Interview

Therry Racon, retour aux sources à Crosne

07/09/2020 à 14:15

Pendant sa carrière professionnelle, il a évolué en Ligue 1 avec l'OM, en Ligue 2 avec Guingamp et Lorient puis en Championship avec Charlton. Therry Racon, de retour au Val d'Yerres Crosne Football Association, revient sur sa carrière et aborde sa reconversion. Interview !

 

Quel regard portes-tu sur ta carrière ?

« Je porte un regard normal même si je suis content de ce que j’ai fait. Je pense que j’aurais pu faire plus. J’ai découvert pas mal de championnats étrangers. J’ai pu voir la Ligue 1, la Ligue 2, la Championship. »

As-tu des regrets ?

« Des regrets on en a toujours sur des choix de carrière. Ou des fois le train passe devant toi et je me dis avec le recul que j’aurais pu avoir une autre carrière si j’avais signé dans tel club. Pour moi ce ne sont pas des regrets mais plutôt des opportunités que je n’ai pas pu saisir. »

Quels souvenirs gardes-tu de tes passages à Guingamp, Lorient et en Angleterre ?

« A Lorient ce fût un super souvenir. C’est l’une des meilleures saisons de ma carrière dans le sens où je n’ai pas eu de blessures. A Guingamp j’en garde un bon souvenir également mis à part les blessures. Après j’ai eu l’opportunité d’aller dans des plus gros clubs mais Guingamp ne m’a pas laissé partir. C’est le mauvais souvenir que je garde de cette expérience là-bas. L’Angleterre, j’ai bien aimé. Un nouveau championnat, une nouvelle langue. En général mis à part deux ou trois petites choses, je garde de bons souvenirs de mes expériences. »

As-tu des regrets à Marseille où tu as peu joué et avec du recul aurais-tu pu accrocher quelque chose ?

« Oui et non. Quand je pars en prêt à Lorient, c’est une très bonne saison. Lorient veut ensuite me récupérer, Guingamp aussi et Nancy qui monte en Ligue 1. Il était convenu que je prolonge avec une revalorisation salariale et que je parte ensuite en prêt à Lorient. Cela ne se fait pas car il y a un changement de président. Pape Diouf me dit que la donne a changé. Un nouveau coach était arrivé. L’opportunité de Guingamp se présente, le club se propose de racheter mon contrat et je vais là-bas. Avec du recul, je sais que si j’étais resté avec ce qui était prévu, j’aurais pu avoir ma chance. Ce sont les aléas qui ont fait que j’ai dû partir. »

Après Portsmouth tu reviens en France à Sedan puis tu découvres le monde amateur :

« Découvrir le monde amateur m’a changé de ce que j’avais connu. Quand je reviens en France avant Portsmouth, j’ai eu une grave blessure. Ensuite j’ai essayé de me relancer à Portsmouth mais ma famille était loin et j’étais tout seul en Angleterre. Je jette l’éponge et je reviens en France. J’avais décidé d’arrêter et l’opportunité de Sedan est arrivée. J’y vais et j’y reste trois mois. Le coach qui m’avait recruté s’est fait virer et ça ne collait pas du tout avec celui qui l’a remplacé. J’arrête tout et je rentre sur Paris. Je voulais arrêter car j’étais un peu dégoûté de ce monde-là. Mais par l’intermédiaire d’un ami, on me propose d’aller à Dreux dans le monde amateur. Au début je n’étais pas trop chaud mais j’y vais pour finir la saison. J’ai été agréablement surpris. Il y avait un bon groupe, une super ambiance. J’étais content de retrouver un groupe sain où tout le monde rigolait. Cela a été une bonne surprise. Je suis arrivé dans le bon club. »

Puis tu vas au Racing à Colombes :

« Je vais au Racing. Cela se passe bien. Je ne fais qu’une saison et on loupe la montée sur les dernières journées. Je prends un rouge et du coup je ne joue pas les 5 derniers matchs. Il y avait un bon groupe. »

Enfin tu pars à Val d’Yerres Crosne pour cette saison, histoire de boucler la boucle :

« Je sortais d’une bonne saison avec le Racing où je mets 3 buts. A l’intersaison, j’ai Fleury qui me contacte pour venir. J’en fais part aux dirigeants du Racing et ils me disent qu’ils comptent sur moi pour la suite et qu’ils ne souhaitent pas me voir partir. 6 mois après, ils m’informent qu’ils changent toute l’équipe et qu’ils ne gardent aucun « ancien ». J’étais un peu surpris et dégoûté. Après tout cela, j’avais complètement arrêté . En décembre, l’ancien coach que j’avais au Racing, Mourine, qui a récupéré St-Leu m’appelle pour venir. J’y vais et je termine la saison avec eux. Ça ne se passe pas très bien. L’équipe était mal embarquée et puis nous avons eu le confinement et le championnat s’arrête. Là je décide vraiment d’arrêter, j’en avais assez de faire la route moi qui suis dans le 91. En discutant avec un ami, je me disais que le foot allait quand même me manquer. Vu que j’habite à Yerres j’ai voulu me rapprocher du club, même si je n’avais jamais joué au niveau où ils sont. Mais le principal était de me faire plaisir. C’était un clin d’œil vu que j’ai joué là-bas en poussins de 8 à 11 ans. Je voulais aller donner un petit coup de main, encadrer les jeunes et leur montrer la voie pour aller plus haut. J’ai contacté le président. Crosne sera mon dernier club, j’ai 36 ans. Mon corps tient et j’ai encore la passion. »

A quel moment tu as pensé à ta reconversion ?

« J’y ai pensé quand j’ai eu une grosse blessure en 2011 en sortant de Milwall. Cela fait un petit moment que j’ai cette idée en tête. Je suis en train de regarder dans le monde de l’auto-école pour me lancer. Je souhaite me lancer dans un autre univers que le foot et créer ma propre entreprise. Après j’ai des idées mais rien de concret encore. J’aurais toujours un pied dans le foot car je souhaite passer mes diplômes pour pourquoi pas entraîner. A court terme, j’ai plus envie de créer ma propre entreprise. »

 

Propos recueillis par Nicolas Cotten et Nicolas Issner.