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Antoine Makoumbou : « J’avais peur de me perdre et de ne pas rebondir »

16/02/2021 à 16:34

Formé à l’AS Monaco, Antoine Makoumbou (22 ans) est aujourd’hui un joueur du NK Tabor Sezana en première division Slovène. Ajaccio, Mayence, sélection du Congo, pour Actufoot, le joueur est revenu sur son parcours et ses ambitions. Entretien.

Antoine, après avoir été formé à l’AS Monaco, vous êtes passé par Ajaccio et par Mayence. Aujourd’hui vous jouez en Slovénie au Tabor Sezana, quel regard portez-vous sur votre début de carrière ?

Franchement, ça se passe plutôt bien pour l’instant, je suis assez fier de mon parcours. Dans ma carrière, j’ai toujours avancé étape par étape. Je sais que rien n’est acquis donc je continue de travailler pour avancer.

A Ajaccio, vous signez votre premier contrat professionnel. Qu’est-ce qui a fait que vous n’avez pas poursuivi là-bas ?

J’ai signé mon contrat en décembre, mais malheureusement deux semaines après, j’ai été viré car j’étais sorti un soir alors que je n’avais pas le droit de sortir à ce moment-là. Pour ma part, je trouve que c’est une excuse car j’ai été le seul viré alors que nous étions quatre.

En juillet 2018, vous rebondissez du coté de Mayence. Qu’est-ce qui vous a manqué pour accéder au groupe pro ?

J’ai signé à Mayence sans faire de test car mon agent connaissait des personnes au club. Là-bas, ils se sont rapidement informés sur moi et n’ont eu que de bons retours sur ma personne. Malheureusement, le coach de la réserve n’était pas content de mon arrivée car il n’avait pas été mis au courant. Il a alors fallu que je travaille pour lui prouver mes qualités. Après une semaine, il m’a dit que si je continuais à travailler comme ça, j’avais tout pour devenir un bon joueur de Bundesliga. A mon arrivée, le club m’avait confirmé que je devais monter rapidement avec le groupe professionnel mais finalement ça ne s’est pas du tout passé comme prévu. Le club n’a pas respecté le deal que nous avions. J’ai tout fait pour monter avec le groupe pro, j’étais sérieux, j’enchainais les bonnes performances mais je n’ai jamais eu de retour.

Qu’est-ce que vous ont apporté personnellement ces expériences ?

Ces passages m’ont forgé mentalement car j’ai appris que ce n’est pas toujours tout beau, tout rose dans le football. À Mayence, le fait de ne pas parler la langue m’a vraiment endurci et le fait de ne pas jouer m’a appris à être plus patient. En Allemagne, il y a beaucoup de disciplines et cela m’a permis d’être plus travailleur.

Dans son édition du 18 avril 2019, l’Equipe publie un article sur vous en parlant d’un possible retour en France plus précisément à Bordeaux, y a-t-il eu de réels contacts entre vous et le club girondin ?

Oui, il y a eu des contacts mais il n’y a pas eu plus.

« À la base, je devais signer au Chievo Vérone en série B. »Antoine Makoumbou

Libre de tout contrat depuis juillet 2019, vous signez, le 25 octobre 2020, un contrat de deux ans avec le NK Tabor Sezana, un choix plutôt surprenant ?

Je ne vais pas vous mentir, mon arrivée ici était inattendue. À la base, je devais signer au Chievo Vérone en Série B. De septembre jusqu’à début octobre, j’étais là-bas. J’ai réalisé trois semaines avec la primavera et le reste du temps, j’étais avec le groupe professionnel. Le club me voulait vraiment mais j’avais entendu que le Chievo connaissait des difficultés financières à cause de l’épidémie. Finalement, un agent que je connais m’a dit qu’il avait une deuxième option pour moi. Il m’a alors conseillé d’aller en Slovénie car ce n’est pas loin de la France et que j’avais tout pour rebondir là-bas. C’était vraiment inattendu, pour tout vous dire, je n’avais même pas d’offre de la part du club. L’agent a appelé le club et leur a parlé de moi. Après avoir eu de bons échos de la part du Chievo, ils m’ont proposé un contrat.

La Slovénie n’est pas un pays où beaucoup de joueurs français se sont aventurés, rejoindre ce club a été un choix difficile ?

Oui, au départ je ne voulais pas y aller. Partir comme ça à 22 ans, ce n’est pas toujours facile, j’avais peur de me perdre et de ne pas rebondir. Souvent lorsque nous avons des échos des pays de l’est, c’est un peu difficile. Finalement, l’agent m’a convaincu et j’ai signé là-bas. Une fois arrivé ici, toutes mes appréhensions sont parties.

Comment vivez-vous vos premiers mois au sein du club ?

Très bien, j’ai été bien accueilli par le groupe. J’ai une bonne entente avec le coach, il me fait confiance et j’essaye de la lui rendre sur le terrain et en dehors.

« l’entraineur m’a remis dans le bain petit à petit. »Antoine Makoumbou

Depuis votre arrivée, vous avez été titulaire six fois sur huit matchs joués, vous vous faites votre place petit à petit au sein du onze de départ ?

C’est exactement ça. À mon arrivée, je n’ai pas pu jouer directement parce que le club de Mayence réclamait des indemnités de formation. Une fois réglées, l’entraîneur m’a remis dans le bain petit à petit. Aujourd’hui, le fait que j’enchaine les matchs permet que je sois épanoui et c’est le plus important.

Comment décrivez-vous le championnat Slovène ?

Je le décrirais comme agressif et tactique car c’est un championnat qui se rapproche beaucoup de l’Italie.

Quels sont vos objectifs pour la saison ?

De bien travailler avec le club pour enchainer le plus de matchs possibles. Je suis à 100% focus sur le club.

Vous êtes franco-congolais, rêvez-vous un jour de porter le maillot du Congo ?

Bien sûr, porter ce maillot serait une fierté. Le Congo est le pays de mes parents, de mes ancêtres donc je serais très content de le porter. Ces derniers temps, j’ai eu plusieurs appels du staff pour me demander si j’étais partant à l’idée de jouer pour le Congo.

Âgé de 22 ans actuellement, quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

Je ne me vois pas rester ici très longtemps donc je vais travailler pour atteindre un club des cinq grands championnats.

Propos recueillis par Yanis Ben Messaoud

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