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Julien Zenguinian : « Emmener le FC Plessis Robinson le plus loin possible »

14/08/2020 à 12:05

Rencontre avec Julien Zenguinian, actuel entraîneur de l'équipe fanion du FC Plessis Robinson en Régional 1. Le technicien francilien revient sur son parcours de joueur et de coach, mais aussi sur le retour de Jérôme Rothen à ses côtés. Interview !

Avant de devenir entraîneur, vous avez été joueur notamment formé au Lille OSC…

J’ai commencé le football à Sèvres de 5 à 12 ans. Puis, je suis parti deux ans en sport-études au PSG, en 15 Nationaux sous les ordres de Bernard Guignedoux et j’ai signé 5 ans à Lille où je suis rentré au centre de formation jusqu’en 2002. Nous avions une génération dorée avec les frères Cheyrou, Matt Moussilou, José Saez ou Stéphane Dumont. C’était un club réputé et familial, pas loin de chez moi. Il y avait également Franck Ribéry. Une période très importante pour moi. J’ai fait les 17, 19 ans Nationaux et la CFA au LOSC.

Vous avez ensuite tenté votre chance à l’étranger…

Je suis allé en Suisse en Ligue 2 à Yverdon Sport. Je me suis retrouvé en fin de contrat en Suisse et je suis allé faire des essais pendant 6 mois avec West Ham et les Glasgow Rangers. Je devais signer aux Rangers, mais il y a eu des problèmes d’agent, cela ne s’est pas fait alors que tout était convenu à la base. Je me suis retrouvé à 23 ans au chômage avec ce vécu de jeune ayant des sélections nationales de U15 à U18. J’avais des difficultés à m’en sortir avec des gens autour de moi pas forcément de bons conseils. J’ai finalement signé au FC Mantois en CFA.

Et comment s’est passée votre pige dans les Yvelines ?

J’ai retrouvé une volonté de me réinvestir dans le football. Nous avons fait un 16e de finale en Coupe de France contre Amiens. J’ai été sollicité et j’ai signé à Oissel en Normandie en CFA2. Je suis resté une saison et en parallèle j’étais éducateur avec les plus jeunes (U9 et U10) au Plessis Robinson. J’ai passé mes diplômes et le fait de vivre de contrat d’un an ne font pas forcément bien vivre. Je me suis dis qu’il fallait trouver un boulot. Il fallait se projeter sur le futur. Au centre de formation de Lille, je me suis entraîné une trentaine de fois avec les pros, on rêve d’autre chose. Quand Lille est allé en Ligue des Champions, les priorités de formations et de recrutement n’étaient plus les mêmes. Je n’étais pas loin de signer pro. Il m’a manqué sûrement quelque chose. Il faut avancer malgré tout dans la vie et j’ai pu à 25 ans renter au service des sports du Plessis Robinson. Cela n’a pas été évident à décider, mais c’était un choix réfléchi, de passer à autre chose et de basculer en tant qu’éducateur.

En tant que joueur, vous avez également joué à l’Ararat Issy avant de finir au… Plessis Robinson. Racontez-nous !

Je suis revenu au Plessis et nous sommes montés de R3 en R2. J’ai été sollicité car j’étais au dessus de ce niveau. De plus, j’ai des origines arméniennes donc le président Toutoundjian m’a tout de suite sollicité. J’ai fait deux années en CFA2 très intéressantes avec eux. Cela me permettait de toucher le très haut niveau amateur. Avant de revenir au Plessis Robinson et de me plonger définitivement dans tous les diplômes qui fallait entreprendre pour être éducateur.

En 2011, à 28 ans, vous êtes devenu entraîneur de l’équipe fanion du Plessis Robinson…

Ce n’était pas prévu. Je venais d’avoir mon Brevet d’Etat. Nous étions au mois d’août 2011, j’étais avec les U15 que j’avais depuis 5-6 ans avec cela se passait très bien. Malheureusement, l’équipe première avait des difficultés et luttait pour ne pas descendre en R3. Elle s’est maintenue avec un changement d’entraîneur. Il y a ensuite eu un changement de président et on m’a demandé de prendre en main l’équipe. Je n’ai pas vu cela comme une contrainte. Au contraire, ce fut une opportunité pour moi de me lancer avec les seniors avec l’objectif de constituer un effectif car tout le monde était parti. J’avais des jeunes pour former l’équipe et d’autres joueurs. Certains étaient plus âgés que moi, d’autres plus jeunes. Quand on m’a proposé le poste, j’ai voulu montrer que j’étais capable d’entraîner à ce niveau.

Comment expliquez-vous votre longévité avec le Plessis Robinson, de presque 10 ans…

C’est un club familial. Mon père est responsable technique, ma femme est trésorière. J’ai un oncle qui est entraîneur des U15. C’est une famille qui a pris le club il y a des années et qui ont investi. Mon père était déjà entraîneur des séniors en 1984 en première division de District. On va emmener le FCPR le plus loin possible. Nous avons un club structuré avec de belles installations et une ville qui est derrière nous. On travaille sur les jeunes car c’est le devenir de ce club. J’ai la chance d’être détaché par le service des sports pour être à plein temps pour le club. C’est aussi dans ma réflexion de prendre dans quelques années, un club de division plus haute. Pour le moment, je suis là avec un objectif de faire du bon travail. Nous sommes devenus une place forte du football francilien. Mais, j’espère dans quelques années partir et entraîner le plus haut possible. Je me rappelle tout petit aller au stade, voir mon père entraîneur et finir ma carrière de joueur sous ses ordres. Nous avons une assimilation forte. Il est sûr que de voir mon père entraîneur m’a poussé à le devenir aussi. Encore aujourd’hui, quand il parle aux U9 et U10 comme éducateur, je l’écoute. Il est important de tirer le maximum des autres. Quand c’est votre père, c’est encore plus une fierté !

Un mot sur la saison passée et celle à venir ?

Cela a été très difficile à gérer car pour tout le monde on ne pensait pas être confiné aussi longtemps. On pensait reprendre éventuellement en mai ou juin, mais les unités d’urgences se remplissaient et les morts se comptaient chaque jour. Nous n’avons pas vu le drame arriver, nous les premiers. La partie sportive est alors secondaire. On pense à tous les disparus car il y en a eu dans tous les clubs. On se dit qu’il ne faut pas l’attraper, que les gestes barrières sont importants. Une saison que nous n’avions jamais connu… Mon père me disait qu’il n’avait jamais connu cela en 40 ans d’exercice. En juin, nous sommes tout le temps sur le terrain pourtant. J’espère que l’on pourra endiguer cette épidémie avec tout ce qu’on connaît désormais. Sur le plan sportif, j’ai beaucoup d’ambitions personnelles pour le club. Nous avons un effectif de qualité qui j’espère aura à cœur de répondre présent. Après, il y a beaucoup de paramètres que nous ne maîtrisons pas comme les blessures, les épidémies. Nous sommes ambitieux mais nous avons beaucoup d’incertitudes et de questionnements sur cette nouvelle saison.

L’arrivé de Jérôme Rothen comme binôme sera forcément un plus…

Pour moi, c’est une vraie satisfaction. Jérôme est un ami depuis de nombreuses années maintenant. Il avait souhaité nous rejoindre pour finir sa carrière de joueur car il est de Meudon à côté. Nous avions beaucoup échangé. Il voulait nous donner un coup de main à l’époque et commençait ses diplômes. Il nous avait aidés une première fois. Et puis, il est rentré dans le monde des médias avec des obligations, des déplacements, des choses qui font que le métier d’entraîneur à plein temps ne pouvait plus lui correspondre à l’époque. Aujourd’hui, il a de nouveau quelques disponibilités et moins d’obligations de se déplacer. On s’est rencontré après le confinement en juin, où il m’a fait part de son envie de venir m’aider. Pour moi, c’est très important, pour le groupe aussi. Il va apporter son vécu, des conseils et nous apprendre des choses. Jérôme n’est pas devenu le joueur qu’il a été par hasard. C’est pour tout le club, une opportunité de pouvoir profiter de tout ce qu’il va nous apporter. Pour lui, ce sera une deuxième expérience, il sera en binôme avec moi. Je pense qu’il va s’investir dans ce nouveau rôle qui je pense dans le futur peut lui ouvrir de nouvelles portes…

Propos recueillis par Nicolas Cotten.