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Umutcan Topalci (Livry Gargan FC) : « J’ai voulu arrêter le football »

18/03/2020 à 12:27

Arrivé cet hiver au Livry Gargan FC, Umutcan Topalci apporte toute son expérience et sa grinta au club pensionnaire de Régional 2. Ce redoutable buteur de 25 ans s'est forgé dans les chaudes ambiances de la troisième division turque, mais pas que... Le natif de Bağcılar en Turquie, qui a grandi à Clichy-sous-Bois, nous expose son parcours et ses ambitions !

Umutcan, quel est votre parcours ?

J’ai joué à Clichy jusqu’en U17, puis je suis allé à Montfermeil. En première année U19, je suis parti en Turquie en troisième division professionnelle pendant cinq ans dans quatre clubs différents. Ensuite, j’ai rejoint l’Espagne pour jouer en Tercera División (D4) au Martos Club Deportivo en 2018-2019. J’ai rejoint le FC Saint-Leu en National 3 en début de saison sous les ordres de William Longuet. Après des problèmes de règlement, j’ai préféré rejoindre le Livry Gargan FC avec le coach Mori Paye. J’ai joué un match, j’ai pris un carton et j’ai été suspendu. J’ai alors voulu arrêter le football, dans ma tête c’était fini. C’est mon ancien coach, Tony, qui m’a demandé de revenir pour le bien du groupe et j’ai joué six rencontres par la suite.

Racontez-nous votre expérience en Turquie ?

J’ai terminé meilleur buteur en 2014-2015 avec 12 buts marqués en 17 matches, au poste de milieu droit. Après cette saison-là, j’aurais pu partir en deuxième division car j’étais convoité, mais j’ai préféré refuser.

Avez-vous en tête un match « bouillant » ?

Une rencontre face au leader du championnat avec 10 points d’avance. Le stade était rempli de 30 000 supporters. J’ai eu la chance d’inscrire un doublé ce jour-là. Je me sentais comme un footballeur. On menait 2-0, mais l’adversaire a mis la pression sur l’arbitre qui a distribué 17 cartons jaunes et 1 rouge. Il a laissé tourner le chrono avec 9 minutes de temps additionnel. Le match s’est finalement terminé à 2-2. Le retour aux vestiaires a été chaud. Avant de repartir, nous sommes restés trois heures au stade.

Comment s’est concrétisé votre départ pour l’Espagne ?

Après un stage de préparation avec mon équipe à Antalya, j’ai été repéré par un club espagnol que nous avions affronté. Ils m’ont trouvé bon et ils m’ont recruté.

Un passage de courte durée car vous décidez de revenir en France ?

J’ai joué six mois en Espagne et je suis revenu en France pour des raisons familiales. Ma mère m’a demandé de rentrer. Et, lors de lors de la CAN des quartiers à Clichy-sous-Bois, l’entraîneur des Lusitanos Saint-Maur, Salah Mahdjoub, était présent et m’a repéré. Il m’a demandé de venir faire la préparation d’avant-saison avec eux. Je devais signer là-bas, mais il y a eu des petits problèmes avec le président donc ça ne s’est pas fait.

« J’espère trouver un club de National 2 »

Vous signez finalement pour Saint-Leu…

Un ami m’a mis en relation avec William Longuet, un bon coach avec qui je suis toujours en contact. J’ai fait des amicaux avec Saint-Leu dont celui contre la JA Drancy où je marque deux buts. Après ce match, je signe chez eux. J’ai disputé trois rencontre là-bas, mais comme le coach a été limogé, j’ai préféré partir. On m’a proposé Livry Gargan pour jouer et garder du rythme avant de rebondir ailleurs.

Les débuts à Livry Gargan ont été compliqués ?

Avec le coach Mori Paye ça s’est bien passé, mais parfois les résultats ne sont pas au rendez-vous (Livry-Gargan est 11ème du groupe C de R2, NDLR). Tony, l’entraîneur des U18, que je connais, a repris l’équipe avant la trêve et m’a demandé de rester pour maintenir l’équipe. Il donne la chance aux jeunes. On a joué à l’extérieur à Sarcelles et on a gagné 3-2 (le 19 janvier). Les 20 dernières minutes, j’ai même joué dans les buts car le gardien a été expulsé. Ce jour-là, j’ai fait trois passes décisives !

Et depuis, la machine est repartie ?

On a joué à l’extérieur contre l’UJA Maccabi Paris, une victoire 3-0 avec un doublé pour ma part. Puis, deux autres succès avec des doublés contre Gennevilliers (2-0) et le FC Gobelins B (4-0). Mais aussi une victoire en Coupe.

À combien de réalisations êtes-vous ?

Sur six matches, j’en suis à sept buts. Mon objectif est d’en inscrire quinze au minium.

Comment expliquez-vous ces bons résultats ?

Le coach est jeune, il y a une bonne ambiance, le président est toujours là avec nous. Sur le terrain, tout le monde se donne à fond.

Si les championnats ne reprennent pas et si les classements actuels sont pris en compte, le Livry-Gargan FC descendrait en R3. Quel est votre regard là-dessus ?

Je ne peux pas vous dire, mais si tel était le cas ça serait dommage pour le club et pour les jeunes. Ça serait dur pour les jeunes de descendre en Régional 3…

Quel est votre rôle dans le vestiaire avec ces jeunes ?

Comme j’ai un peu d’expérience, je suis un peu le grand frère. Le coach compte sur moi. Je les conseille, mais j’apprends aussi auprès d’eux !

Votre équipe peut-elle se maintenir ?

Oui à 100% ! On peut même jouer la montée, dans le football tout va très vite. Dommage que le championnat soit suspendu car nous étions sur une bonne dynamique. J’ai déjà connu une telle expérience en Turquie avec neuf points de retard sur le premier. Et sur les matches retour, on les a tous gagné et nous sommes montés avec deux points d’avance.

Vu votre parcours, n’avez-vous pas des regrets de jouer en R2 ?

Si bien sûr, mais on apprend de nos erreurs. Dans le football, il est question d’opportunités et de connaissances.

Quelles sont vos ambitions pour l’année prochaine ?

J’espère trouver un club de National 2 en France en priorité, mais si je trouve une équipe de deuxième division en Belgique je n’hésiterai pas à partir, ce n’est pas aussi loin que la Turquie !

Propos recueillis par Farid Rouas.