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Brian Bayeye : « Tu peux être un phénomène chez les jeunes et plus rien ensuite ! »

14/05/2020 à 15:16

Brian Bayeye a signé un premier contrat professionnel, portant sur quatre saisons, en faveur de Catanzaro (Serie C) en septembre dernier. Le latéral droit passé par l'US Roissy-en-Brie et l'US Torcy revient sur son parcours et son adaptation au football italien. Entretien !

Brian, dans quel club avez-vous tapé vos premiers ballons ?

Je suis natif de Pontault-Combault, mais j’ai commencé le football à l’US Roissy-en-Brie vers mes 11 ans. C’est la ville où j’ai grandi. Je suis resté au club jusqu’à mes 15 ans. Il faut savoir que j’ai commencé par le Basket-ball, mes frères ont voulu m’y mettre, mais le foot m’a rattrapé…

De quelle manière ?

C’est mon père ! Il a été footballeur en Afrique, au Congo, mais également en France à Melun. J’ai repris le flambeau.

« Roissy-en-Brie ? C’est là où j’ai tout appris »

Que retenez-vous de vos cinq années passées à l’US Roissy-en-Brie ?

C’est vraiment là où j’ai tout appris. Je suis arrivé en école de foot sans savoir faire une jongle ou même une passe… Les éducateurs du club m’ont donné les bases. On a beaucoup bossé sur le terrain stabilisé… Roissy-en-Brie, c’est une ville importante pour moi : dès que je peux rentrer, je le fais. Toute ma famille et mes amis sont là.

Vous avez ensuite pris la direction de l’US Torcy…

Oui, ils sont venus me chercher, j’ai fait deux saisons là-bas. Quand je suis arrivé, en première année, je voulais directement jouer en U17 National. Je ne savais pas qu’il y avait des étapes et que je devais d’abord jouer mes premiers matches au haut niveau du foot amateur, entre guillemets. Alors, je suis passé par la DH, puis la deuxième année, j’ai joué 26 matches sur 26 en Nationaux.

BRIAN BAYEYE
Brian Bayeye lors de sa signature à Troyes.

Que retenez-vous de votre passage au sein du club torcéen ?

Comme je l’ai dit : j’y ai joué mes premiers matches au haut-niveau, c’est là que j’ai commencé à m’entraîner presque tous les jours. Notre coach, Nicolas Damont, ramenait des kinés, des préparateurs physiques : on était presque dans le monde pro ! Cela a été une bonne expérience franchement. En plus, on avait une bonne équipe, on se connaissait tous ou presque depuis U14 car on faisait partie de la sélection de Seine-et-Marne. Sept joueurs de cette promotion ont signé dans un club pro, ça a été marquant !

« Le centre de formation, c’est vraiment une expérience à faire »

De votre côté, vous avez signé en faveur du centre de formation de Troyes, encore une étape au-dessus ?

Oui, c’est différent. On avait des entraînements quotidiens, le matin et l’après-midi, puis on enchaînait avec l’école. Le centre de formation c’est vraiment une expérience à faire.

Et qu’est-ce que vous apporté ce passage en centre ?

La force mentale, parce que, arrivé à ce niveau, on sait tous jouer au foot. Ce qui fait la différence c’est le mental, il faut se donner à fond tout le temps.

Avec Troyes, vous avez notamment remporté la Coupe Gambardella en 2018. Un grand souvenir ?

Oui, j’ai joué tous les matches sauf la finale où j’étais le 18ème homme. J’étais en première année… Cela a été une bonne expérience, aller au stade de France pour ma première année à Troyes c’était vraiment top ! J’ai fait une bonne saison, ils m’avaient donc prolongé d’une année. Malheureusement, la saison suivante a été un peu plus compliqué avec une blessure de 6 mois au genou…

Bayeye Brian
Djinor Boana, Brian Bayeye et Yann Lecoq, trois torcéens au Stade de France.

Et comment s’est présentée l’opportunité de rejoindre l’Italie ?

Un ami de la famille connaissait du monde là-bas. Le club de Catanzaro m’a invité à faire des essais suite au visionnage de vidéos at après que quelqu’un soit venu me voir jouer. J’ai passé trois semaines de préparation avec eux et ils m’ont proposé un contrat professionnel de trois ans.

Quel a été votre sentiment au moment de signer votre premier contrat pro ?

C’était mon objectif depuis tout petit, alors j’étais vraiment content. On ne s’est pas précipité pour signer, on a bien tout regardé. On se dit que c’est le début de quelque chose…

Quel est le projet du club de Catanzaro ?

Il est intéressant, c’est un club ambitieux. L’équipe première est en Série C, elle évoluait en deuxième division il y a quelques années. Cette saison, on est censé jouer les playoffs, mais tout dépendra des décisions finales prises par la Fédération suite à l’épidémie de covid-19.

« J’étais sur une bonne lancée… »

Et comment s’est déroulée votre adaptation dans ce club ?

Au début c’était un peu compliqué, il y avait la barrière de la langue et en Italie le football est très axé sur la tactique. Tu as beau être un joueur technique, prendre le ballon et dribbler tout le monde, ils ne vont pas te mettre sur le terrain… Quand j’ai commencé à bosser la langue, et comprendre ce que voulait le coach, ça s’est bien passé. J’ai commencé sur le banc, puis j’ai eu ma chance : j’ai pu faire trois bons matches en Série C et juste après le covid-19 a tout stoppé.

De bonnes prestations au point que des clubs de Série A et de Série C ont commencé à se pencher sur vous…

Oui, c’est ce que m’a dit mon directeur technique. J’étais sur une bonne lancée, mais je ne me fais pas de soucis pour la suite : si je bosse bien, ça devrait aller. Certes, le virus ralentit tout, mais la santé c’est le plus important.

Vous aviez un peu évolué avec la National 3 de l’ESTAC, mais ce sont vos grands débuts dans le monde des séniors cette saison. Quelles sont vos impressions ?

Oui, à Troyes l’équipe B était très jeune, j’ai joué mon premier match à 16 ans avec la réserve et je n’étais même pas le plus jeune ! Le foot chez les séniors est très différent du foot en jeunes. Tu peux être un phénomène chez les jeunes et plus rien ensuite !

« En Italie, chaque entraînement est comme un match »

Et quelles sont, d’après-vous, les différences entre le football français et italien ?

Il y a une grosse différence au niveau physique et tactique. Ici, les coachs ne blaguent pas ! Si pour un centimètre tu n’es pas bien positionné, ils te tuent ! (rires) C’est la rigueur italienne. On fait beaucoup d’exercices physiques, on s’entraîne tous les jours à fond. Chaque entraînement est comme un match. Je suis endurant, mais c’est en Italie que j’ai compris qu’on ne bosse pas comme on le devrait en France. En revanche, je dirais que c’est un peu plus technique chez nous.

Brian Bayeye
Brian Bayeye et ses coéquipiers de Catanzaro.

Selon vous, quelles sont vos qualités ?

Je suis latéral ou milieu droit. À Catanzaro, j’évolue dans un 3-5-2 sur tout le couloir. J’ai un volume de jeu important pour mon poste : j’enchaîne les allers et retours, je défends et j’attaque sans cesse. Techniquement, je me débrouille bien, j’ai bien bossé ça en île-de-France.

Avez-vous un modèle ?

À mon poste, j’aime beaucoup Marcelo, même si lui joue à gauche. C’est ma référence !

Et quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

J’aimerais déjà qu’on reprenne le foot afin de confirmer mon potentiel et que les clubs qui s’intéressent à moi puissent éventuellement se positionner. Je veux jouer au plus haut niveau, que ce soit en Série A, Ligue 1 ou Premier League.

Un championnat en particulier vous fait rêver ?

Oui, la Premier League : c’est fou ! Les supporteurs, l’ambiance… Même le style de jeu, j’aime bien quand ça va au charbon.

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