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Kadidiatou Diani, la pépite parisienne

23/10/2020 à 14:20

Elle est jeune, elle est attaquante et elle joue au Paris-Saint-Germain. Kadidiatou Diani, du haut de ses 25 ans, est déjà la tête de gondole du PSG. Véritable révélation après la Coupe du Monde 2019, elle confirme son statut de joueuse phare en club mais aussi en sélection. Portrait d'une jeune joueuse pleine de promesses.

Donnez-lui un ballon et elle vous fera tourner la tête. Ses dribbles, sa vitesse et sa percussion ne vous laisseront pas indifférents. Tout droit venue de Vitry sur Seine, Kadidiatou Diani a tout pour devenir une grande joueuse.

Grandir dans un milieu masculin n’est pas chose simple. Surtout quand il s’agit de s’imposer et de montrer qu’une fille sait jouer au foot. Ce n’était pas gagné, loin de là. Elle confie à TerraFemina « il était plus difficile de faire du foot en tant que fille à l’époque qu’aujourd’hui. Déjà parce qu’il n’y avait pas de clubs réservés aux filles, et aussi car mes parents n’étaient pas vraiment d’accord avec cette idée. Mais ça me plaisait énormément. Quand j’y allais, je me sentais épanouie, à l’aise. » Un défi de haut niveau. C’était sans compter sur sa détermination. Elle est faite pour ça et elle le sait : « pour moi, c’était hors de question que j’arrête de jouer au foot. Et c’est comme ça que, petit à petit, j’ai convaincu mon papa de pouvoir continuer à pratiquer. »  

Serge Vaste, l’entraîneur de l’ES Vitry, croit en elle. Il voit cette petite étincelle lorsque « Kadi » touche le ballon. Il le sait : « elle a du potentiel pour faire de grandes choses. Elle n’hésite pas à dribbler tous ceux qui se trouvent sur son passage« . Et ça fonctionne ! Elle prend ses crampons et se retrouve au FC Juvisy, en 2010. Le rêve commence…

Les débuts en pro

Kadidiatou Diani ne met pas longtemps avant de convaincre son club de son talent. Jeune fille timide et souvent à l’écart, elle parviendra tout de même à faire sa place. Cette aisance sur le terrain lui permet de débuter en D1 Arkema à seulement 15 ans. Une précocité qui veut tout dire sur l’étendue de ses qualités. Une petite fille au milieu des grandes.

Seulement, malgré de très belles saisons, il manque quelque chose. La présidente du club, Marie-Christine Terroni, avoue même au journal L’Équipe : « on a peut-être raté quelque chose avec elle. Tout se passait bien, mais elle n’était pas totalement épanouie. » Des regrets qui resteront probablement longtemps au vu de ses saisons au Paris Saint-Germain.

Dès son arrivée au PSG, elle se dévoile de plus en plus. Après une première saison pour s’adapter, 2018-2019 est celle qui la fait exploser. Meilleure passeuse du championnat cette année-là, avec 11 passes décisives, elle fait taire les critiques. Souvent pointée du doigt pour son manque de régularité, elle prouve qu’elle est complète et inévitable dans le 11 parisien. Elle se plaît à droite. Sur le côté, Kadidiatou a cette faculté de percuter, dribbler, et même récupérer rapidement le ballon. Son entraîneur, Olivier Echouafni, apprécie ses qualités. Il confie à L’Équipe : « elle utilise très bien son corps. Ses premiers appuis sont très puissants, et une fois qu’elle a passé les bras, impossible de la revoir. » Elle élimine ses adversaires avec une rapidité déconcertante et marque but sur but. Ses 5 buts en 6 matchs, cette saison, lui permettent de devenir la première lauréate du trophée « Joueuse du mois » en D1 Arkema. Une belle prouesse pour la jeune attaquante.

Le rêve bleu

C’est en 2014, que la jeune Kadidiatou atteint le graal : l’Équipe de France. Une équipe encore inconnue, pour elle, lors de ses débuts dans le football. Pour Europe 1, elle raconte : « quand j’étais jeune joueuse, je ne connaissais pas l’équipe de France. Elle n’était pas du tout médiatisée, je ne savais pas qu’il y avait une équipe de France. C’est dommage, je trouve. Aujourd’hui, ça a quand même beaucoup changé. Les petites filles peuvent s’identifier à une joueuse et c’est quelque chose de formidable. »

En 2019, elle est sélectionnée pour participer à la Coupe du Monde, en France. Un grand honneur. La compétition révèle l’Équipe de France féminine au grand public. Mais, surtout, place Kadidiatou Diani comme cadre de la sélection. Rapide, tranchante et tenace, ses qualités n’ont échappé à personne.

Elle n’oublie pas les difficultés qu’elle a rencontrées pour faire sa place dans ce monde pourtant si masculin. Après la Coupe du Monde, elle s’exprime chez TerraFemina : « Ça s’est joué en France et l’événement a été beaucoup plus suivi que les années précédentes, on a fait une grosse audience. C’est un point positif pour les petites filles qui nous ont regardées à la télé, peut-être que certaines se sont identifiées à l’une de nous. Que ça leur a permis de prendre conscience qu’on peut devenir une sportive de haut niveau. »

Véritable modèle de réussite pour les jeunes filles, celle qui veut se faire surnommer « Queen K » peut être fière de tout ce qu’elle a déjà accompli.

Par Emmanuelle Devriese