n’a pas connu de matchs référence sinon, mis à part quelques-uns où le collectif est resté soudé. Contre Orléans quand on termine le match à 10 sur un nul, contre Créteil quand on marque en fin de match alors que c’est une rencontre fermée et un derby. Pour les supporters, c’est un match avec une saveur particulière. Le match de Bourg a fait du bien après un revers. Défaite avec un contenu intéressant et qu’on perd alors que rien ne nous sourit. Face à Bourg, c’était tout l’inverse et en termes d’efficacité on peut parler de match référence.

Red Star
Le Red Star vainqueur (4-0) sur la pelouse de Bourg-en-Bresse.

Ça fait quoi de jouer les matchs à huis clos au Stade Bauer ? Vous sentez qu’il y a quelque chose en moins sans les fans ?

Ouais, surtout Bauer ! Après je n’ai jamais connu vraiment la tribune pleine parce que dès mon arrivée il y a eu les restrictions de capacité. Mais déjà avec les restrictions je trouvais que c’était quelque chose. Les mecs qui l’ont vu vécu me disent « ce n’est rien, d’habitude c’est le double ! » C’est vrai que ça fait bizarre. Ça joue beaucoup. Comme un match contre Créteil où tu gagnes 1-0, c’est l’explosion avec eux. C’est peut-être eux qui font basculer le match. On essaie de faire le boulot quand même malgré tout. Il faut jouer.

Message d’Abderrahim (agent d’Édouard Daillet) :

« C’est un super joueur qui est solide défensivement avec une bonne relance et un bon sens du placement sur le terrain. Il fait un super début de saison, je suis fier de lui. Humainement, il n’y a rien à dire, c’est un joueur très sérieux et travailleur qui mérite une Ligue 2 pour la saison prochaine. Qu’il continue comme cela, Édouard a tout mon soutien. »

 

Propos recueillis par Nicolas Issner.