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Patrick Robert (USCL) : « Les filles comme les garçons ont faim de challenge et de réussite ! »

11/08/2020 à 17:15

Rencontre avec Patrick Robert, le patron de la section féminine de l'US Créteil Lusitanos qui est également présent au District du Val-de-Marne de football !

Pouvez-vous nous détailler votre rôle de coordinateur du pôle féminin à l’US Créteil Lusitanos ?

Dans l’organigramme du club, il y a le président, puis le directeur technique, Vincent Di Bartolomeo, qui nomme des coordinateurs pour les différentes sections du club. Le pôle féminin étant peu développé encore, nous avons donc un coordinateur englobant tous les licenciées des séniors jusqu’aux U9. J’ai sous ma responsabilité la formation des éducateurs à la méthode USCL, la manière dont nous voulons mettre en place nos séances, mais aussi, l’orientation technique du pôle féminin selon les besoins. Nous avons le devoir de proposer la meilleure expérience football possible afin de fidéliser le public féminin qui est encore un peu volatil d’une année sur l’autre.

Quand a été lancée la section féminine des Béliers ?

Un travail de fond a été réalisé depuis cinq ans par l’US Créteil Lusitanos et Stéphane Calegari (aujourd’hui chez les Lusitanos Saint-Maur, NDLR). C’est une volonté fédérale d’avoir des sections féminines dans les clubs professionnels, mais c’est également une volonté du club de diversifier son offre. L’évolution de cette section est encore compliquée car nous n’avons pas la masse que nous avons chez les garçons. Il n’est pas encore naturel chez des parents de mettre les filles au football. Pour être allé au Canada et aux Etats-Unis, c’est une normalité chez eux. En France, les mentalités sont en train de changer tout doucement… Il faudra encore une dizaine d’années pour réussir dans tous les clubs à avoir une masse. En termes de volume, des seniors aux plus jeunes, nous avons environ 120 licenciées ce qui est peu…

Quel regard portez-vous sur la saison passée aussi bien sur les séniors que les jeunes ?

Ce fut une saison tronquée. Ce qui est dommage, car au niveau des séniors (R3), nous avions un groupe intéressant avec des profils qui se dégageaient. Nous n’avons pas pu aller au bout mais je pense qu’il y avait quelque chose à faire. Pour les jeunes c’est compliqué, les filles n’ont pas encore les codes du football et souvent elles arrivent avec l’effet Coupe du Monde ou grâce à d’autres joueuses. Ce n’est pas forcément une volonté de faire du football à la base. C’est à nous de leur inculquer cette culture foot. De U6 à U9, nous avons des filles qui viennent de plus en plus tôt. À nous de faire en sorte que ces filles grandissent, progressent, et acquièrent la culture foot et ses codes.

Patrick Robert (USCL) - Créteil foot féminin

Vous êtes également au District du Val-de-Marne. Est-ce que pour vous ce département est une terre de foot féminin ?

Bien sûr ! Au niveau du District et de la commission foot féminin, il y a une vraie volonté de mettre le foot féminin en avant par des actions dans les écoles et ponctuellement sur les terrains avec des clubs et des associations. Il y a une vraie volonté de promouvoir ce football. Dans le département nous avons notamment le Paris FC et la VGA Saint-Maur qui travaillent bien et ont fait en sorte de promouvoir ce sport. Nous avons la chance d’avoir ces clubs dans le District et nous essayons de travailler avec eux.

Pourtant, auparavant vous travailliez avec les garçons, à l’UJA Alfortville ou au CSM Bonneuil… Qu’est-ce qui vous a poussé vers les filles ?

Ce fut un choix personnel. J’ai une nièce, qui très tôt s’est intéressée au football et ma sœur faisait du handball. J’ai emmené ma nièce voir des matches de foot et elle avait toujours envie de jouer au football. Elle s’est inscrite en club et à force d’aller aux entraînements, de voir comment cela se passait et d’avoir fait le tour avec les garçons des U6 aux séniors, j’ai eu envie d’autre chose et d’apporter ma pierre à l’édifice du football féminin. Je ne m’attendais à rien et je venais sans a priori. Dans l’approche humaine, c’est très différent. Il y a une approche plus pédagogique, plus associative, mais les filles comme les garçons ont faim de challenge et de réussite sportive !

À l’avenir, quelles sont vos ambitions pour la section de l’USCL ?

J’aimerais l’emmener le plus haut possible. Si c’est la R1 d’ici 5 ans, ce sera la R1, si cela doit être plus haut, ce sera plus haut. Au niveau du pôle féminin, ce serait d’arriver à proposer un parcours académique comme pour les garçons à savoir un cursus sport-études professionnalisant. Ce sera un travail de très longue durée. Car nous sommes entourés de clubs déjà structurés et qui ont un savoir-faire. Il y a une vraie volonté de la part du comité directeur et du président d’avoir une section féminine qui tienne la route et qui compte dans le Val-de-Marne comme en Ile-de-France.

Propos recueillis par Nicolas Cotten.