Portrait

Fabrice Mamoni, la fine gâchette du Claye-Souilly SF

16/01/2020 à 16:02

À bientôt 31 ans, il continue de martyriser les défenseurs et les gardiens adverses. Actuel meilleur buteur de la Ligue de Paris Ile-de-France avec 10 réalisations, l’attaquant seine-et-marnais fait le bonheur de son club, en course pour la montée en Régional 1. Rencontre.

Mercredi soir, c’était galette des rois au Claye-Souilly Sportif Football (Régional 2). On ne sait pas s’il a eu la fève, mais sur les terrains franciliens, c’est déjà le roi des buteurs. Fabrice Mamoni pointe en tête du classement des meilleurs réalisateurs de tous les championnat régionaux. Avec 10 buts inscrits en 10 journées (dont 5 lors des trois derniers matchs), l’attaquant clayois confirme sa réputation et une dernière saison déjà prolifique (24 buts). Seul Mamadou Baldé, le buteur de Neuilly-sur-Marne (leader du groupe C de R2 avec deux points d’avance sur Claye-Souilly), parvient à lui tenir tête (10 buts également, mais Mamoni possède un meilleur ratio match/but).

« Il me fait penser à Drogba« 

En fait, cet athlète (1m85 pour 90 kg) est une machine à marquer. Cette saison, c’est presque « Monsieur 50% » de Claye-Souilly (auteur donc de 10 buts sur les 21 inscrits par son équipe en championnat). Encadré et alimenté en ballons par les vieux sages et ex-pros Olivier Thomert (39 ans) et Cédric Moukouri (40 ans), Fabrice Mamoni se régale. « C’est un vrai buteur, un mec de surface, résume Patrick Latraye, son entraîneur. Il ne va pas très vite, mais il est costaud sur ses jambes. Fabrice ne pense qu’à marquer. Il me fait penser à Drogba. Et en plus, il est facile à gérer. C’est une crème ! »

Quand on regarde dans le rétro, on se dit que le natif de Noisy-le-Sec (31 ans le 18 mars) aurait dû évoluer plus haut. Il est pourtant passé par les 14 fédéraux du Red Star et les 16 ans nationaux du Paris FC. A Noisy-le-Sec, il figurait même dans le groupe CFA 2 à 18 ans. Mais le courant n’est jamais passé avec Nasser Sandjak, l’entraîneur noiséen. « J’ai grandi uniquement avec ma mère et je n’avais personne pour me conseiller », explique ce garçon d’origine congolaise. D’où ce choix étonnant de quitter Noisy pour jouer à Rosny-sous-Bois en District avec ses potes. « Je suis reparti de zéro », confie-t-il.

« Le sens du but, on l’a ou on ne l’a pas »

Milieu défensif de formation, c’est aux avant-postes qu’il va se révéler. Avant son arrivée à Claye-Souilly en 2018, il y aura eu Livry-Gargan (où il héritera du surnom de « striker »), de nouveau Noisy-le-Sec et Vincennes, où ce fan de Ronaldo (le Brésilien) remportera le Soulier d’Or décerné par la Ligue de Paris Ile-de-France en 2015 avec 30 buts marqués en PH. « Le sens du but, on l’a ou on ne l’a pas, affirme Fabrice, catégorique. Sans me vanter, je suis un tueur. Cette saison, j’espère marquer davantage que l’an passé. Mais si ce n’est pas le cas et qu’on monte, je prends aussi ! On forme un vrai groupe et la montée est notre objectif. Certains joueurs ont 40 ans, mais sur le terrain, ça ne se voit pas. Leur envie est un exemple pour tous les jeunes de l’équipe. »

Lui aussi ne ménage pas sa peine sur et en dehors du terrain. Animateur au service enfance de la ville de Livry-Gargan (il travaille dans les écoles maternelles et primaires) et habitant à Malakoff, il avale les kilomètres pour rallier Claye-Souilly. « Ça use un peu, mais je prends tout cela avec joie », confie-t-il. Pour tenir le rythme, Fabrice peut compter sur le soutien d’Emy, sa compagne, présente à chacun de ses matchs : « Elle aime venir me voir jouer. Je lui ai transmise ma passion. Elle a son regard. » Dimanche, contre Gennevilliers, Emy sera là et espère voir son goleador chéri marquer. Encore et toujours.

Crédit Photo : Claye-Souilly SF