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Sarah M’Barek « On évolue dans le bon sens »

09/06/2017 à 17:07

Sarah M’Barek (footballeuse internationale française - 18 sélections - aujourd'hui devenue entraîneur) s'est prêtée au jeu de l'interview pour Actufoot (avant la dernière journée de championnat). L’entraineur de l’En Avant Guingamp a accepté de se livrer.

ITW Portrait 9.5 (durée : 20’ / lieu : dans un bus)

Pourquoi avez-vous accepté notre demande d’Interview ?

Parce que vous avez insisté. Je suis assez disponible et vous étiez suffisamment courtois pour accepter l’interview.

Quel est votre parcours comme joueuse et comme entraineur ?

J’ai grandi à Tours et fait un sports études. Après le bac, j’ai fait une année en médecine. Comme c’était compliqué de concilier les 2, j’ai décidé un Staps de sport à Nantes. Mon parcours de joueuse commence à Tours et j’ai continué à Orléans, Juvisy, la Roche-sur-Yon pour terminer à Montpellier.

A la fin de ma carrière de joueuse, je suis nommée entraineur à Montpellier pendant 6 ans et je suis à Guingamp depuis 4 ans.

Pourquoi avoir choisi le football comme sport ?

J’avais un grand frère dans le football et mon père était entraineur. Dès mon plus jeune âge, c’était le sport qui m’attirait.

Que pensez-vous de l’évolution du football féminin ?

L’évolution est assez positive. Il y a eu une belle évolution (nombre atteint de 100 000 licenciées, un chiffre toujours croissant), il y a des écoles de football un peu partout. C’est assez accessible pour tous. Au haut niveau : la pratique du football s’est développée. Les joueuses sont des athlètes, elles s’entrainent beaucoup. L’OL est une des meilleures équipes d’Europe avec notamment onze titres consécutifs de championnes de France et 3 titres de championne d’Europe. Il y a aussi une finale féminine de Ligue des Champions 100% français. L’équipe de France a passé un cap mais il lui manque encore un trophée.

Trouvez-vous qu’il y a encore un fossé entre les 2 (football masculin et féminin) ?

On ne peut pas comparer les 2 footballs. Les salaires sont incomparables. Nous, on évolue dans le bon sens, il faut garder notre âme. On véhicule une bonne image (du sport et de la femme).

Pourquoi avoir choisi l’En avant Guingamp ?

C’était un choix ! J’étais en fin de cycle à Montpellier. J’avais besoin de bouger et le challenge proposé m’a convaincue. Guingamp est un club familial.

Quels sont les objectifs de l’En avant Guingamp ?

Ça a été une saison de transition. J’ai donné confiance aux jeunes. La saison a été compliquée pour certaines. Mais il y a eu des bons résultats contre le Top4 (match nul contre le PSG à l’extérieur, battu Juvisy à la maison comme l’OM aussi (4-0)).

Il y a eu des contre-performances par manque de maturité, par la jeunesse du groupe. On aurait pu faire mieux mais c’est encourageant.

Arrivez-vous à vivre du football ?

C’est mon métier bien sûr ! Ça a été ma volonté. Jusque-là, je n’ai pas eu à me plaindre.

Connaissez-vous le football amateur dans le 95 ? Un club en particulier ?

Je le connais un petit peu, je connais de nom. Je n’ai pas eu l’occasion de voir des matches mais j’ai côtoyé des entraineurs à l’occasion de ma formation à l’INF.

Si je vous dis le kanak vous pensez à quoi ?

Je pense à Antoine Kombouaré. J’ai eu l’occasion de le voir une fois, je me suis présenté à lui. Il devait voir un match, ça sera peut-être l’année prochaine.

Quel conseil pourriez-vous donner pour devenir professionnel ?

Ça serait de rester un maximum dans les études, de se construire un monde hors football, être capable de prévoir sa reconversion pour assurer son avenir. Sinon il faut être persévérant et humble.