Élections Ligue de Paris IDF

Thierry Mercier : « Je veux faire de la Ligue de Paris la première Ligue du monde »

09/11/2020 à 18:22

Thierry Mercier, grand opposant de Jamel Sandjak à la présidence de la Ligue de Paris Île-de-France, a accepté de s'entretenir avec Actufoot. L'ancien Président du District du Val-de-Marne durant ces 16 dernières années a abordé les points importants de sa campagne, les projets qui lui tenaient à cœur ainsi que son programme. Avant les élections qui auront lieu le 19 décembre prochain, rencontre avec Thierry Mercier.

Vous avez été déjà battu par Jamel Sandjak en 2016 lors des élections à la présidence de la Ligue de Paris IDF. Est-ce que vous êtes serein avant de vous représenter face au même adversaire dans quelques semaines ?

« Je suis parfaitement serein. Ça ne me fait absolument pas peur. Je nai pas lesprit revanchard, je suis fidèle à mes idées. Il y a 4 ans, je me suis présenté après avoir brigué une nouvelle élection au District du Val-de-Marne. Cela me laissait 5 semaines entre mon élection au District et mon élection à la Ligue de Paris. Ça voulait dire une semaine pour préparer une liste et 4 semaines pour faire campagne. Aujourd’hui, je ne vous cache pas que jy suis avec mes amis depuis 10 mois. »

Pensez-vous que ces 4 dernières années passées au District Val-de-Marne vous ont rendu plus fort quil y a 4 ans ?

« Cela ma conforté dans mes idées.. Les gens qui se trouvent autour de moi aujourdhui sont les meilleurs à leurs postes. Cest une véritable équipe. Quand vous connaîtrez la composition de la liste, vous allez voir que ce nest pas nimporte qui. On réfléchit à d’avantage intégrer le comité de soutien avec  les gens qui veulent nous rejoindre et nous aider. Il y a des grands noms du football qui nous appuient parce quils ont apprécié ma profession de foi. »

À ce sujet, pouvez-vous nous en dire plus sur la constitution de votre liste ?

« Je peux seulement vous dire qu’il y a des personnalités connues dans le monde du football. Comme par exemple, Sarah Boudaoud. Internationale, elle évolue en D1 et est également attachée parlementaire. Je peux aussi vous livrer le nom de Sylvère-Henry Cissé, journaliste et conseil en communication. Mais je ne vais pas vous dévoiler l’intégralité de la liste. Pour l’instant, je réserve cela aux présidents des clubs de la Ligue de Paris Île-De-France.»

Pour vous, la deuxième vague qui frappe le pays actuellement et ce nouveau confinement auront-ils une certaine influence sur les élections le 19 décembre et sur sa finalité ?

« Jespère que non car les candidats y sont confrontés de la même manière.  Pour ma part, Il y a plus de deux mois, jai créé une cellule Covid au District. Une cellule composée de deux maires, une présidente, un président de clubs, un expert-comptable, une assistante sociale, un médecin. Nous avons un centralisateur qui redistribue à ceux qui sont le plus à même de répondre sur la question qui est posée. C’est ce type d’initiatives que je veux voir développer au niveau de la Ligue».

« Je veux que l’on parle de tous les footballs »Thierry Mercier

Quel est votre point de vue justement par rapport à larrêt du football amateur qui a été décidé par la FFF récemment ?

« Je vais vous parler dune conversation que jai eue avec un président de club début avril. Il mappelle et me dit : « Thierry tu te rends compte ? Les championnats sont arrêtés jai deux équipes qui descendent ». Je lui ai répondu quil allait remonter la saison prochaine et derrière je lui demande quel est le bien le plus précieux que lon ait. Il me répond, « cest la santé ». On doit se caler derrière ça. Le gouvernement prend des décisions et la Fédération met en œuvre lapplication derrière. On na pas autre chose à faire que rester sur ce plan-là et je le regrette infiniment. Moi-même, la semaine précédente, je suis allé jouer une heure avec mes copains sur un petit terrain synthétique au Parc du Tremblay. On a toujours le plaisir de se retrouver à chaque fois mais on ne peut pas lutter contre les problèmes de santé quil y a actuellement. Il faut absolument que lon soit solidaire. »

Vous avez travaillé pendant ces 16 dernières années au District du Val-de-Marne. Comment le District va-t-il faire pour aider les clubs sur le plan financier pendant cette crise ?

« Les clubs ont été aidés financièrement. La Fédération a voté une aide de 10€ par licenciés dans le dernier trimestre de la dernière saison de football. Ces 10€ sont abondés de la manière suivante, 7€ par la Fédération, 2€ par la ligue correspondante et 1€ par les districts. Pour notre district, cela donnait une enveloppe de 38 000€. Aujourdhui, le souci dans le fonctionnement financier des clubs, cest que tous ceux qui ont des salariés ont pu les mettre en chômage partiel. Ceux qui nont pas de salariés peuvent avoir des difficultés. Pour boucler leur budget, ils ont besoin de faire, en fin de saison, un tournoi à la Pentecôte etc, ce sont les buvettes qui rapportent largent nécessaire. Ceux-là il faut les aider ! On a essayé de les aider financièrement. On a supprimé un certain nombre de choses qui faisaient quil y avait des amendements, des manquements à certaines fonctions comme larbitrage. On a supprimé tout ça. Les clubs qui ont travaillé de manière juste ne sont pas si en difficulté que ça. Sauf que cest lavenir qui est préoccupant parce que dès que ça va repartir ils vont avoir besoin de financement et ils ne vont pas forcément lavoir. »

On va rester dans le financement. Dans votre profession de foi, vous parlez du budget de la Ligue de Paris IDF qui s’élève à 10.7 millions pour 272 000 licenciés. Vous ajoutez derrière : « Mais où va largent ? ». Si vous êtes élu Président de la Ligue, où souhaiterez-vous investir tout cet argent ?

« Cest un vaste programme. Aujourdhui, les clubs ont un souci majeur, cest le statut de larbitrage. Ce statut oblige les clubs, en fonction du nombre de licenciés et d’équipes engagées à avoir un certain nombre darbitres. En lespace de deux ans, la Ligue de Paris IDF a perdu 15% de ses arbitres, soit 230 arbitres perdus au total. Cest un chiffre. Cela fait 230 matchs en moins qui sont arbitrés. Cest aussi et surtout le fait que derrière il y a une dynamique financière qui pénalise ces clubs-là et cest très lourd à porter. Réformer en profondeur le statut de larbitrage avec un certain nombre de mesures appropriées, ce sera lune de nos priorités. En cas de prise de pouvoir dès le 19 décembre, la première mesure à prendre sera de demander à la FFF de repousser l’échéance du 31 janvier, en conformité avec le statut de larbitrage, à la mi-mars. De façon à ce que lon puisse organiser les stages, que nous n’avons pu effectuer, à cause du Covid dans les Districts et à la Ligue. »

La violence dans les stades ne donne pas envie aux arbitres de continuer à arbitrer et cela peut expliquer ce triste constat. Récemment une jeune arbitre de 19 ans a été frappée et insultée en Île-de-France. La violence dans les stades sera-t-elle un point majeur de votre mandat ?

« Ce sera un point majeur car avant d’être président, jai été vice-président pendant 8 ans et javais la responsabilité de larbitrage. On a commencé à prendre des mesures sur larbitrage il y a 25 ans car on avait des problèmes similaires. Il y a des incidents sur les terrains, on se réunit et on essaie de réagir. On reproche souvent dans ce cas-là que larbitre a été mauvais alors que le joueur se dit toujours bon. Le football ne pourra pas se jouer sans les arbitres. De notre côté, on essaiera de mieux les former. Dun autre côté, il faut travailler avec tous les acteurs du football. Dans le cadre du Val-de-Marne, qui est concerné ? Le club lest, comme le district et larbitrage. La police départementale car elle est sollicitée en cas de problème. Les maires sont concernés car on joue sur leur terrain. Derrière, la préfecture, la préfecture départementale et monsieur le préfet sont concernés. Au bout dune douzaine dannées, jai réussi à avoir des entretiens importants avec le préfet, qui mont permis de faire un travail d’équipe avec tous ces personnages. » C’est cette synergie qu’il faut développer au niveau de la Ligue.

Un travail qui a porté ses fruits ?

« Aujourdhui, on a des résultats mais on ne peut pas être à labri de tout. Après avoir fait tout ça, on se retrouve depuis 6 ans avec des sanctions disciplinaires largement en baisse. Jai fait voter il y a 7 ans en assemblée générale du district, le doublement de toutes les sanctions qui sont prises au sein de la ligue. Une insulte à arbitre ne vaut plus 3 matchs mais 6 matchs. Cest un travail que lon ne peut pas mener tout seul, il faut le faire avec toutes les personnes concernées. Il faut travailler en profondeur là-dessus. Il ny a rien dirréversible. On ne peut pas se contenter de dire que larbitre est sacré. Derrière il faut prouver quelque chose. Avec la volonté des gens on arrivera à faire quelque chose. Je suis le premier à regretter tout ce quil se passe sur les terrains. »

Comment comptez-vous améliorer la relation entre la Ligue et les clubs si vous êtes élu ?

« Quand il y a des difficultés, il ne faut pas se le cacher. On a lintention de mettre en place un certain nombre de commissions qui vont se saisir des différents problèmes du football francilien. Il faut que les présidents sinscrivent dans ces démarches. On ne peut pas bosser tout seul, il faut le faire en équipe. Je veux faire de la Ligue de Paris la première Ligue du monde. On dit toujours que la majorité des footballeurs est formée dans le bassin de São Paulo ou dans le bassin de l’Île-de-France. Je veux que la formation travaille en profondeur sur tout le vivier quil y a chez nous. »

Devenir la première ligue du monde, cela veut dire toucher un maximum de personnes ?

 « Je veux que l’on parle de tous les footballs. Il ny a pas que le foot à 11. Aujourdhui, le Futsal est délaissé chez nous. Nous avons quelquun dans notre équipe qui est un élément très important du Futsal francilien. Il sera un détonateur pour faire avancer les choses. On ne peut pas avoir un terrain de Futsal dans un domaine comme Morfondé qui est le centre technique de la Ligue de Paris où on ny a joué quune fois lors de linauguration en 2017. Un autre phénomène me tient aussi à cœur, le eSport. Certes, je ne suis pas un spécialiste mais il faut quon aille dedans. Pendant le confinement, au District du Val-de-Marne, jai lancé une compétition qui a duré trois semaines environ avec des récompenses à la fin. Les gens ont adoré ! Tous les footballs sont importants, je noublie pas le handicap. Je suis en contact avec le responsable technique du Cécifoot. On va faire des choses superbes. On va intégrer le Cécifoot dans le développement du football. Dans le Val-de-Marne, jai récemment lancé le foot en marchant. Jai eu le plaisir de voir un grand-père jouer avec sa petite fille. Le football est intergénérationnel. Le football amateur il ne faut pas le résumer aux compétitions de haut niveau, même sil y a des joueurs et des clubs de très grande qualité. Chacun doit rester à sa place. Dans tous les clubs de district, la priorité des priorités ce sera le travail au niveau du football danimation des filles et des garçons. »

« On s’est fixé un objectif à 100 jours qui sera clair, net, précis et bien détaillé »Thierry Mercier

Vous voulez être le Président de tous les footballs. Vous navez pas peur dinquiéter certains présidents qui se sentiront peut-être délaissés ?

« Des présidents de club, jen ai chaque jour au téléphone. Ce matin jen ai encore eu trois dont lun qui évolue au niveau national. Quand je lui ai parlé du programme avec le côté technique et la formation que lon souhaite mettre en place, il ma dit : « Mais voilà ce quil nous faut. On a le sentiment d’être soutenu, que des gens sont derrière nous techniquement ». On sest fixé un objectif à 100 jours qui sera clair, net, précis et bien détaillé. On sengage vraiment. »

L’Île-de-France a un rôle important dans la formation des jeunes aujourdhui, vous navez pas peur de prendre la place de pseudo agents ?

« Au District du Val-de-Marne, on a la particularité davoir lancé il y a 21 ans un tournoi international U16. Auparavant on avait un tournoi international de foot en salle. Depuis quon a fait ça, cela ma permis de connaître pas mal de personnes. A loccasion dun match il y a 4 ans, il y avait Stade 2 qui était venu pour faire quelque chose sur lINF Clairefontaine. Ils étaient revenus pendant le tournoi. Pendant une rencontre entre la France et les Pays-Bas, ils mont demandé quel était mon avis sur les agents de joueurs. Je leur avais dit que pour moi, les agents de joueurs, cest la meilleure et la pire des choses. Pour quelques-uns qui font leur travail comme ça doit être fait, qui soccupent de la qualité du môme sur le terrain et qui assurent sa protection sur le plan humain, il y en a malheureusement d’autres. »

Pour finir, quelle importance a le football dans ce rôle socioéducatif dans le partage des valeurs de la République ?

« Aujourdhui, les politiques disent que le premier moyen dinsertion dans la vie sociale doit rester la famille, ensuite il y a l’école, derrière ils ne citent pas le sport mais le football. Le football a plus dadhérents à la FIFA que lONU na de pays affiliés. Le football ça marque et ça fait la différence avec tout le reste. Cest un pôle dattraction. Ça doit être un réflecteur de toute la lumière qui nous arrive. Regardez les yeux des gamines et des gamins quand ils sont sur le terrain. Le football cest universel. Jai été chef de délégation dune de nos équipes de France pendant 5 ans. Javais Kingsley Coman, Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, Moussa Dembélé et bien dautres. La reconnaissance du drapeau français à linternational, je lai vu dune manière éclatante. Cest le travail de fond des clubs. Mon comité de soutien et mon comité directeur sont très représentatifs de la société francilienne mais aussi de la place de la formation à la française. Pour moi la France est universelle.»

Le programme de Thierry Mercier

  

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