Portrait

Margaux Medjadji, la joueuse de l’ES Seizième fait front au Covid-19

14/04/2020 à 12:21

Milieu de terrain dans le club parisien de l'ES Seizième, Margaux Medjadji est également infirmière depuis un an et demi. Elle nous raconte son quotidien difficile et tendu face au Covid-19.

La pandémie de COVID-19 touche la France et le monde entier, le sport et le football sont à l’arrêt. La plupart des acteurs du monde du ballon rond sont confinés, mais d’autres sont au front, dans les hôpitaux, à l’image de Margaux Medjadji. Cette passionnée de 26 ans évolue aujourd’hui à l’ES Seizième en Régional 1 après avoir porté les couleurs de Fleury, Saint-Michel, Brétigny ou encore Juvisy.

Margaux a été plongée dans le football dès son plus jeune âge. « J’y jouais à l’école et en bas de chez moi. Puis, mon père m’a inscrit en club… », explique l’intéressé. Une passion qu’elle partage avec « la plupart des membres de [sa] famille » souligne-t-elle.

Neymar, Zinédine Zidane…

Cette saison, les féminines R1 de l’ES Seizième se classent en milieu de tableau, au sixième rang. Margaux a aussi joué au foot à 5, sous les couleurs de la « Crazy Squad », un autre univers lui ayant permis de rencontrer la star brésilienne, Neymar, après avoir remporté le « Red Bull Neymar Jr’s Five ». Une véritable coupe du monde, avec des équipes venues du monde entier, de plus de 40 pays. Margaux Medjadji a également rencontré Zinédine Zidane après avoir remporté la Tango League et la Z5, des tournois organisés par Adidas.

De beaux souvenirs, sans nul doute, mais depuis la crise sanitaire l’Ile-de-France est l’une des régions les plus touchées avec des hôpitaux submergés malgré le confinement décrété par le Président de la République, Emmanuel Macron.

« Mon rôle principal est de soigner les patients »

Dans le monde hospitalier depuis un an et demi seulement, Margaux Medjadji joue un rôle important en tant que vacataire infirmière. Elle réalise des missions là où les hôpitaux, ou autres structures ,ont besoin de personnel : « mon rôle principal est de soigner les patients, d’assurer les soins leur permettant d’être le plus confortable possible. »Et les semaines sont longues en ce moment… « des journées de 12 heures pendant 6 jours d’affilée » pour Margaux, « en cette période de Covid-19, nous sommes plus attentifs aux signes cliniques que pourraient présenter les patients. »

Le personnel soignant est obligé de vivre avec la peur de contaminer les autres, mais « la peur n’évite pas le danger », explique Margaux. « Je ne dirais pas que j’ai peur, car je prends toutes les précautions. J’ai tendance à avoir plus peur de le transmettre à ma famille et à d’autres patients. » Et, malgré la déferlante de patients infectés, elle ne se pose pas de questions. « Je ne vais pas au travail à reculons, j’ai décidé de continuer de travailler pour vaincre ce virus. Je suis là en renfort des équipes. »

« Réduire la contamination »

Margaux, comme chacun d’entre nous, entend les applaudissements, chaque soir à 20h, des gens au balcon ou devant leur immeuble remerciant le travail formidable du secteur hospitalier. « C’est toujours plaisant d’être reconnu pour le travail que l’on fait, surtout en cette période où tout le monde doit rester chez soi. »

Avant d’imaginer une future fin de pandémie et la mise en place du déconfinement, qui s’annonce long et lourd, il est important de respecter encore quelques temps les consignes comme nous le rappelle Margaux. « Cela permet de réduire la contamination d’un individu à l’autre et de ne pas engorger les hôpitaux pour de la bobologie », souligne la joueuse parisienne.

Propos recueillis par Farid Rouas.