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Selim Benachour : « Ronaldinho ou Nicolas Anelka étaient devant moi »

20/05/2020 à 17:08

Formé au Paris Saint-Germain, Selim Benachour (38 ans) a connu une riche carrière de joueur professionnel à l’étranger : au Portugal, en Russie, au Koweït ou encore à Chypre. Aujourd’hui entraîneur en quête d'un projet, l'ex-milieu offensif de Martigues s'est prêté au jeu de l'interview pour Actufoot !

Quel regard portez-vous sur votre carrière au cours de laquelle vous avez connu de nombreux pays ?

Je suis parti très tôt à l’étranger, à l’âge de 23 ans. J’ai commencé à faire mon tour du monde. Je le prends vraiment bien car ce fut une richesse au niveau des cultures. Elles sont très différentes d’un pays à un autre. Le foot aussi. J’ai donc pu voir ce qui se faisait à l’étranger. Cela me sert désormais dans ma carrière d’entraîneur. Je suis très content de la tournure de ma carrière. J’ai appris beaucoup auprès de joueurs, entraîneurs qui étaient à mes côtés.

Quel pays vous a le plus marqué durant votre carrière ?

L’Espagne ! Ce pays se rapproche de la façon dont je vois le football. Un championnat très technique avec des joueurs en mouvement. C’est ma philosophie. Quand j’étais là-bas avec Malaga cela a renforcé la vision que j’avais du foot. J’ai beaucoup appris en Espagne. Mon passage à Malaga a été l’un des meilleurs moments de ma carrière.

« Le PSG reste mon club de cœur »

Un mot sur votre passage au PSG de 1998 à 2005, avez-vous un regret ?

C’était compliqué à l’époque car il y avait de gros joueurs dans l’équipe qui étaient devant moi comme Ronaldinho ou Nicolas Anelka. C’était difficile pour un jeune de faire son trou. J’ai dû m’exiler et partir. Je ne regrette pas du tout, le PSG reste mon club de cœur. Paris reste ma ville. J’ai grandi là-bas et j’y ai fait mes classes aussi. J’ai signé mon premier contrat professionnel au PSG. Il y avait beaucoup de concurrence et c’est un club qui avait des ambitions très très élevées. Ils avaient pour but de ne pas trop promouvoir les jeunes joueurs mais je n’ai pas de regrets. Je suis très content d’avoir vu ce que c’est un grand club.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage au PSG ?

Mes premiers pas et mes matchs en Ligue des Champions. Je suis entrée contre Galatasaray pour les 10 dernières minutes. Ce fut quelque chose de très fort. Une compétition que je n’ai plus jamais joué après. La victoire en Coupe de France en 2004 au Stade de France (1-0 contre Châteauroux, NDLR) fut aussi un événement inoubliable !

Vous avez gagné la CAN en 2004 avec la Tunisie, un grand moment également ?

Cela reste un moment inoubliable de gagner une Coupe d’Afrique des Nations dans son pays car la compétition avait lieu en Tunisie. Gagner devant son peuple, cela reste un moment magnifique pour moi. On a pu partager cette émotion et cette euphorie dans le pays. Cela reste un moment majeur dans ma carrière. Je suis très fier d’avoir porté les couleurs de mon pays et d’avoir gagné une CAN. Cela n’est pas facile, on le voit. La Tunisie n’en a remporté qu’une seule et j’ai eu la chance d’y être en 2004. C’est une ligne de mon palmarès qui pèse…

« À Martigues, j’ai vu l’envers du décor »

Vous avez joué sur la fin en National 2 avec Martigues (2016-2017), quel regard portez-vous sur le foot amateur et son développement ?

J’avais 34 ans à l’époque. Je passais mes diplômes d’entraîneur. J’ai vu l’envers du décor. Martigues par rapport à certains clubs avait quelques moyens. C’est difficile car on tombe dans un autre contexte. Cela n’a rien à voir avec le monde professionnel où tout est contrôlé, tout est suivi. Je pense néanmoins qu’il faut voir ce qui se passe en bas. Cela m’a fait du bien car j’ai entraîné les 17 ans puis les 19 ans. J’ai commencé en bas avec peu de moyens et un effectif réduit. Des aléas tous les jours. On apprend beaucoup car cela forge quelque chose. On voit comment les clubs amateurs fonctionnent. Je pense que c’est bien de voir pendant sa carrière ce qui se fait dans le monde amateur.

Comment avez-vous préparé votre reconversion ?

Je l’ai commencé quand j’étais en Inde à Mumbai City. Ce fut ma dernière grosse expérience en professionnel. Je me suis dit : j’aime le foot et j’ai toujours fait cela depuis petit donc je veux rester dans ce milieu. Je me suis posé des questions au début, savoir si je voulais être directeur sportif, recruteur… Mais après, je me suis vite penché sur le rôle de coach parce que j’aime cela, être auprès d’un groupe tous les jours. J’aime le terrain et transmettre aux jeunes joueurs ce que j’ai appris. C’est ce qui me plaît. J’ai eu mes diplômes et l’UEFA A, équivalent du BEF en France. J’entame ma troisième année en tant qu’entraîneur. Je suis encore jeune et j’ai encore beaucoup à apprendre. Je veux m’enrichir et découvrir de nouvelles choses.

Pourtant, vous ne vouliez pas être coach à vos débuts en tant que joueur, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Au début, je n’étais pas sur cette idée d’entraîner. Durant ma carrière, je voyais beaucoup d’entraîneur faire des erreurs, des mauvais choix sur la façon de coacher, de prendre des décisions… Avec ma culture venue de différents pays, j’ai vu ce qui se faisait de bien. J’ai fait un panache de tout cela avec ma vision du foot. Je me suis dit avec tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai vu autour de moi, tous les entraîneurs que j’ai côtoyé, je pense que c’est le métier que je dois faire. Je ne ferai pas les mêmes erreurs, j’entraînerai à ma façon et j’ai envie d’essayer. À l’âge de 32-33 ans, j’étais sûr de mon choix : celui de devenir entraîneur ! J’espère avoir l’opportunité d’entraîner à nouveau. Quand tu es jeune, les clubs ne se bousculent pas. Ils sont friands des coachs qui ont de l’expérience. C’est à moi de continuer à postuler et de montrer mes qualités.

« J’ai beaucoup apprécié travailler avec des joueurs roumains »

Et qu’en est-il de votre parcours d’entraîneur ?

J’ai fait une année en 17 ans et en parallèle je passais mon diplôme. La deuxième année, j’étais en 19 ans DH. Je suis monté d’une catégorie. Ce fut une très une bonne saison, nous avions terminé deuxièmes du championnat et gagné une coupe. La troisième saison, en 2018-2019, je suis parti en Roumanie. Je voulais diriger des séniors. J’ai pris le projet du Foresta Suceava car le club était en D2, il venait de descendre et voulait remonter. Il avait un stade de 15 000 places et des installations. J’ai signé un an et j’ai fais 9 mois là-bas. J’ai décidé de partir vers le mois d’avril car c’était un peu compliqué à la fin. Franchement, ce fut une bonne expérience, nous avons terminé quatrièmes. J’ai beaucoup apprécié travailler avec des joueurs roumains. Des joueurs avec une humilité incroyable : travailleurs et friands d’apprendre de nouvelles choses.

Êtes-vous en quête d’un nouveau club aujourd’hui ?

Depuis mon départ de la Roumanie, je cherche un projet. On essaye et on appelle. Je regarde si des choses peuvent s’ouvrir. J’attends de voir un projet assez ambitieux mais aussi passer des diplômes supérieurs car je n’ai pas tous les diplômes requis.

Propos recueillis par Nicolas Cotten.

Crédit photo : Panoramic

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