Interview

Nelson Almeida (Cesson) : « Boudebouz ? En dix minutes, il m’avait fait deux petits ponts »

06/11/2019 à 12:15

Il court toujours Nelson ! Après le ballon et contre temps. A 42 ans et 3 mois, le milieu offensif de Cesson en Régional 2 est un véritable phénomène de longévité. Cela fait maintenant 22 années que cet électricien écume les terrains franciliens chez les séniors.

Et dimanche dernier, en championnat contre Palaiseau (2-2), il était encore titulaire. A ce niveau, c’est sans doute le joueur le plus âgé de toute la Ligue de Paris. A l’instar de Hilton, le défenseur brésilien de Montpellier, en Ligue 1, « Neness » fait durer le plaisir sans vraiment savoir quand il raccrochera les crampons. Pour Actufoot, cet infatigable joueur a rouvert son album souvenirs.

Le coéquipier le plus fort ?

« Andy Racon. On a joué ensemble à Moissy et à Evry. Un super gars humainement que je porte dans mon cœur, même s’il boudait parfois (rire) ! C’était aussi un excellent attaquant qui nous a fait gagner beaucoup de matchs. »

L’adversaire le plus fort ?

« Ryad Boudebouz. Je l’ai rencontré avec Moissy en CFA quand il était stagiaire pro à Sochaux. C’était le top. En dix minutes, il m’avait déjà fait deux petits ponts. Je m’étais vite éloigné de sa zone (rire)… »

L’adversaire le plus fou ?

« Farid Bououden. Un défenseur central qui a joué à Aubervilliers et à Noisy-le-Sec. Il cherchait à impressionner ses adversaires avec son comportement et ses paroles. Il était beaucoup dans l’intimidation et la provocation. »

Le coéquipier le plus drôle ?

« Mickaël Lafont. Dans le vestiaire, à Moissy, il mettait l’ambiance. Il nous faisait beaucoup rigoler et faisait pas mal de conneries. Et en plus, sur le terrain, c’était un super meneur de jeu. »

Le joueur que vous aimeriez revoir ?

« Stanislas Le Faou, le fils d’un dirigeant à Evry. On n’a pas joué beaucoup ensemble, mais il y avait un bon feeling entre nous. C’est un garçon qui m’a marqué, mais on s’est perdu de vue. J’aimerais bien avoir de ses nouvelles. »

L’entraîneur le plus marquant ?

« Jean-Luc Perlini (Moissy) et je ne dis pas ça, parce que c’est mon beau-père (rire) ! C’était un grand technicien qui s’est fait jeter de Moissy comme un malpropre, alors que l’équipe était deuxième en CFA. Il connaît le football et sait de quoi il parle. Quand il analyse mes matchs, je l’écoute toujours. »

Le match le plus fou ?

« Contre Saint-Quentin avec Moissy en CFA 2. J’avais 37 ans et j’étais redescendu en défense après l’expulsion de notre latéral droit. J’ai marqué les deux buts de la victoire, dont le second sur une longue chevauchée. Réussir un doublé, cela ne m’est pas arrivé souvent. »

Le plus gros regret ?

« La façon dont cela s’est terminé avec Moissy en 2014. Je voulais effectuer une dernière saison, mais les dirigeants m’ont fait une proposition qui n’était pas acceptable. C’était une manière de me pousser vers la sortie. »

Le meilleur match ?

« Contre Lens avec Moissy en CFA. On fait match nul (1-1) et c’est moi qui égalise. Ce jour-là, je m’étais senti super bien. »

Le plus mauvais ?

« Un match de coupe de France perdu à Orly avec Moissy. On jouait en CFA et eux en DH. On était passé complètement au travers. Personnellement, j’avais été super nul. »

Le plus beau but ?

« Je ne sais pas vraiment si c’est le plus beau, mais c’était à la fin de la saison 1999-2000 en National avec Evry. On allait descendre, mais on avait battu Clermont (3-2) au stade de Bondoufle. Je marque le but de la victoire. Sur une passe en profondeur, je prends la défense de vitesse et je marque d’un tir croisé. Ce fut mon premier et dernier but en National (rire) ! »

Le dernier match de ta carrière ?

« On me demande souvent quand je vais arrêter, mais je n’ai pas la réponse ! Tant que mon corps me le permettra, je continuerai. La compétition fait partie de ma vie et sans elle, je sais que je vais avoir un coup de déprime. Je ne me vois pas jouer en vétérans et pourtant, les propositions ne manquent pas. Quand j’arrêterai le foot, je me mettrai au tennis avec toujours cette même envie de gagner. Ça fait quand même bizarre de jouer contre des gamins de 18, 20 ans. Mais dans leurs yeux, je vois du respect. Ils ne me considèrent pas comme un vieux croûton. Je reste crédible. Mon fils aîné, qui a 13 ans, commence à se rendre compte de ce que je réalise et c’est peut-être la chose, dont je suis le plus fier. »

Pour ne rien manquer de l’actualité du foot francilien :