Portrait

Olivier Gérard, l’ange gardien du FC Melun

18/10/2019 à 16:09

Respecté pour son professionnalisme et sa générosité, cet entraîneur de gardiens est un personnage du football seine-et-marnais. À 54 ans, il revient sur sa carrière. Un parcours attachant.

Sous son inséparable casquette, fourmillent des souvenirs logés dans un coin de la tête. Olivier Gérard est ce qu’on appelle un serviteur du foot. Aussi discret qu’efficace. Ce Vosgien de naissance, arrivé à Melun à l’âge de 5 ans, est devenu un spécialiste de l’entraînement des gardiens de but. Cela fait maintenant plus de 25 ans qu’il forme des générations de gardiens.

« Je n’étais pas fait pour être dans le champ »

Et pourtant, Olivier n’a jamais imaginé un tel plan de carrière. C’est Claude Dusseau, l’ancien manitou de l’INF Clairefontaine alors entraîneur à Melun, qui lui fait comprendre que sa place est dans une cage. « Il s’est vite aperçu que je n’étais pas fait pour être dans le champ, raconte-t-il. Il n’avait pas tort ! » Mais Olivier n’arrive pas à percer et à 17 ans, il retourne se ressourcer dans ses Vosges natales et signe à Epinal. Trois saisons plus tard, retour à Melun où il va effectuer son service militaire tout en reprenant une licence au club. Mais une blessure au genou l’oblige à remiser définitivement ses gants. Il trouve un job de commercial dans une société de peinture, mais la passion du foot reste la plus forte et une rencontre avec un ami de Safet Susic, star du PSG à l’époque, va lui ouvrir les portes du club parisien.

Il devient intendant et sympathise avec le stratège bosnien. En 1991, il suit Susic au Red Star (alors en Ligue 2) et y occupe les mêmes fonctions. Un an après, la fin de carrière de l’ex-n°10 l’incite à retourner dans son fief de Melun. Olivier Gérard devient alors entraîneur des gardiens du club melunais. Et après des passages à Sénart-Moissy, Brétigny et au Mée, il rallie son port d’attache en 2012. « La boucle est bouclée », assure-t-il. Mais sa fidélité au club melunais ne l’empêche pas d’effectuer quelques piges, comme à Fleury-Mérogis (National 2) cet été, afin d’aider le club essonnien dans sa préparation. Très sollicité, Olivier est également référent pour le District de Seine-et-Marne, supervise des sélections de jeunes à la Ligue de Paris et renforce deux soirs par semaine la structure d’entraînement créée par son ami Morgan Février.

Le « papa blanc » de Papy Djilobodji

Mais derrière le technicien, se cache un mec en or toujours prêt à rendre service. Comme en 2009 où il a hébergé durant plusieurs mois le défenseur sénégalais Papy Djilobodji quand celui-ci a débarqué un peu par hasard à Moissy, alors en N 2. «Je suis allé le chercher à l’aéroport, se souvient Olivier. Il n’avait pas de valise, alors je l’ai emmené à Décathlon pour lui acheter quelques affaires. Chez moi, c’est l’humain qui prime.» Dix ans plus tard, cette amitié dure toujours. « Il me dit que je suis son papa blanc, sourit Olivier. Papy a un cœur en or. Quand il m’offre des cadeaux, je suis parfois gêné. » Olivier a même passé deux semaines à Londres quand « Dijlo » a signé à Chelsea !

Par la suite, il prendra d’autres garçons sous son aile protectrice comme Donovan Léon, l’actuel gardien de Brest. « Lui aussi a vécu chez moi quand il est arrivé de Guyane à 14 ans. On s’appelle tous les jours. J’espère qu’il va s’imposer en Ligue 1. Il le mérite. » On peut citer également le gardien guingampais Marc-Aurèle Caillard, croisé à Moissy et à Brétigny. Si certains autres de ses « disciples » (Clément Ysambert et Jimmy Acheron) ne sont pas devenus pros, ils ont néanmoins conservé de solides liens avec leur mentor. « C’est la famille, résume Olivier. Ils me donnent de la force. » Pour transmettre notamment son savoir à Amour N’Dangani, son jeune collègue qui marche sur ses traces à Melun : « Il connaît bien ses gamins et est respecté. Je lui conseille de passer ses diplômes. Le plus important est de valoriser cette fonction d’entraîneur qui reste un peu à part. »

L’autre espoir d’Olivier Gérard est de voir le FC Melun (actuel dernier de son groupe en Régionale 2) remonter dans la hiérarchie du football francilien : « Ce serait bien pour Cédric Guilloso, le président. C’est un mec dévoué qui donne tout pour son club. » Comme Olivier.

Crédits Photos : DR

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