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Walid Mesloub : « Le plaisir est toujours le même »

23/04/2020 à 18:25

Trappes, Istres, Le Havre, Lorient, Lens, la sélection algérienne… L’actuel milieu de terrain de UMM Salal (Qatar) retrace son parcours avec humilité et émotion. A 34 ans, Walid Mesloub a toujours la flamme.

Walid, quel est votre premier souvenir avec un ballon ?

Mon premier souvenir avec un ballon c’est en bas de chez moi, à Trappes, lorsque je jouais avec mes amis d’enfance.

À l’âge de 13 ans vous avez été approché par le PSG, mais vos parents ont refusé la proposition du club, comment l’aviez-vous vécu ?

Oui, c’est vrai. Le PSG lorsqu’on est jeune ça fait toujours rêver, mais j’étais très jeune et j’ai toujours respecté mes parents. Je pense que si ils ont pris cette décision pour moi c’est que c’était la bonne.

Jusqu’à vos 22 ans, vous avez joué au niveau amateur en région parisienne. Comment définiriez-vous le football francilien ? Et comment analysez-vous son niveau ?

Le football francilien est très réputé, le niveau est très élevé, il y a énormément de bons joueurs. Je pense que ça a été une très bonne chose pour moi et pour la suite de ma carrière.

“Il y a beaucoup à apprendre au quartier”

Trappes, Versailles, Levallois… Quel club de votre jeunesse vous a le plus marqué et pourquoi ?

Trappes forcément, là où tout a commencé. Les matchs le samedi, avec les parents tout autour du stade à nous supporter, à faire les déplacements avec nous… C’était vraiment les meilleurs ambiance, l’insouciance le plaisir, le ballon et les copains.

On dit souvent que le quartier est l’une des meilleures écoles de football, vous confirmez ?

Pour moi, le quartier m’a énormément apporté, que ce soit sur le plan technique, physique ou mental. Il y a beaucoup à apprendre au quartier.

Quel a été votre sentiment au moment de signer votre premier contrat professionnel à Istres ?

La première chose que j’ai ressenti, c’est la fierté de mes parents. Je savais que le plus dur allait commencer mais cela m’a donné la force de réussir.

Walid Mesloub

Avec Istres, vous êtes champion de National en 2009. Vous marquez 19 buts. Une incroyable saison ! Racontez-nous..

Oui, c’était une saison incroyable. Sur le plan personnel, mais surtout sur le plan collectif. Plus que le nombre de buts que j’ai pu marquer, ce que je retiens de cette saison-là c’est une aventure humaine exceptionnelle avec le reste du groupe. Plus de dix années sont passées, mais cela fait partie des meilleurs souvenirs de ma carrière.

Par la suite vous avez disputé plus de 170 matches avec Le Havre de 2010 à 2014. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en Normandie ? Vos plus belles années sur le plan individuel ?

Oui, j’ai énormément joué au Havre, avec souvent des saisons pleines. Je ne garde que de bons souvenirs de la Normandie, hormis le climat qui était difficile (sic). Mais au Havre, je pense avoir franchi un cap supplémentaire dans ma progression, ce club m’a beaucoup apporté. Je suis resté quatre ans et demi, ce n’est pas un hasard.

“Le RC Lens reste le plus beau club dans lequel j’ai évolué”

Avoir porté le maillot de la sélection algérienne a été un moment fort de votre carrière ?

Oui clairement. Avec la sélection une autre dimension s’ouvrait à moi. J’ai eu la chance d’y côtoyer des joueurs de haut niveau à l’époque. J’étais comme un gosse lors de ma première sélection, c’est un sentiment presque indescriptible que de porter ce maillot, d’être un Fennec. Quelle fierté de représenter son pays d’origine !

Avec Lorient vous découvrez la Ligue 1, un autre niveau, pensiez-vous un jour atteindre l’élite ?

Oui, l’élite du foot français, la Ligue 1, au fond de moi, j’avais toujours cette conviction d’y arriver un jour. A Lorient j’y suis parvenu. Une belle aventure également pendant quatre ans. Sportivement j’ai connu des hauts et des bas, comme pour tout footballeur dans une carrière, mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce club.

Que dire également du RC Lens, de Bollaert, de la vie dans le Nord ?

Très sincèrement s’il fallait faire un choix, et sans faire offense à personne je le précise, le RC Lens reste le plus beau club dans lequel j’ai évolué. Lens c’est costaud quand même ! Ce maillot sang et or génère une ferveur incroyable. C’est du jamais vu en Ligue 2 et franchement ce club mérite largement l’élite.

« Ma façon de jouer a évolué et même changé parfois au fil des années »

Vous êtes depuis quelques mois au Umm Salal (Qatar). Une façon de préparer la fin ?

C’est vrai que vu mon âge , je me rapproche de la fin (Walid fêtera ses 35 ans le 4 septembre prochain). Mais je le prends plus comme une première expérience à l’étranger et je ne suis pas du tout venu ici pour raccrocher les crampons.

Quel est votre rapport au dribble, au geste technique ?

La technique, les dribbles, ce sont les qualités premières au quartier, mais ensuite pour être un bon joueur de foot de haut niveau, il faut en ajouter d’autres. On s’en rend vite compte quand on commence à toucher le haut niveau. Avec l’expérience, les matchs disputés, ma façon de jouer a évolué et même changé parfois au fil des années. Mais ce que je constate, c’est que le plaisir est toujours le même quand j’entre sur un terrain. Et ça c’est le plus important.

Propos recueillis par Farid Rouas. 

Crédit Photo : FC Lorient (Bruno Perrel) / RC Lens

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