Interview

Kévin Lefaix, le Breton qui voulait devenir professionnel

22/09/2020 à 11:17

Né à Rennes, Kévin Lefaix est un pur breton. Il a commencé à jouer au football en Bretagne, notamment avec la réserve du Stade Rennais. Ancien attaquant du Red Star ou encore de Chambly, il a accepté de revenir sur sa carrière. Âgé de 38 ans, il aborde également sa reconversion et son après-carrière. Interview !

 

Quel regard portes-tu sur ta carrière sachant que tu as commencé comme défenseur ? 

« J’avais fait une détection en U15 avec mon cousin au Stade Rennais. J’ai été mis en défensif dans la 4e équipe des U15 et ils ont vu que j’étais un peu offensif, que je jouais plus haut et que je commençais à marquer. Je me suis retrouvé dans l’équipe première avec Etienne Didot, Sébastien Puygrenier, Gaël Danic et aussi en U17. C’était compliqué d’arriver en équipe 3 en DH ou en CFA, c’était réservé aux jeunes du centre de formation. J’avais le choix de jouer à nouveau avec l’équipe 4 ou de partir. Je suis parti jouer en PH dans la banlieue rennaise avant d’arrêter un an. Je n’ai pas de regrets, peut-être que je n’étais pas un joueur en devenir pour le Stade Rennais. Je suis parti jouer en DH avec Rennes, cela fait partie de ma formation. J’aurais voulu jouer une fois dans le Roazhon Park car je n’ai jamais joué là-bas. Je suis parti de très loin, je n’ai jamais eu beaucoup d’aide ou de piston pour réussir. A la force du travail, je me suis forgé un mental. Justement certaines personnes peuvent dire que j’avais le potentiel pour jouer plus haut mais je dis que je n’avais pas eu ce parcours, je n’aurais pas duré aussi longtemps. Quand j’étais jeune, je n’étais pas conditionné pour réussir à haut-niveau. Cela m’a permis d’avoir un petit côté revanchard même si je n’avais aucune amertume. J’avais juste envie de réussir et au final j’ai réussi à devenir footballeur professionnel. Mon objectif c’était celui-là. »

Tu as connu toutes les divisions sauf la Ligue 1 mais tu as aussi connu une expérience à l’étranger en D2 belge à Tubize :

« Oui cela fait partie de mes envies d’avoir une expérience à l’étranger. J’avais fait un peu le tour en France dans différents niveaux dont en National 1. J’ai eu l’opportunité de partir pour découvrir un championnat vraiment magnifique avec des bonnes structures et une bonne organisation, surtout une ambiance du foot différente que l’on peut retrouver là-bas. Je me suis éclaté. »

Un mot sur ton passage au Red Star en National 1 et en Ligue 2 :

« Le Red Star c’est la consécration de tout le travail fait avant dans mes différents clubs. C’est un peu l’apogée de ma carrière. On a réussi à monter en Ligue 2 et avoir le statut professionnel. Cela reste le meilleur club de ma carrière, par rapport à son histoire, aux gens qui sont au club, aux supporters vraiment passionnés. Il y a une ferveur incroyable. Ce sont les meilleurs souvenirs de ma carrière. Les supporters sont là dans les bons et les mauvais moments. Cela n’a pas été toujours le cas dans tous les clubs où j’ai été. Ça motive. »

Quel souvenir gardes-tu de ton passage à Chambly ? 

« J’en garde un très bon souvenir. Le Président ou l’entraîneur sont des personnes vraiment admirables. Il y avait un état d’esprit très familial et travailleur avec peu de moyens. Je suis fier de ce qu’ils ont réussi à faire avec la montée en Ligue 2 et le maintien. Ce club mérite d’être là ou il est actuellement. Leurs valeurs correspondaient aux miennes. Je me suis vraiment éclaté là-bas. »

Tu es l’un des meilleurs buteurs en National 1, comment expliques-tu que cette division te réussisse aussi bien ?

« Bizarrement, je m’étais toujours dit que je ne voulais jamais jouer dans cette division. Elle est très particulière entre la Ligue 2 et le CFA à l’époque. Tu n’as pas le statut professionnel mais tu fais tout comme les professionnels. Les déplacements sont compliqués. Il est difficile de monter. Au niveau du jeu, ce n’est pas évident. Je ne voulais pas trop évoluer en National 1. Finalement, j’y ai passé toute ma carrière, elle correspondait beaucoup à mon mental et à ce que je suis sur le terrain avec des valeurs de combativité. »

Ton dernier club a été l’AS Cannes, comment s’est déroulé la fin et l’après ?

« J’ai signé à Cannes car c’était un club prestigieux et je voulais bien finir. Ma femme étant de Grasse, on habitait dans la région. J’ai trouvé un club qui était en manque d’organisation dans le sens où Cannes avait un passé dans l’élite du foot, j’avais l’ambition de faire monter le club avec tout le recrutement qu’il y avait derrière. J’ai une petite déception de ce qui a pu se passer sur ces deux années. J’aurais voulu, étant sur la fin, que cela se passe mieux au niveau sportif. J’ai pris du plaisir mais j’ai un goût amer de ne pas avoir pu mieux finir avec ce club. Au niveau de ma reconversion, je suis en train de réfléchir si j’arrête le foot ou non. Après la période délicate que nous avons connu avec la Covid-19, je pense avoir fait le tour. Après, ce n’est pas dit que je reprenne un petit challenge pour me faire plaisir comme en Régional 1 ou Régional 2. Je ne veux pas être entraîneur. J’ai quand même préparé l’après. Je suis en train de suivre une formation de création d’entreprise pour monter un projet qui n’est pas encore bouclé. Le domaine je le connais, ce serait la prestation de services. A côté de cela, je m’occuperais du recrutement d’un club de Ligue 2, Dunkerque. Je vais essayer d’allier les deux. J’ai pensé à ma reconversion assez tôt, il y a 3-4 ans. J’ai commencé à vivre du foot à 25 ans à l’AS Vitre. Je pense à ceux qui m’ont lancé comme Joel Cloarec, Franck Portier ou encore Daniel Mouton. Avant, j’ai fait pas mal de boulots, d’intérim. L’objectif c’était le foot mais je savais qu’un jour, cela allait s’arrêter. »

 

Propos recueillis par Nicolas Cotten et Nicolas Issner.