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Kokoku, l’équipe à la « Olive et Tom » qui a fait tomber les Nationaux de l’ACBB et du TFC !

26/03/2020 à 10:00

Ils sont lycéens au Japon et pourtant ils ont fait tomber les U17 Nationaux de l'ACBB et même les U19 A du TFC ! La surprenante équipe du FC Kokoku a réalisé une tournée européenne en février dernier du côté de Barcelone, Toulouse et Paris. Ibrahim Ouazzani, chargé du programme élite chez Amazing Sports Lab Japan, nous fait découvrir les secrets de cette délégation venue d'Osaka et qui s'entraîne près de 15 heures par semaine juste au football. Olive et Tom savent de qui tenir !

Quelle a été la première étape de la tournée du FC Kokoku ?

Elle a commencé en Espagne. L’équipe B s’est opposée aux U19 Nationaux de Sant Andreu, pour un score final de 4-4. Puis, la A a battu les U19 de l’Espanyol Barcelone, 3-2. La plupart des joueurs de la réserve ont 16-17 ans, l’équipe A est quant à elle composée de joueurs de 2ème et 3ème année, de 17-18 ans donc. Les jeunes sont ensuite partis à Toulouse pour affronter les U19 Nationaux du TFC. Ils se sont imposés 3 buts à 1 face au dernier club finaliste de la Coupe Gambardella ! Le directeur du centre de formation toulousain a demandé à ce que deux des joueurs (Kabayama Ryonosuke et Rikito Sugiura, deux internationaux japonais, NDLR) restent un peu plus longtemps sur place pour jouer avec leur réserve National 3.

La délégation a ensuite pris la direction de la région parisienne…

L’équipe B du FC Kokoku a joué contre les U17 nationaux de l’AC Boulogne-Billancourt et ils ont gagné 4-2 ! Le coach boulonnais (Quentin Thoreau, voir son avis en bas d’article, NDLR) a été surpris par le niveau de l’équipe et a même posé quelques questions sur ses entraînements notamment. Selon lui, la réserve a le niveau pour évoluer dans le championnat U17 National français.

Et quelle a été la suite du programme ?

Le lendemain, Kokoku devait se frotter aux U17 Nationaux du PSG, mais il y a eu un problème d’organisation côté parisien ce qui fait qu’ils n’ont pas aligné leur meilleure équipe. La délégation était un peu déçue, mais ça arrive… Pour le dernier match, les jeunes ont affronté les U18 Régional 1 du Paris FC. Le terrain était un peu compliqué et ils ont fait face à la plus forte équipe de la tournée de l’avis de tout le staff. Kokoku a perdu 4-2. Mais, cette formation du PFC c’est tout ce que la France sait faire de mieux : une équipe très compacte, très bien organisée qui fait mal dans la transition. Ils les ont bougés physiquement. L’équipe a pris une leçon, mais c’était une jolie rencontre. Pour le coach Uchino Tomoaki et son staff, c’était une découverte. Ils ont adoré le Paris FC et certains sont même devenus fans : ils vont commencer à suivre les résultats du club !

Kabayama Ryonosuke et Rikito Sugiura entourant Ibrahim Ouazzani.

Parlez-nous du FC Kokoku et de ses entraînements ?

Cette saison, l’équipe a terminé championne d’Osaka, elle est donc qualifiée pour participer à la finale nationale entre tous les lycées, un peu à la Olive et Tom (au Japon les lycées ont un meilleur niveau que les clubs, NDLR). Ils ont une très belle génération de joueurs. L’équipe s’entraîne environ trois heures par jour, cinq fois par semaine et avec un match le week-end. C’est quelque chose qui a marqué les coachs français. Tout cela en plus de l’école car ils n’ont pas d’horaires aménagés contrairement à des jeunes en centre de formation en France. Les Japonais sont très travailleurs de nature.

Leurs méthodes d’entraînements sont donc bien différents de celles employées dans l’hexagone…

Oui ! Les deux joueurs en essai à Toulouse ont trouvé les séances un peu courte, elles étaient de une heure et demie, mais il faut dire que ce n’était pas du tout les mêmes contenus. Au Japon, ils font énormément de technique et de tactique. En France, de ce que j’ai vu au TFC, il y avait beaucoup de mise en situation de jeu. Je pense ne pas trop me mouiller en disant qu’en termes de technique le joueur japonais est un cran au-dessus du joueur français. Ils ont très peu de déchet et ça s’est vu. Ils font aussi de la méditation et des exercices de respiration, ce qui fait que les joueurs gardent leur calme en toutes circonstances. Et sur le terrain, c’est une équipe qui a la volonté de jouer au ballon avec la possession.

Kabayama Ryonosuke (numéro 10) et Rikito Sugiura (numéro 9) en actions lors de la finale de Osaka pour la qualification au tournoi final national.

Quel est le bilan de cette tournée ?

C’était la première fois, personne n’était sûr du résultat. Ils ont pu jouer des équipes de différents niveaux pour se jauger et ils se sont montrés au niveau. Dans l’ensemble ça a beaucoup impressionné… De notre côté, on souhaite reproduire ce genre de tournée, venir avec des équipes qui ont de la qualité et le montrer en faisant d’autres étapes, à Lyon par exemple. L’objectif est de faire reconnaître le talent des footballeurs japonais en Europe.

À ce jour, quel est le degré d’intérêt des européens pour les footballeurs nippons ?

Ce n’est que le début, mais il commence à y avoir un intérêt. Lors du match face à l’ACBB, plusieurs recruteurs s’étaient déplacés exprès pour voir l’équipe. Chez les pros, Takumi Minamino a signé à Liverpool en décembre, Hiroki Abe évolue depuis l’été dernier au Barça B, Takefusa Kubo, joueur du Real Madrid, est prêté à Majorque… Il y une dynamique ! Le Japon c’est loin et c’est un peu fermé : c’est ce qui freine un peu, mais il y a vraiment une culture foot ici.

Le regard de Quentin Thoreau, coach des U17 Nationaux de l'ACBB
ACBB « Ce fut une rencontre amicale de très bonne qualité. D’un niveau de jeu et d’engagement équivalent aux matchs de championnat 17 Nationaux. D’ailleurs, nous perdons ce match 4-2. Mais au-delà du score, qui aurait pu être différent, deux aspects du jeu étaient très intéressants chez cette équipe du FC Kokoku. Le premier étant le volume de jeu de chaque joueur japonais. Ils sont en capacité de produire une grande quantité de courses et déplacements à haute intensité, ce qui leur permet d’offrir constamment des solutions de passes au porteur de balle. Le deuxième point fort de cette équipe est la qualité technique de l’ensemble des joueurs. Ils disposent d’une justesse technique en mouvement avec des gestes très simples de contrôle/passe qui leur permet d’assurer de la continuité dans la phase de conservation/progression. Ils n’ont quasiment pas perdus le ballon sur une erreur de transmission. Sans aucun doute cet échange fut très positif et enrichissant pour nos joueurs dans leur processus de formation. »

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