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Claude Tolé (Viroflay US) « le football pratiqué par les femmes est ma principale motivation dans le monde du football »

16/09/2020 à 12:00

En ce début de saison 2020-2021, la rédaction d'Actufoot est partie à la rencontre d'un passionné de Football Féminin. Claude Tolé (38 ans) revient dans son club de cœur pour apporter toute son expérience aux joueuses Viroflaysiennes mais pas uniquement. Focus sur le parcours de l'homme fort du football féminin de Viroflay US Municipale !

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

J’ai débuté le football à l’âge de 8 ans à l’USM Viroflay (78) lors de la saison 91/92 et j’y suis resté 10 ans jusqu’en seniors malgré une opportunité de signer en U18 mais je voulais rester avec mes potes à Viro. Après une saison en seniors synonyme de montée (D5 en D4), j’avais envie de vraiment progresser et connaître autre chose alors je suis parti au Chesnay, en équipe 3 avec (D2 district) et rapidement je suis monté en réserve (Excellence), puis dès la fin de saison, Franck Blanckeship qui m’avait recruté en provenance du cocon familiale m’intègre progressivement en équipe 1ère qui venait de descendre en (DHR). 3 saisons où je faisais partie du groupe de la première mais j’effectuais pas mal l’ascenseur mais c’est la période où j’ai le plus appris. À l’époque je n’avais que des joueurs ou presque qui avait côtoyé le niveau régional, CFA ou centre de formation autant te dire que techniquement, il fallut s’accrocher pour être au niveau et tactiquement j’ai emmagasiné de l’expérience.

« je commence à comprendre que j’ai beau être costaud, je suis en bois »

Et le travail va payer, c’est ça ?

Oui, palier franchi à la 4ème saison où je joue régulièrement puis la 5ème fut la plus aboutie avec une montée échouée de peu de DSR à DH avec une équipe de fou furieux et une attaque Ben Saada, Dugimont (aujourd’hui à Auxerre) qui mettait le feu et une élimination frustrante au 7 ème tour de Coupe de France contre Laon qui est à ce jour mon plus grand regret footballistique.
Dernière saison, malgré la qualification contre Sannois-St-Gratien en Coupe de France et un essai convaincant au Luxembourg (je n’ai rien dit à l’époque…), je commence à comprendre que j’ai beau être costaud, je suis en bois. Saison minée par les blessures.

Que faites-vous ?

Je quitte Le Chesnay pour rejoindre la bête endormie, Versailles (DHR), un effectif de DSR/DH surtout derrière et dans l’entrejeu avec Michaël Lacen. On monte en DSR mais j’effectue une saison blanche avec une pubalgie énorme. Je reviens pour la 3 ème saison, mais après 2 mois de préparation et malgré les semelles orthopédiques, une lombosciatique sonne la fin. Ça demandait pas mal d’investissement et je n’avais pas la force à l’époque de me battre pour revenir.

« trop de jalousies et d’hypocrisies qui polluent l’environnement à l’époque »

Un coup de fil inattendu va changer la donne ?

Oui, c’est allé très vite, durant ma rééducation, le bureau du club de Viroflay m’appelle pour que je reprenne les Seniors 20 ans après avoir débuté dans ce club. Entre temps, je m’occupais des minots 9-11 ans, durant plusieurs saisons. J’accepte la proposition et après avoir échoué de peu la montée en D2, on valide le ticket 15 ans après la dernière où le club a évolué à ce niveau. Puis, malgré les 3 autres saisons, où on se maintient à ce niveau, je rencontre les réalités du football amateur qui ont fini par me saouler. Donc sois je claque la porte en fin de saison, soit je crée une section féminine en 2016.

Un choix payant sportivement ?

C’était un kiffe tous les jours. J’y suis resté 3 saisons puis je suis parti parce que trop de jalousies et d’hypocrisies qui polluent l’environnement à l’époque. Je prends une année sabbatique malgré une dizaine de propositions pour entraîner des féminines mais tous les voyants n’étaient pas aux verts. J’ai profité de cette saison sans club pour me remettre totalement en question, mes erreurs qui doivent me servir pour continuer à avancer . Un diplôme de Préparateur Physique obtenu et de nouveau des clubs qui me sollicitent.

Des nouvelles idées, une remise en question et un nouveau club..ou presque ?

Oui, en effet, je choisis de revenir à Viroflay car le bureau a un peu évolué, il y a une nouvelle politique et surtout l’envie de terminer ce que j’avais fondé. Je suis content d’être revenu, je suis motivé à 100% pour que les filles réussissent leur saison, c’est à dire, prennent un maximum de plaisir, c’est le plus important.

« Le football féminin me permet de voir une autre facette de nous »

Et donc, quel est votre regard sur le football féminin ?

Le football féminin me permet de voir une autre facette de nous être humain vis à vis de femme qui veulent simplement pratiquer une passion. On tombe tous dans le panneau de comparer le foot pratiqué par les hommes et les femmes, mais il y a quasiment 1/2 siècles d’écart entre les deux plus les mentalités, discriminations. Mais c’est pour cela que le football pratiqué par les femmes est ma principale motivation dans le monde du football. Après on verra ce que l’avenir décidera.

Pour finir Claude, vous êtes partis récemment en stage d’avant saison à Orléans. Pourquoi ce choix ?

On est parti à Orléans (45) parce qu’il est indispensable pour un groupe d’apprendre à se connaître, de se voir dans un autre environnement que l’entraînement et les matchs où ça va à 2000 à l’heure, tu viens à l’entraînement à la dernière minute et tu repars en speed pour le dernier train, des devoirs ou ton ami(e) qui t’attend à la maison. Pour clôturer le tout, tu n’as pas de vestiaire avec la conjoncture actuelle et on sait que les vies de groupes de créées à ce moment-là ! Au-delà de la situation et peu importe le niveau, j’organiserai toujours des stages de pré-saisons.

Propos recueillis par Farid Rouas