Interview / N1

Rémi Sergio (FCVB) : « La saison prochaine ? On se doit d’avoir de l’ambition »

18/05/2020 à 17:38

À 32 ans, Rémi Sergio continue de briller du côté de Villefranche-sur-Saône. Auteur d'une saison pleine en National, où il a récolté 11 étoiles terminant du même coup en tête du classement, le milieu du FCVB n'entend pas baisser le rythme. Rencontre. (Crédit photo : Maxime J. Photography / FCVB)

Rémi Sergio, avant de débuter, comment s’est passé votre confinement ?

Dans son ensemble, il s’est bien passé. Comme pour tout le monde je pense, c’était un moment difficile. On a essayé d’occuper les enfants avec notamment les devoirs et de mon côté, j’ai fait en sorte de m’entretenir physiquement.

Vous avez suivi cette attente autour du National, est-ce que vous avez espéré que le championnat reprenne ?

En tant que sportif, on espérait tous reprendre, moi le premier. Quand ils ont mis le National et la D1 Féminine en attente, on s’est dit qu’on allait s’en doute rejouer. On ne savait pas dans quelles conditions, mais on a pensé à une reprise. Nous étions satisfaits, parce qu’il restait neuf matchs à jouer, 27 points à prendre. En plus, on était dans le bon wagon pour accrocher quelque chose. Après le côté humain et la santé ont primé sur le sportif.  Avec du recul, je pense que c’est une bonne chose.

7e du championnat à 6 points du podium, ça reste une saison satisfaisante ?

Bien sûr ! C’était notre deuxième saison en National. Même si Villefranche n’est pas un gros nom du championnat, nous n’avions pas de complexe à avoir par rapport à d’autres équipes. Nous avons joué avec nos valeurs, nos qualités et nos défauts. C’était une saison très satisfaisante mais à la fois frustrante dans sa façon de se terminer. Nous ne savons pas à quelle place, on aurait pu réellement finir.

« Avec le coach, nous avons une relation franche »Rémi Sergio

Qu’est ce qui vous a manqué pour espérer vous rapprocher ou être sur le podium ?

Nous avons eu un trou en février avec pas mal de pépins. Avec les suspensions et les blessures de nos deux attaquants, (Mohamed) Guilavogui et (Thomas) Robinet, c’était un peu difficile. On va dire que nous avons mangé notre pain noir au mauvais moment peut-être.

Est-ce l’objectif de la saison prochaine ?

Aujourd’hui, c’est compliqué de se projeter étant donné que nous n’avons aucune visibilité sur la reprise. Quand on fait une telle saison, derrière on se doit d’avoir de l’ambition. Je ne m’en cache pas, quand le championnat va reprendre, j’espère que nous jouerons les premiers rôles comme nous avons pu le faire cette saison.

Depuis votre arrivée, vous êtes un des cadres inamovibles du coach Alain Pochat, avez-vous une relation particulière avec lui ?

Oui et non. Il me confiance, j’essaye de lui rendre sur le terrain en faisant, au mieux, ce qu’il attend de moi. Nous avons une relation très franche, on se dit les choses clairement. En deux saisons, j’ai joué tous les matchs, notamment cette année où je n’ai pas manqué une seule rencontre que ce soit en championnat ou en coupe.

Il a d’ailleurs prolongé d’une saison, est-ce important pour vous ?

Dans la mesure où j’ai encore un an de contrat, ça l’est oui. Que ce soit par son approche du football, sa philosophie de jeu, c’est un entraîneur qui me correspond. Je ne doutais pas de sa prolongation, même si, au vu de la saison que nous avons fait, il a sûrement dû être sollicité. Et c’est normal ! En tout cas, c’est rassurant d’un point de vue personnel mais aussi pour le groupe et l’ensemble du club.

C’est une de vos meilleures saisons à ce niveau, est-ce qu’il a réussi à vous faire passer un cap ?

Je pense que ce qui a changé cette année, après en avoir discuté avec le coach, c’est mon repositionnement. J’ai joué en tant que sentinelle. C’est vrai que peu d’entraîneurs auraient tenté l’expérience, surtout en National, par rapport à mes qualités. Il a vu en moi ce que je pouvais apporter en évoluant à ce poste différemment d’une sentinelle classique. Notre jeu est fait sur la possession, sur les sorties de balle, la relance, il s’est dit qu’en me mettant plus bas je pouvais servir davantage au collectif. Si je réalise une de mes meilleure saison, c’est un peu grâce à lui. Je me suis vraiment régalé.

Vous avez marqué 4 buts et récolté 11 étoiles, d’un point de vue personnel comment jugez-vous votre saison ?

C’est satisfaisant, surtout, comme j’ai pu le dire avant, j’ai joué toutes les minutes. C’est toujours valorisant d’avoir de bonnes statistiques, même si on ne joue pas pour ça. Mais on peut toujours mieux faire. J’essaye constamment de m’améliorer que ce soit à l’entraînement ou en match. J’ai certes fait une bonne saison, mais je n’ai pas tout bien fait non plus. Je vais essayer de me servir des manques que j’ai pu avoir pour progresser lors du prochain exercice.

Vous entamez à 32 ans votre dernière année de contrat, est-ce qu’on peut dire que vous êtes totalement épanoui à Villefranche-sur-Saône ?

Franchement, c’est un bon club qui est bien structuré. Il y a tout ce qui faut pour s’y sentir bien. Même si ce n’est pas un nom clinquant du championnat, je pense que c’est un club qui mérite le même respect que les grosses écuries. Nous n’avons rien à envier aux grosses équipes. J’espère que cette saison va nous décomplexer pour la suivante.

Qu’avez-vous trouvé au club, qu’il n’y avait peut-être pas ailleurs ?

Un club de foot reste un club de foot. Mais ce qui fait la différence c’est le temps de jeu. J’ai aussi un coach qui me fait confiance, un groupe qui vit bien avec un excellent état d’esprit, un club bien structuré. J’ai toujours eu la chance de connaître de bons clubs, mais là tout est réuni.

Vous avez connu l’OM, Consolat, Martigues, Endoume, est-ce qu’un retour dans les Bouches-du-Rhône pourrait être envisageable pour finir votre carrière ?

On ne sait pas de quoi demain sera fait, mais s’il y a un bon projet pourquoi pas. Mais très sincèrement, à l’heure actuelle je n’y pense. Je me sens encore en forme et mon souhait est d’évoluer encore au plus haut niveau auquel je peux prétendre. Rentrer dans le Sud après ma carrière, c’est une évidence. Quand ? Je ne sais pas.

Est-ce que vous continuez de suivre les résultats de ces équipes ?

J’ai passé de bons moments dans chaque club où je suis passé. Je regarde quand je peux les classements, en espérant qu’ils fassent la meilleure saison possible. J’ai encore des amis dans ces équipes, on échange ensemble, donc de près ou de loin, je suis encore les résultats.

Vous avez connu aussi un passage du côté du Nîmes Olympique, qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Elle m’a fait goûter au monde pro. C’était exceptionnel. À l’époque j’avais signé à Endoume en DH. Ce n’est pas que j’avais mis le football entre parenthèses, mais j’étais à côté de la maison, j’entraînais des petits, on venait d’avoir notre première enfant. Je n’avais pas envie de partir n’importe où en galère en France ou à l’étranger. Durant cette saison, je me suis régalé ! On avait une équipe qui avait un niveau supérieur à la DH. Il y avait de gros joueurs comme Heidelberger, Franceschi, Sansoni. Cela m’a permis de me faire repérer par Nîmes. Passer de la DH à la Ligue à 27 ans, c’était incroyable ! Si j’ai pu y arriver, c’était aussi grâce au coach et son adjoint, José Pasqualetti et Hakim Malek, qui m’ont tendu la main. Je n’ai aucun regret par rapport à mon expérience nîmoise, même si avec le changement de coach, j’ai été mis de côté. En tout cas, les 6 premiers mois ont été magnifiques, je n’en garde que les bons côtés.

Vous avez connu l’étranger aussi avec Charleroi, est-ce qu’une nouvelle pige hors du territoire pourrait vous intéresser ?

Je ne ferme aucune porte. À 32 ans pour un footballeur, c’est la force de l’âge, comme on dit. J’ai emmagasiné pas mal d’expérience en enchaînant quatre saisons pleines. J’ai confiance en moi et en mes qualités. Donc oui, si j’ai une opportunité qui se présente, je serais attentif.

Justement, à 32 ans quel est votre secret pour être toujours aussi régulier ?

(Sourires) Je ne vais pas me porter la poisse ! Rien d’extraordinaire. Je mange bien, je dors bien, je ne rate pas un entraînement. Le week-end, je me rajoute une séance de décrassage, de bain froid ou d’étirements. C’est important de bien faire ma prévention, de me donner à fond aux entraînements, de bien manger et de me reposer. J’essaye de m’y tenir, ça paye donc je suis content.

Propos recueillis par Ridha Boukercha