Certifié espoir Jeunes

Lucas Gourna-Douath, 15 ans et déjà tout d’un grand

07/03/2019 à 16:00

Pur produit de la région parisienne, Lucas Gourna-Douath (2003) est en train de confirmer cette saison son statut d'espoir de sa génération de par ses performances aussi bien à l'AS Saint-Etienne, qu'en équipe de France. Surclassé et responsabilisé par ses différents entraîneurs, le natif de Lieusaint, qui étonne par sa grande maturité sur et en dehors des terrains, a toujours su répondre présent. Portrait d'un phénomène de précocité.

Lucas Gourna-Douath a pris sa première licence de football à 5 ans à l’AS Lieusaint, en Seine-et-Marne. À un âge où de manière générale le plaisir de jouer prime sur l’enjeu, le jeune footballeur nourrissait déjà une soif de victoire et de réussite au-dessus de la moyenne. « En U9, je pleurais quand on perdait un match, raconte l’intéressé. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le football était plus qu’un simple loisir pour moi. » En 2012, Lucas rejoint un club d’un calibre supérieur, un voisin de Lieusaint : l’US Sénart-Moissy, après avoir tapé dans l’œil d’un éducateur.

Du pôle espoir de Reims au centre de formation de Saint-Etienne

Là-bas, il y démontre l’étendue de son potentiel, pas à pas, en étant surclassé chaque saison. Le Francilien gagne d’abord sa place au sein du groupe U13 régional (génération 2002), duquel 6 joueurs, dont lui, ont intégré par la suite une structure pro. Puis, il rejoint le pôle espoir de Reims, et enfin remporte avec son équipe le championnat U15 DHR. Son dernier entraîneur à Sénart-Moissy, Mark, se souvient d’un joueur aimant déjà « beaucoup le ballon, avec des qualités au niveau de la vision de jeu et du jeu long. » Des éducateurs qui ont pleinement participé à l’évolution du joueur, comme ce dernier aime à le souligner. « En Ile-de-France le niveau est très, très haut, alors il faut toujours s’accrocher… Mes coachs successifs ont cru en moi et m’ont beaucoup fait travailler. Ils ont été très exigeants avec moi. »

Après une saison à l’US Torcy, Lucas Gourna-Douath a intégré le centre de formation de l’AS Saint-Etienne l’été dernier. Il avait signé un accord avec les Verts en janvier 2016, après un essai concluant. L’éloignement de la famille, la vie en communauté, les entraînements 5 fois par semaine : Lucas a déjà connu tout cela lorsqu’il était en pôle espoir. Un temps d’avance qui lui a permis une très rapide adaptation à la vie en centre de formation. Titulaire avec l’équipe U17 National qui est actuellement troisièmes de son championnat, il s’est déjà entraîné plusieurs fois avec les U19 Nationaux de l’ASSE. « Ma saison se passe bien, même si j’ai eu des petites baisses de régime, j’ai vite réagi. C’est la loi du haut-niveau. Je dois continuer à travailler pour atteindre mes objectifs », commente le néo-stéphanois.

L’adversité pour se surpasser

Être surclassé, Lucas Gourna-Douath en a l’habitude. On peut presque parler d’un besoin qui lui permet de se surpasser en permanence et d’évoluer plus vite. « Quand je joue avec ma génération, je suis dans ma zone confort donc pas toujours à fond, explique Lucas. Son ancien coach, Mark va dans le même sens. « C’est un joueur capable de se faire mal quand il en a envie. Dès que c’est simple, il tombe dans la facilité, mais quand c’est dur il sait répondre présent ! »

Latéral droit, milieu défensif ou offensif, Lucas prend ce qu’il y a à prendre et joue au poste « que lui donne le coach », même s’il se voit plutôt comme un numéro 6, devant la défense. Ses sources d’inspiration ? Kurt Zouma pour son mental et sa grinta, Samuel Umtiti parce que les observateurs le comparent souvent à lui, et Paul Pogba « une référence chez les jeunes. J’aimerais devenir la future pioche ! », nous lance avec un sourire le jeune footballeur qui cultive tout de même ses caractéristiques propres. Sa puissance, sa vision de jeu et surtout son leadership font de Lucas Gourna-Douath un joueur que l’on remarque depuis le bord du terrain, même s’il doit encore peaufiner sa justesse et sa rapidité d’exécution. Ses performances sont d’ailleurs arrivées jusqu’aux yeux de José Alcocer, le sélectionneur de l’équipe de France U16, qui a retenu Lucas pour la première fois en début de saison. « Cela a été une grande fierté. Tout le monde rêve de porter le maillot des Bleus, s’émerveille Lucas. J’ai eu cette chance donc je l’ai saisi. C’est très bien de porter ce maillot, mais après il faut l’assumer car il implique des responsabilités. C’est une très bonne expérience. »

Le capitanat chez les Bleus comme symbole de sa maturité

Plus qu’une première sélection face au Danemark, le 25 septembre 2018, c’est le capitanat qu’a confié le sélectionneur tricolore à Lucas Gourna-Douath. L’étonnement passé, le jeune milieu de terrain a pris à cœur et à bras le corps son rôle. « Je me suis dit là on est au haut-niveau, je ne peux plus reculer. C’est une très grosse responsabilité, c’est aussi une marque de confiance de la part du sélectionneur. Je ne pouvais pas décevoir… » Depuis Lucas Gourna-Douath totalise 7 matches – pour 3 capitanats, dont une participation au tournoi international du Val-de-Marne et deux derniers matches, les 17 et 19 février 2019, face au Brésil et à l’Angleterre. « C’est incroyable ce que je vis en ce moment, c’est une chance ! », se réjouit le Francilien.

La maturité du jeune homme a de quoi en désarçonner plus d’un, mais pas Mark, son ancien coach en U15 à Sénart-Moissy. « Lucas est très mature et très posé. Une image qu’il n’a pourtant pas toujours dégagé aux yeux de tous, alors que je l’ai toujours connu ainsi. Aujoud’hui, il arrive a renvoyer cette impression auprès de tout le monde. Tant mieux, c’est qu’il a réussi à corriger quelques points sur sa façon d’être. » Le jeune joueur de Saint-Etienne, lui explique cela assez aisément. « Depuis petit j’ai toujours traîné avec des plus grands que moi. C’est comme ça que j’ai forgé mon mental. On peut dire, entre guillemets, que j’ai de l’avance par rapport à mon âge à ce niveau… »

Interrogé sur l’ascension de son ancien poulain, Mark n’est « pas étonné plus que ça. C’est encore le début, même si c’est déjà très bien ce qu’il fait. » Et Lucas Gourna-Douath le sait, ce n’est que le début du chemin, le début de son rêve… « J’espère aller au bout et signer professionnel. »

Par Julien Guibet. 

Crédits photos : ASSE / Crédit visuel : Actufoot