Interview

Le président de l’AS Poissy pousse un coup de gueule auprès de la FFF

24/09/2020 à 15:35

Olivier Szewczuk, le président de l’AS Poissy (Yvelines) s’est livré au média "Actu.fr" sur la situation sanitaire actuelle qui touche le football français et plus particulièrement le championnat de National 2. Il a également tenu à s'exprimer sur le calendrier surchargé imposé par la Fédération Française de Football.

 

Où en est la situation au sein du club ?

« Nous avons très bien appréhendé les cas de Covid-19 et je voudrais que ça se sache. C’est vraiment trop facile de critiquer l’AS Poissy. Quand je vois les commentaires que j’ai pu lire ou les appels que j’ai reçus disant que Poissy n’était qu’un club d’amateurs, je suis très surpris et très remonté.

Je voudrais en profiter pour faire une synthèse. La nuit après notre match contre Granville, le 11 septembre, notre capitaine Ibrahima Traoré a pris contact avec nous pour nous alerter qu’il ressentait une grosse fatigue. De là, on a pensé qu’il y avait peut-être un lien avec le Covid-19. On a tout de suite lancé le protocole médical avec Sylvain Groseil, le directeur adjoint du centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye, qui travaille avec nous. Le test s’est avéré positif. On a donc très rapidement pris la décision de faire passer un test à tous nos joueurs.

Nous avons été très réactifs pour obtenir les résultats des 22 joueurs sur 48 heures. Je ne suis pas certain que d’autres clubs en N2 puissent faire cela. Dire que le club ne tient pas la route, c’est un scandale. Nous sommes face à une crise sanitaire. Nous avons eu 9 cas et nous avons prévenu tout de suite le club de Granville de la situation, étant donné qu’on avait joué contre eux. »

 

Combien de joueurs restent dans l’incapacité de jouer ?

« Il n’y en a plus que trois, dont notre gardien touché par le Covid depuis lundi. C’est un début de saison vraiment compliqué sportivement. Les planètes ne sont pas alignées. Nous allons affronter Vannes samedi à 18 h, un club actuellement en pleine bourre. Et nos joueurs ne reprennent l’entraînement que demain jeudi suite à la quarantaine de six jours. Cela leur donne seulement deux entraînements dans les jambes. Nous sommes pénalisés sur toute la ligne alors que nous avons pris les mesures sanitaires. J’ai vraiment les boules. Samedi, c’est le cœur qui va parler pour au moins obtenir le match nul. »

 

Votre match à Châteaubriant a été reporté à mercredi 30 septembre. Comment appréhendez-vous cette rencontre alors que votre effectif est fortement diminué physiquement ?

« C’est la goutte d’eau (qui fait déborder le vase). La Fédération aurait pu reporter le match un peu plus tard en octobre. Je suis écœuré. Nous les avons appelés hier pour comprendre les raisons de cette date et leur seul argument c’est qu’ils ne savent pas si le championnat s’arrêtera ou pas dans deux mois. En gros, tant qu’on peut jouer, on joue. On va partir en minibus pour 5 heures de route dès le matin pour jouer à 20 h, en sachant que les garçons seront fatigués.

On subit tout. On va jouer Vannes en étant diminués et on nous renvoie en Bretagne (Loire-Atlantique) comme si nous étions des moutons qu’on emmenait à l’abattoir. Nous ne sommes pas un club professionnel ! Je vais me battre, reparler aux instances et je suis prêt à boycotter le match! Je suis obligé de défendre mes joueurs qui vont être éreintés. Je suis atterré que personne à la Fédération ne prenne la mesure que le club a bien fait tout son possible face aux cas de Covid en étant très réactif. »