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M. Magassouba : « Sarcelles ? Des souvenirs plus forts que mon match contre Rennes »

18/02/2020 à 16:33

Mamadou Magassouba a disputé un quart de finale de Coupe de France contre Rennes, perdu 3-0, le 11 février dernier. Un souvenir indélébile pour le milieu de terrain francilien de 25 ans, mais pas aussi important que celui de ses débuts à l'AAS Sarcelles. Pour Actufoot, l'ancien joueur de la JA Drancy et de l'AS Cannes se livre !

Pourquoi avoir choisi le football ?

Dans le quartier, même si ça fait un peu cliché, le sport le plus pratiqué est le football. On peut jouer avec n’importe quoi : une canette, des pierres, etc. On a tous commencé comme ça. En plus dans mon quartier, « Au Carré », il y avait un terrain en plein milieu de la cité ! J’ai commencé très tôt, à 5-6 ans.

Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts à Sarcelles ?

J’ai joué de 8 à 14 ans là-bas. Franchement, ce sont mes plus beaux souvenirs de football, même plus forts que le match de Coupe de France joué contre Rennes. Tu joues avec les potes de ton enfance, ceux avec qui tu as grandi. Tu gagnes des matches, des tournois, que de bons souvenirs !

L’AAS Sarcelles est devenu un acteur majeur dans la formation en région parisienne. Quel est votre regard sur ce club ?

C’est un club familial, c’est la famille ! Si tu as mis un pied dans ce club, tu ne peux pas l’oublier. Je ne suis pas étonné par les bons résultats, c’était déjà le cas à mon époque. Je me rappelle de mon année en U13 DH : on avait réalisé une saison incroyable ! Les coaches viennent du quartier, connaissent les jeunes. Ils ont forcément les mots pour faire venir les jeunes au club et ne pas lâcher. Il y a de bons clubs dans le Val-d’Oise, mais je pense que Sarcelles c’est l’idéal !

Après l’AASS Football vous prenez la direction du Sud et de Cannes…

J’ai joué 4 ans à l’ASC. La dernière année, ça s’est bizarrement passé et j’ai craqué… Je suis rentré chez moi. Ensuite, j’ai joué pour Goussainville durant 2 saisons. Et, par hasard, j’ai joué un match contre la réserve de la JA Drancy, puis, je me suis retrouvé à faire un essai avec l’équipe première…

Vous signez finalement en faveur du club drancéen, une étape importante pour vous ?

Oui, passer de la CFA à la DHR… J’ai fait la bascule rapidement. C’était un niveau au-dessus et c’était important pour ma progression. La préparation a été très dure mais cela s’est bien passé, et au 3ème match j’ai joué titulaire pour ne finalement plus sortir de l’équipe. J’ai senti la confiance du coach, que je devenais un joueur important. Quand on est en bas, on pense venir pour faire le complément mais non, j’ai senti que je devenais important.

L’été dernier vous avez rejoint Belfort, pourquoi ce choix ?

Après ma dernière saison en National 2, j’en avais un peu marre de la région parisienne. Je voulais autre chose.

L’étranger aurait-il pu vous séduire ?

Partir pour partir, ça ne m’intéresse pas. Des potes l’ont fait et ça s’est mal terminé. Je ne voulais pas tenter de partir dans un pays de l’Est, juste pour bouger. C’était ma décision, on ne me force pas.

Le changement entre la région parisienne et la Bourgogne-Franche-Comté, radical ?

Ça n’a rien à voir ! C’est beaucoup plus calme à Belfort, il n’y a pas un chat alors qu’à Paris ça va à 10 000 ! J’ai toute ma vie, ma famille là-bas. Ça change mais ça fait du bien. Je respecte les temps de repos et ça me fait du bien. Je ne suis focus que sur le football et ce sacrifice je voulais le faire. Je me suis donné 1 an.

Que retenez-vous du match de Coupe de France face au Stade Rennais ?

C’était une belle expérience, on a fait un beau parcours. Jouer contre une équipe professionnelle, c’était le rêve de tout le monde, même si on avait auparavant joué contre Montpellier et Nancy. Rennes était quand même le tenant du titre, un niveau au-dessus. On s’est frotté à plus fort que nous, le score a été sans appel.

Pas de regrets ?

On peut toujours en avoir car on a perdu un match. Si on regarde bien le contenu, les Rennais étaient au-dessus. On a donné ce que l’on pouvait.

La préparation de cette rencontre a-t-elle été différente que celle pour un match de National 2 ?

Oui, carrément ! (sic.) Déjà au niveau de l’horaire : le match était à 21h, une première pour nous. La journée était très longue, du repas du midi au match. La gestion du temps a été complexe. Personnellement, ça a été compliqué. Ça n’avait rien à voir !

Et dans les séances d’entraînement aussi ?

Franchement, non. Le coach a demandé autant d’exigence que d’habitude, mais, nous les joueurs, nous avions plus d’envie pour prouver au coach que nous étions capables de jouer ce match de haut niveau.

L’euphorie s’est emparée de Belfort. Racontez-nous cette ferveur avec votre public ?

On n’a pas trop senti de ferveur dans la ville, on l’a davantage ressenti pour le match contre Montpellier. Après, ça s’est calmé fortement dans la ville, il n’y avait pas d’affiches. Par contre, à l’approche du match, sur la route pour aller au stade, on a senti que c’était différent. Le stade était à guichets fermés (Ndlr : 20 000 spectateurs). Je n’avais jamais connu une telle ambiance ! À l’échauffement, on a compris que c’était du lourd ! C’était le premier ¼ de finale pour Belfort, tout le monde voulait être de la fête. Il y a eu une communion entre le public et l’équipe du début à la fin. Ça faisait chaud au cœur !

Malgré la défaite, avez-vous continué à partager avec vos supporters ?

Forcément, on a voulu continuer à profiter à la fin du match mais pas comme une victoire. Contre Montpellier, nous sommes restés très longtemps sur le terrain. Mais face à Rennes ça restait une défaite, en tant que compétiteur ça fait mal. On a fait le tour du stade pour les remercier de leur soutien.

Cela n’a pas été trop difficile de se reconcentrer ensuite dans le championnat ?

Non, je ne pense pas. Le championnat reste quand même le pain quotidien. Il faut s’y remettre. Personnellement, je suis déjà passé à autre chose. Il faut vite oublier cette défaite pour rebondir.

Que comptez-vous faire après Belfort ?

Pour être honnête, je ne me pose pas la question, je ne me prends pas la tête avec ça. Je veux juste bien finir et on verra en fin de saison. Je ne veux pas me perturber avec la Coupe de France ou avec les contacts par-ci, par-là, sinon c’est le meilleur moyen de ne rien avoir.

On vous définit comme quelqu’un de battant sur le terrain, est-ce exact ?

Oui, je pense que ça vient de mon passé, de Sarcelles. Si tu n’es pas combatif, c’est dur. Dès le plus jeune âge, j’ai cultivé cet état d’esprit, de ne rien lâcher sur un terrain jusqu’à la dernière minute, ne rien regretter.

Avez-vous toujours joué à votre poste actuel ?

Je joue milieu devant la défense ou relayeur. J’ai commencé à Sarcelles milieu droit, puis ailier gauche. J’ai joué à tous les postes sauf gardien et attaquant. Avec cette polyvalence, le coach me faisait changer de poste tous les 3-4 matches, mais depuis que je suis chez les séniors et avec l’âge, je me suis concentré sur le poste de milieu de terrain.

À 25 ans, qu’est-ce qui vous motive ?

Bonne question… C’est l’envie de réussir, de vivre de ma passion ! Lorsque je rentre sur un terrain, je donne tout. Après, je pourrais au moins me dire que si ça ne marche pas, j’ai fait tout pour. Il n’y a pas de limites, je veux aller le plus haut possible. Je suis jeune sans être jeune dans le foot, ce sont des années cruciales. C’est un tournant soit je passe un cap soit je reste en CFA. Jouer en CFA, c’est très bien mais j’aspire à mieux quand même.

Propos recueillis par Farid Rouas.

Crédit Photo : Joël Mias / ASM Belfort