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Mamadi Diarra, l’Aigle du Mali qui a trouvé son nid au FC Eragny

25/03/2020 à 15:21

Du Mali à la France, en passant par la Lybie et l’Italie, découvrez l’incroyable histoire de Mamadi Diarra. Ce jeune africain a traversé l’Afrique et la Méditerranée avant d'atterrir au FC Eragny, où il a pu signer sa première licence de footballeur mais surtout trouvé une seconde famille !

Mamadi Diarra (26 ans) n’aura jamais l’histoire de Djimi Traoré, heureux vainqueur de la Ligue des champions en 2003 avec Liverpool, ou encore celle de l’avant-centre du Stade de Reims, El Bilal Touré. Mais ils ont tous les trois un point en commun : le football !

« Pas les moyens d’aller en club »

Issu d’une famille de quatre enfants, dont trois sœurs, Mamadi n’a pas eu une enfance simple, mais elle a été marquée par le ballon rond. « Je jouais dans la rue car je n’avais pas les moyens d’aller en club », explique l’intéressé. À l’âge de 20 ans, il est « chassé » par son père dans la rue. Depuis, il n’a plus eu aucun contact avec sa mère : « je ne sais pas où elle est aujourd’hui » explique-t-il avec une voix émue.

Par l’intermédiaire d’un ami, Mamadi Diarra décide alors de franchir les frontières pour rejoindre l’Afrique du Nord. « Je suis parti en Lybie pendant quatre ans » avant de tenter l’Europe : l’Italie d’abord, sans réussite, puis la France. C’est alors que va commencer son histoire avec le FC Eragny… « Un autre ami m’a donné rendez-vous à Eragny pour me proposer un toit pendant deux mois », commente Mamadi. Sans emploi, le jeune malien va se « promener tous les jours jusqu’au stade du chemin des Tilleuls », car ce qu’il veut par-dessus tout c’est taper dans un ballon et vivre des émotions collectives.

« On lui a fait une licence »

Une rencontre va lui redonner espoirs… Mamadi Diarra va croiser la route du président-adjoint éragnien, Maxime Pétin. « Je lui ai raconté mes problèmes de papiers, d’hébergement et je lui ai demandé si je pouvais jouer », commente le jeune joueur.

Maxime accepte sans hésitation ! « Il venait souvent au stade donc j’ai discuté avec lui deux-trois fois, et puis je l’ai invité à prendre part aux entraînements pour finir l’année. On lui a même fait une licence alors qu’administrativement ce n’était pas évident. On est une association à la base et le social doit avoir pour moi une part très importante dans le foot,  je ne me voyais pas laissé Mamadi comme ça. On a même tenté de le prendre en contrat civique, mais encore une fois entre son âge et la problématique des papiers ce n’était pas évident. C’est un garçon attachant et serviable, une belle rencontre. » Voilà donc Mamadi licencié sous les couleurs du club val-d’oisien pour sa plus grande joie.

Au vu de ses qualités footballistiques, on le positionne latéral gauche : « c’est mon poste préféré » lâche le néo-éragnien. Ses modèles au poste ? « Marcelo, Mendy car ils aiment monter comme moi ! » Alors que la saison est suspendue pour tout le monde, les passionnés attendent avec impatience la reprise. Ce que souhaite Mamadi à tout prix c’est « une situation stable » et continuer à Eragny car « c’est [son] club ». De déboire en déboire, du Mali à la France, Mamadi Diarra a trouvé une seconde famille à Eragny !

Propos recueillis par Farid Rouas.

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