Souvenirs d'exLigue 1

Jérémy Clément : « Le PSG est bon à prendre cette année »

12/12/2020 à 20:01

Aujourd'hui entraîneur du FC Bourgoin-Jallieu (N3) et consultant pour Canal +, le milieu de terrain Jérémy Clément passé par l'OL (2003-2006), où il a été formé, et le PSG (2007-2011) évoque pour Actufoot ses souvenirs avec les deux clubs et livre son ressenti avant le choc de dimanche au Parc des Princes (21h).

Votre meilleur PSG-OL sous les couleurs de l’OL ?

Je me souviens du titre de champion en 2006, nous l’avons appris en regardant le match Lille-Bordeaux (3-2) tous ensemble à la télé. Ce résultat nous sacrait avant même notre match du lendemain. Nous jouions contre Paris justement et cela avait été une belle fête à l’hôtel !

Votre meilleur PSG-OL sous les couleurs du PSG ?

Je me souviens d’une victoire 1-0 au Parc avec Makelele et Giuly à l’époque. Avec l’OL nous étions à la lutte dans le haut de tableau, et nous les battons grâce à un but de Ludo Giuly. D’ailleurs, Juni se fait expulser lors de ce match.

Quel est le joueur qui vous a le plus impressionné à L’OL ?

Il y en a eu pas mal vous vous en doutez ! (rires) Quand on démarre avec des top joueurs comme ceux de la grande époque de l’OL, tous internationaux, forcément c’est impressionnant. Je suis obligé de faire référence à plusieurs joueurs et pas un seul en particulier. Il y avait bien sûr Juni, mais aussi Michael Essien, Mahamadou Diarra, Sidney Govou, Sylvain Wiltord. C’était le très haut niveau.

A Lyon, la qualité de l’effectif ne laissait pas beaucoup de places à des jeunes issus du centre comme moi, sauf si vous êtes Hatem (Ben Arfa) ou Karim (Benzema)…

Et au PSG ?

Je suis resté quatre saisons au PSG donc j’ai eu le temps de côtoyer différentes générations. Entre la fin de carrière de Pedro Miguel Pauleta, Mario Yepes, Sylvain Armand et l’arrivée des Ludovic Giuly, des Claude Makelele… En tout cas, j’ai eu la chance de jouer avec des grands joueurs. Je ne m’en rendais pas forcément compte à l’époque, mais avec du recul je mesure le privilège que j’ai eu de les côtoyer.

Un coach qui vous a particulièrement marqué ?

Là encore j’ai connu du beau monde. A Lyon, j’ai connu Gerard Houiller et Paul Le Guen, que j’ai retrouvé ensuite à Paris, puis Antoine Kombouaré. Mais je vais dire Paul Le Guen car je l’ai connu dans les deux clubs et avec deux statuts différents. A Lyon j’étais un jeune joueur alors qu’à Paris j’avais plutôt un rôle de cadre, donc forcément nos relations ont évolué. Mais tout au long de ma carrière, j’ai connu des expériences très enrichissantes avec mes coachs. Et maintenant que je suis sur un banc moi aussi, je me rends compte de leurs enseignements à travers les questions que je me pose dans certaines situations. Chacun à leur manière ont façonné ma perception de ce métier, en bien ou en mal, mais je leur dois beaucoup.

Dans quel club avez-vous vécu les meilleurs moments ?

J’ai gagné des titres avec l’OL mais je ne jouais que des bouts de matches, cela m’a convenu pendant deux saisons mais après comme tout le monde j’avais envie de jouer. Pour continuer une progression c’était important d’enchaîner les matches. Et je ne pouvais pas le faire à Lyon étant donné la qualité de l’effectif qui ne laissait pas beaucoup de places à des jeunes issus du centre comme moi, sauf si vous êtes Hatem (Ben Arfa) ou Karim (Benzema). Il y avait embouteillage. A Paris, j’ai obtenu plus de temps de jeu.

Que représente un PSG-OL pour vous ?

Les confrontations entre l’OL et le PSG donnent souvent lieu à de belles rencontres. Ce sont des équipes habituées à jouer le haut du tableau. Quand je jouais à Lyon, c’était toujours un rendez-vous important de se déplacer dans le club de la capitale. Depuis 20 ans, c’est l’une des grosses affiches du championnat.

Votre pronostic pour dimanche ?

Je vais dire 2-2. Les deux équipes sont en pleine bourre. Le PSG entame une bonne dynamique, l’OL est très en forme en ce moment. Avec des joueurs qui aiment le ballon de chaque côté. D’où mon pronostic d’un match accroché mais ouvert, avec pas mal de buts. J’espère voir un OL sans complexe, qui joue pleinement sa chance. On l’a vu lors de ce début de saison, le PSG a déjà perdu trois fois, il peut y avoir un coup à faire.

Un Paris qui joue tous les trois jours, si il perd Mbappé ou Neymar, ce n’est plus le même PSG

L’OL champion de France, vous y croyez ?

C’est possible. Le PSG est bon à prendre cette année. Avec la succession des matches et les éventuelles suspensions et blessures qui vont avec, l’OL peut jouer le titre. Un Paris qui joue tous les trois jours, si il perd Mbappé ou Neymar, ce n’est plus le même Paris. Donc, les Lyonnais peuvent y croire.

Vers lequel des deux clubs se porte votre préférence ?

Je ne peux pas avoir de préférence. Aujourd’hui, je regarde le football sous un oeil de spectateur et d’entraîneur. Si Lyon ou Paris jouaient contre des clubs dans lesquels je n’ai pas joué je serais forcément pour eux. Mais lors des confrontations entre deux clubs que j’ai connu durant ma carrière de joueur, il m’est impossible de choisir un camp. J’ai aimé l’OL, comme j’ai aimé le PSG, l’ASSE et les Glasgow Rangers.