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Mathieu Manso (Ézanville) : « Le contenu passe avant le résultat en école de foot »

21/02/2018 à 14:01

À 24 ans, Mathieu Manso est un éducateur passionné et déjà très lucide sur son rôle aussi bien sportif que social. Au l’US Écouen Ézanville depuis 2010, il est aujourd’hui responsable des U8-U9 et U10-U11. Ce titulaire du JEPS mention football, et qui a étudié 2 ans à Clairefontaine, nous présente sa vision du poste d’éducateur.

Quelles sont les ambitions sportives de votre club en termes de formation ?

Nous sommes un club pré-formateur aujourd’hui, puisque malheureusement tous nos meilleurs joueurs partent dès l’âge de 10 ans rejoindre les grosses écuries alentour comme Sarcelles ou Saint-Brice. Chaque année, nos effectifs diminuent d’au moins 5 à 8 joueurs, ce qui est énorme pour l’école de foot d’un petit club comme le nôtre.

Quels sont vos objectifs avec vos différentes catégories ?

Je veux inculquer à mes U8-U9 une certaine rigueur de travail, tout en gardant la notion de plaisir. Notre projet sportif est de pouvoir jouer, s’amuser, prendre et donner du plaisir en même temps. Nous allons bientôt disputer des matches de prestige face à des équipes comme le PSG ou le Stade de Reims. Nous avons aussi prévu un tournoi international dans le Nord pour clôturer une belle aventure de 2 ans. Quant aux U10-U11, je souhaite finir avec eux la saison invaincue dans notre phase de critérium. Sans oublier de produire du jeu avant tout, car pour moi, le contenu passe avant le résultat à cet âge.

Avez-vous une méthode d’entraînement particulière avec vos jeunes ?

J’ai, comme tout éducateur, ma méthode de travail. Je fixe à chaque entraînement des objectifs personnels et collectifs aux joueurs. Cela permet de voir chacun entrer en compétition les uns envers les autres, tout en se tirant vers le haut et en conservant une certaine harmonie. De fait, tout le monde avance dans le même sens.

Quel rôle endossez-vous sur le plan social ?

Mes rapports avec les joueurs sont très familiaux je dirais. Bien plus qu’un simple d’éducateur, j’ai aussi un rôle de grand frère avec eux même si une certaine barrière reste fixée. Je suis très proche de mes joueurs et à la fois distant. J’essaie de tirer le meilleur d’eux-mêmes aussi bien mentalement que techniquement et tactiquement. Je suis très exigeant et à la fois très protecteur avec eux. Ce sont mes petits frères, mes enfants, sans leur montrer beaucoup d’affections.

Quelle est votre plus grande fierté en tant qu’éducateur ?

J’ai eu dès ma première année d’éducateur, une équipe de joueurs en difficultés aussi bien mentalement que techniquement, dont un joueur en particulier. Ce dernier avait beaucoup progressé et je savais que son papa était malade, que ses jours étaient comptés. Pour notre dernier match de la saison, j’ai insisté pour que celui-ci vienne voir jouer son fils. Il s’avère que ce jour-là, le petit marque un doublé, ses deux seuls buts de la saison. C’était la première fois que son papa le voyait jouer au foot, 1 mois plus tard il décéda. Ma plus grande fierté est d’avoir vu un papa fier de son fils et un fils heureux de voir son père au bord du terrain.

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