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Yaniss El Rharaby (Sucy) : « Coach, on remarque tes efforts pour rester calme ! »

23/03/2020 à 12:13

La rédaction d'Actufoot est partie à la rencontre d'un jeune sucycien, Yaniss El Rharaby qui alterne entre la réserve en D1 et l'équipe R1, avec laquelle il a déjà disputé 8 matches. Yaniss nous dévoile son parcours, sa passion, sa relation avec son coach Michel Milojevic et ses ambitions. Entretien !

À quel âge avez-vous commencé le football ?

J’ai commencé le foot en club à 15 ans. Avant, je jouais souvent au city ou au stade du collège avec un très bon ami. C’est d’ailleurs lui qui m’a poussé à m’inscrire.

« À Sucy, on s’entraîne pour gagner »

Avez-vous toujours joué à Sucy ?

C’est seulement ma deuxième année à Sucy. Au départ, j’ai commencé à Santeny avec les U17. Ensuite, j’ai joué pour Marolles et c’est l’année dernière que j’ai commencé à Sucy avec les U19.

Comment êtes-vous arrivé au club ?

C’était en juin 2018, je jouais à Marolles et un coéquipier m’a proposé de faire un essai avec lui à Sucy. À la base, je n’avais pas l’ambition de partir, mais j’y suis quand même allé par curiosité, et aussi parce que le père de mon ami avait parlé au coach qui voulait me voir. On a fait un match amical, ça s’est bien passé : on à gagné 6-0. J’ai même marqué donc ça m’a vraiment emballé : le projet, le coach et l’équipe. C’était sérieux et ambitieux donc je n’ai pas hésité, je n’avais jamais connu ça. Le problème dans les petites villes comme Marolles ou Santeny, c’est qu’il y a un manque d’effectif, ce qui amène les clubs à jouer dans les dernières divisions. Et là, jouer avec Sucy était un challenge pour moi-même si ce n’était que de la D2.

Quel est votre plus beau souvenir aujourd’hui avec Sucy ?

C’est la saison passée en U19. Mon seul regret c’est d’avoir perdu deux fois contre les premier, Limeil-Brévannes. Après la saison, elle est quand même belle, mis à part ces deux matchs, on gagne tous les autres, on marque à tous les matchs, on est redoutable. Mais, ce que je retiendrais, ce n’est pas le classement ou le nombre de buts marqués…. C’est surtout l’esprit de groupe qui nous a permis d’avancer, de jouer les uns pour les autres et de ressortir plus grands. On a passé de beaux moments ensemble, mais les plus mémorables c’est le tournoi à Lyon où vraiment on vivait ensemble et où j’ai pu découvrir de nouvelles personnes et pas forcément les joueurs qu’ils étaient, et le dernier match de la saison. Vraiment ce match c’était quelque chose. On joue les Lusitanos Saint-Maur, on avait gagné 6-1 à l’aller, on était en confiance, il faisait beau et la plupart des familles étaient venues pour ce dernier match. Surtout, on croyait qu’en gagnant ce match on aurait l’occasion de monter. Au final, on gagne 6-2 de mémoire, et là, la seule chose que tu te dis c’est que c’est fantastique, pour ta première saison tu montes et surtout en tant que capitaine.

« Milo, il connait bien le foot et porte souvent des analyses pertinentes »

Etes-vous attaché au club ?

Bien sûr, c’est le premier club où j’ai pu prendre du plaisir en tant que compétiteur. Je ne dis pas que je ne prenais pas de plaisir avant, mais c’était un plaisir différent, le plaisir de faire ce qu’on voulait sur le terrain et de simplement s’amuser. A Sucy, je prends du plaisir car on s’entraîne pour gagner, c’est sérieux, l’effectif est de qualité et surtout on regarde tous dans le même sens. Ce qui fait également plaisir c’est l’investissement de tout le personnel du club, des coachs jusqu’au président, qui s’occupe de tous les joueurs et qui fait en sorte qu’on soit dans les meilleures conditions.

Milo, c’est quel type d’entraîneur ?

Au premier abord, on peut croire qu’il est dur et cru comme coach mais c’est comme un père pour l’équipe. Il nous défend et croit en nous plus que nous parfois, même s’il ne le montre pas. Il connait bien le foot et porte souvent des analyses pertinentes après j’ai jamais joué à haut niveau et n’ai pas beaucoup d’expérience. Mais c’est un coach qui fait progresser physiquement, techniquement, tactiquement et surtout mentalement. C’est aussi un coach qui sait s’adapter en fonction de son adversaire. Je tiens à préciser qu’avec Mohand, le coach-adjoint, ils sont sur la même longueur d’onde et sont complémentaires. Par conséquent, ce tandem est bénéfique pour notre collectif.

Comment est-il le jour matches ?

Comme une bombe à retardement. Au départ il est calme, il rigole et nous vanne. Mais, c’est 2-3 heures avant le match. Après, avec Mohand, le coach-adjoint), il est plus sérieux. Ils nous font rentrer dans le match, nous parle tactique et plan de jeu. Ensuite, quand on est dans les vestiaires, on a la causerie habituelle, ils nous motivent. Et une fois que le match commence, le coach explose ! Mais, après c’est son caractère, comme il nous le dit c’est quelqu’un d’entier. D’ailleurs, j’ai un petit message pour lui : « Coach, on remarque tes efforts pour rester calme ! »

Votre championnat de R1 est serré, la montée est-elle encore jouable si le championnat reprend ?

Pour le moment, je pense que l’objectif principal est le maintien. Après tout est encore jouable car on est dans un championnat où tout le monde peut battre tout le monde. L’écart entre le premier et le dernier est relativement faible. Si on à l’occasion de réellement jouer la montée je pense qu’on la jouera à 200% mais pour l’instant, on joue pour signer en R1 l’année prochaine.

« Je pense que nous sommes nos propres ennemis »

Comment expliquez-vous les résultats en dent de scie de Sucy ?

Honnêtement, c’est difficile à expliquer. Je pense que nous sommes nos propres ennemis. Il y a pas mal de matches où on avait les clefs en main et où on n’a pas saisi l’occasion. Après, on a un effectif de qualité mais on ne montre pas forcément la même qualité à l’entraînement qu’en match. On avait enchaîné une belle série sans défaite, mais à Moissy, on est retombé dans nos travers. On attend toutefois la reprise du championnat pour montrer un autre visage et jouer au moins le maintien.

Quel est votre poste sur le terrain ?

Je joue milieu de terrain parce que c’est un poste où on peut à la fois attaquer et défendre et où il faut être présent pour le reste de l’équipe. En fait, j’aime donner pour mon équipe. Le fait d’être à l’origine de l’action ou de la dernière passe, c’est ce qui me fait le plus plaisir sur le terrain.

Si vous deviez définir votre jeu et votre caractère sur un terrain ?

Je suis un joueur rapide, endurant, j’essaie d’être omniprésent dans les duels. Mon objectif en tant que numéro 6 est de couvrir toute la pelouse lors d’un match, enchaînant tacles, pression défensive, interceptions et fautes intelligentes. Je suis toujours à l’écoute des consignes du coach, à la recherche de la simplicité dans le jeu, jamais à l’arrêt toujours faire les efforts. Cependant, j’ai toujours un manque de confiance en moi à corriger, dû à mon jeune âge et mon manque d’expérience.

« Je veux continuer de progresser »

Avez-vous un surnom ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Comme tout le monde je pense. La plupart du temps mes potes m’appellent Zizou parce qu’ils ont le souvenir de Marolles et Santeny où je dribblais beaucoup. Mais cette année, c’est Carl qui m’appelle comme ça parce qu’à Moissy j’ai mis un passement de jambe à deux kilomètres heures et c’est passé !

Avez-vous une autre passion que le football ?

J’écoute beaucoup de musique surtout du rap. Demandez au vestiaire, je chante beaucoup, je crois des fois ils me prennent pour un fou. Mais le son, c’est ce qui permet de relâcher la pression ou au contraire de me concentrer, de mettre de l’ambiance et de nous unir. Là, en ce moment, j’écoute à fond l’album de 4Keus et d’Imen ES.

Quelles sont vos ambitions à court terme ?

Honnêtement, elles sont plus collectives qu’individuelles. Ce que je souhaite, c’est qu’on se maintienne et que l’année prochaine je puisse jouer au moins en Régional 1 pour continuer d’apprendre aux cotés des coachs Milo, Mohand et Philippe.

Propos recueillis par Farid Rouas. 

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