Régional 2 (A)ITW

Sylvestre Betoubam (Cesson VSD) : « Ça va être plus compliqué que prévu »

28/02/2020 à 12:06

Difficultés financières, problèmes de terrains et points de pénalité : l’ES Cesson Vert-Saint-Denis vit une saison galère. A l’opposé de l’exercice précédent qui l’avait vue se maintenir pour sa première saison en R 2 et remporter la Coupe de Paris. 10es au classement avec seulement deux points d’avance sur le premier relégable, leur voisin du FC Melun, les Cessonnais vont renouer avec la compétition, dimanche contre la réserve de l’US Créteil Lusitanos, avec une certaine pression. Leur entraîneur Sylvestre Betoubam fait le point.

Après un bon début de saison, votre équipe n’a plus gagné depuis le 6 octobre. Elle reste même sur 3 défaites. Que se passe-t-il ?

Les 4 points perdus sur tapis vert contre Grigny (Cesson s’était imposé 2-1 sur le terrain le 24 novembre) ont constitué un véritable coup de massue. C’est un tournant dans notre saison. On a été sanctionnés, car on a fait jouer un joueur suspendu. Dans cette histoire, on a tous pris notre part de responsabilités, moi y compris. Ça a beaucoup cogité dans la tête des joueurs et il y a eu un peu de tension.

Il y a eu également d’autres problèmes extra-sportifs…

Oui, le club a accumulé des dettes ces derniers mois et des nouveaux membres du comité directeur ont demandé à ce qu’un audit soit réalisé. On en saura plus dans quelques jours, car une réunion est prévue avec les mairies de Cesson et de Vert-Saint-Denis. On a donc demandé aux éducateurs de faire des efforts et nos indemnités sont gelées depuis début janvier. Depuis décembre, on a également des problèmes pour utiliser les terrains et notamment le synthétique. On a dû se rabattre sur un stabilisé. Dans ces cas-là, les joueurs sont moins motivés pour venir à l’entraînement. Heureusement, le club de Nandy nous a prêtés ses installations et j’en profite pour remercier ses dirigeants.

Comment avez-vous géré cette longue trêve durant ce mois de février ?

On n’a pas coupé, afin de garder les joueurs mobilisés. On a disputé des matchs amicaux et on a notamment battu l’équipe de R 1 de Sénart-Moissy (1-0). Lors de cette rencontre, j’ai vu des choses intéressantes.

Imaginiez-vous vivre une saison aussi compliquée ?

Non, l’objectif était d’assurer un maintien tranquille en terminant dans les six premiers. Mais là, ça va être plus compliqué que prévu. On est condamnés à prendre des points rapidement pour laisser Melun et Palaiseau derrière, c’est primordial. Mais s’il y a des descentes supplémentaires des divisions supérieures, je pense qu’il faudra également éviter de finir 10es pour être vraiment sereins. Ce n’est pas dans mes habitudes de fixer des objectifs chiffrés, mais lors de nos deux prochains matchs (contre Créteil et Melun), il faut qu’on prenne 4 points. A nous de faire notre parcours sans compter sur les autres.

« Il n’est jamais facile de revenir dans un club avec lequel on a vécu de belles choses »

Votre équipe est-elle moins forte que l’an passé ?

Elle manque surtout de maturité, car on a recruté beaucoup de jeunes. On a perdu des joueurs importants. Nous avons 15 mutations et notre marge de manœuvre est donc difficile, notamment en défense. On bricole et cela nous a coûtés des points. Les joueurs font pourtant beaucoup d’efforts, mais il nous manque un leader technique qui pourrait peser dans le vestiaire. On a des anciens comme Nelson (Almeida) et Bahri (Guleser), mais ce sont plus des leaders d’effort. Ils n’ont pas ce côté fédérateur et ils ne peuvent plus forcément enchaîner les matchs.

Votre équipe n’est-elle pas finalement à sa place au classement ?

Je ne crois pas. Certains matchs se sont joués sur des détails comme à Drancy (3-3), où on se fait rejoindre dans le temps additionnel. A Vitry (défaite 3-2), on a aussi fait preuve de fébrilité. On mène 2-0 à la 70e minute et on encaisse 3 buts derrière. Je le répète, on paie ce manque de maturité, mais notre vrai problème, c’est l’efficacité. On n’a pas de buteur, comme pas mal d’équipes en région parisienne d’ailleurs.

Comment voyez-vous votre avenir ?

Je ne me projette pas sur la saison prochaine. Mais je me suis rendu compte qu’il n’est jamais facile de revenir dans un club avec lequel on a vécu de belles choses et partagé une histoire commune (NDLR : Sylvestre Betoubam a quitté Cesson de décembre 2016 à juin 2019 pour s’installer à La Réunion. Il est monté deux fois avec le club en PH et DHR entre 2011 et 2014). En près de 3 ans, il y a eu pas mal de changements. Pour l’instant, il y a beaucoup de frustration, mais je ferai le bilan à la fin. S’il faut tourner la page, je le ferai sereinement. Mais je veux surtout que l’équipe se maintienne en Régional 2. On essaie de vendre un projet de vie aux gars, un projet familial. C’est cet esprit qui nous permettra de nous sauver.

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